Les non-chroniqués d’avril 2022

.⁎⁎⁕*⁕⁎⁎ Avis de lecture ⁎⁎⁕*⁕⁎⁎.


Maren Uthaug – Là où sont les oiseaux

Au large de la Norvège se dresse, inébranlable, le phare de Kjeungskjær. Coupés du monde, les habitants de cette contrée soumise aux lois de la nature vivent dans un profond isolement. Johan rêve de fuir vers l’Amérique avec la belle Hannah, son premier amour. Mais pour subvenir au besoin de sa vieille mère, le jeune homme devient le gardien du phare et prend pour épouse la fille du pasteur, Marie. Rapidement, Marie met au monde deux enfants, Darling et Valdemar. Seulement ici, les liens familiaux sont des chaînes qui, une fois brisées, libèrent la folie de chacun. Les années s’écoulent, épuisantes, au gré de féroces tempêtes. Johan, Darling, Marie… les apparences sont trompeuses et, à mesure que le temps passe, de sombres désirs se réveillent. 
Dans un décor glacé, Maren Uthaug signe une saga familiale à trois voix, qui brûle d’un désir ardent de liberté.

Je ne vous cache pas que ce titre chez Gallmeister m’a beaucoup surprise à sa lecture. L’on y côtoie des sujets particuliers que je n’avais, de mémoire, pas trouvés traités de cette manière chez cette maison : l’adultère, le mensonge, le viol, la vengeance ou l’inceste. Certes, tous ces sujets, qui peuvent de prime abord nous remuer, sont digérés une fois que l’on connaît l’envers du décor (même s’il faut patienter) ; mais il faut les encaisser au départ. Là où je reprochais à My absolute Darling de faire des sous-entendus sans assumer les propos, Maren Uthaug, elle, assume et rentre dans le sujet, sans non plus en dégoûter le lecteur. J’aime cette prise de risque, j’aime lorsque les auteurs osent !
Ceci étant dit, les sujets délicats ne bouffent pas pour autant l’intrigue jusqu’à l’étouffer, et c’est la construction à plusieurs voix qui permet à cette histoire de reprendre son souffle régulièrement et de dévoiler sa vérité. Le charme de ce roman réside également dans le lieu où se passe la majeure partie de l’intrigue : le phare. Et lorsqu’on le quitte, c’est pour mieux y revenir. Plus le temps passe, et plus j’apprécie ce roman noir.

Cassie Dandridge Selleck – La couleur du silence

Ora Lee Beckworth était loin de se douter que son quotidien basculerait durant l’été 1976. À Mayville, dans le Sud de la Floride, le racisme a la peau dure. Alors qu’Ora engage un vagabond afro-américain que les enfants du coin surnomment M. Pecan, son entourage s’en inquiète. Surtout Blanche, sa gouvernante, elle-même afro-américaine. Car s’il est alcoolique, il n’en demeure pas moins doux et gentil notamment avec les filles de Blanche.
La petite bourgade s’enflamme lorsque le corps du fils du shérif est retrouvé poignardé dans la forêt, non loin du campement de M. Pecan. Il est accusé du meurtre sans la moindre enquête.
Mais Ora Lee est la seule à connaître la vérité. Vingt-cinq ans qu’elle la porte comme un fardeau écrasant. Et il est temps pour Miss Beckworth de raconter la tragique histoire de cet été à Mayville.

Le racisme a la peau dure, ce n’est rien de le dire. Sujet plus que jamais d’actualité, le racisme est au cœur de ce roman à classer, à mon avis, en littérature blanche. Mais plus que le racisme, c’est la tolérance qui dégouline au fil des pages de ce livre surprenant. Le résumé se suffit à lui-même, le roman se découvre et s’apprécie sans aucun autre artifice.


Ghislain Gilberti – L’évangile de la colère

Au commencement, il y eut un enfant. Le petit Gabin Schwartz. Six ans. Son corps retrouvé dans un parc. Exsangue. Puis ce fut un agriculteur. Enterré vivant. Son index désignant le ciel. Puis un marchand ambulant, écrasé sous son stock.
Sale baptême du feu pour Seth Kohl, le chef du groupe chargé de l’enquête à la Brigade criminelle du SRPJ de Versailles. Comment avancer quand rien ne relie les victimes entre elles ? Alors que les corps s’accumulent, un lien se dessine enfin, inattendu, fragile et incomplet : le tueur pourrait bien s’inspirer des Danses macabres, ces fresques que l’on retrouve dans les vieilles églises, ou dans les bibliothèques des collectionneurs.
Mais chaque série de tableaux est différente. Laquelle est la bonne ? Le temps presse, et Seth Kohl est assailli par ses propres démons, qui l’invitent eux aussi à quelques pas de danse avec la mort…

Roman policier (français) par excellence, L’évangile de la colère n’a pas l’audace d’affronter les clichés du genre. Certes, il ne les utilise pas tous, mais en emprunte cependant pas mal. Je ne reviendrai pas sur les petits défauts de correction, cela devient redondant sur le blog et franchement, c’est assez pénible en tant que lecteur de faire la police, surtout avec les mêmes maisons d’édition 🙄.

Cependant, ce roman de Ghislain Gilberti – que je retrouve après avoir abandonné (avec beaucoup de regret) Dynamique du chaos (mais vraiment, je n’ai pas du tout accroché), et lu Dernière sortie pour Wonderland (dur, noir, mais que j’ai beaucoup aimé) – a su me convaincre. Malgré les facilités scénaristiques, les nombreux éléments déjà vus ailleurs, et les quelques clichés qui traînent ici et là tout du long, l’auteur a su tirer son épingle du jeu, grâce notamment au concept de danse macabre et à son personnage principal, Seth, qui même s’il est un cliché sur patte, est un cliché qui me plaît bien (et je suis certaine de ne pas avoir été la seule ! si ? 😂)
J’ai beaucoup apprécié cette lecture même si on peut penser le contraire à la façon dont j’en parle, alors même que je ne suis pas, ou plus, férue de roman policier. Oui, on anticipe, oui, on a l’impression d’avoir déjà lu plein de choses, mais Ghislain Gilberti est un écrivain qui sait raconter et recycler positivement, et ça, c’est super chouette ! Et puis moi, tant qu’on patauge dans le noir, hein, je suis cliente…


Parole de chat – Tome 1 : Le manoir

J’ai hésité à parler de cette bande dessinée, car elle n’est pas encore disponible à la vente (mais le sera à l’automne). Issu d’une campagne Ullule, ce tome 1 a mis des années à sortir ! Autant dire qu’il était attendu, d’autant plus que je ne lis pas de BD au départ : grande première donc. C’est parce que j’étais abonnée à la chaîne Youtube “Parole de chat” et que j’aimais beaucoup le concept, que j’ai participé à la campagne et donc reçu mon exemplaire à sa sortie récente.
Surprise pour moi donc : j’aime les bandes dessinées, alors que je pensais ne pas être la cible. Du moins, j’aime cette BD-là. Parce que l’histoire est cool, qu’il y a des chats et que les dessins sont hyper beaux.

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