Clara Dupont-Monod : S’adapter

.⁎⁎⁕*⁕⁎⁎ Avis de lecture ⁎⁎⁕*⁕⁎⁎.


Un jour, dans une famille, est né un enfant inadapté”.

Lorsque j’étais au lycée, les lectures et avis imposés ne me convenaient pas du tout. Non seulement, je n’aimais pas la lecture, mais en plus l’on me forçait à lire des pavés qui me semblaient alors hors de portée. C’est peut-être cette déconvenue qui a fait que, pour une fois, un prix littéraire obtenu par un livre, a été un argument à l’achat. S’adapter a – entre autres, mais c’est celui-ci qui m’a tapé dans l’œil – décroché le prix Goncourt des lycéens 2021. M’inspirant de mon expérience, j’avais des attentes particulières à l’égard de ce livre forcément dues au fait que des lycéens l’ont élu, et qu’il avait donc des qualités (ou des défauts pour d’autres) que j’aurais aimés trouver moi-même étant lycéenne, et que je recherche encore pour certains sujets ou thèmes. D’abord, je savais que ça se lirait tout seul, et surtout que le roman n’appartiendrait pas à certains genres et styles ; qu’on ne ferait pas forcément dans la moralisation, dans le pathos ou dans l’engagement à outrance. Avec un thème tel que le handicap, j’avoue rechercher la simplicité, la pureté et l’émotion. Rien d’autres. Pas d’envolée lyrique, pas de belles écritures adoucies et rondes, pas d’intrigues profondes ou riches, mais plutôt un roman se rapprochant, sans en être réellement, du témoignage. S’adapter est totalement ça, tout ça, rien que ça.

Ce roman raconte comment une fratrie de quatre enfants a vécu la naissance et le décès, annoncé dès la naissance, d’un des leurs. Malgré sa fine épaisseur, S’adapter a su traiter différents angles : l’acceptation, le rejet, la honte, l’ignorance, et en bonus, comment un enfant vit en sachant que le petit frère qu’il n’a jamais connu a laissé un vide immense derrière lui, et que, quoi que ce nouvel enfant puisse faire, il restera toujours celui qui est naît après, avec derrière lui l’ombre de celui qui n’est plus.
Certes, il ne faut pas chercher de profondeur dans ce roman : tout est dans les faits et les émotions. Alors avec les personnages, ça passe ou ça casse. La cadette, que j’ai trouvée transparente, ne m’a pas parlé et j’ai trouvé son expérience froide, son comportement distant sans que cela ne soit vraiment justifié à mes yeux par son vécu ou ses émotions. À l’inverse, le cadet a su me souffler les mots justes, les émotions appropriées, le vécu dans le mile pour que son récit ait des effets pour certains inattendus et produise les émotions que j’attendais de ce roman. J’aurais aussi pu lire le double du contenu sur l’enfant d’après, mais ce thème m’aurait peut-être fait entrevoir des choses que je ne suis pas encore prête à entendre et à connaître.

En définitive, S’adapter est une bonne surprise, sur laquelle je ne comptais pas tellement, mais qui avait tout de même du potentiel. Un potentiel exploité tel que je m’y attendais et comme je le désirais. Pour la profondeur, en revanche, ce n’est pas vers ce livre qu’il faut se tourner, mais comme dit en introduction, ce n’est pas cela que j’attendais de ce roman, qui finalement a presque fait entièrement le boulot, si on enlève le passage de la cadette auquel je suis restée hermétique.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s