“Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.”

Betty de Tiffany McDaniel

Lorsque Betty est sorti, il a fait beaucoup de bruit. Un peu comme My Absolute Darling. Les gens ont aimé à la folie, commenté, partagé, encensé, bref, tout le monde a aimé ce bouquin. On en a fait des caisses et on l’a propulsé au rang de chef-d’oeuvre très rapidement. Un peu comme avec My Absolute Darling.
Et un peu comme My Absolute Darling, j’ai détesté sa couverture et son titre. Un peu comme My Absolute Darling, on me l’a offert parce que je n’ai jamais voulu l’acheter. La première fois que j’ai tenté de le lire, j’étais dépitée, triste. Je me sentais coupable de ne pas accrocher avec ce roman alors qu’on me l’avait offert et qu’un livre de chez Gallmeister a toujours une grande valeur à mes yeux, encore plus lorsqu’on me l’offre, encore plus lorsque c’est une personne particulière qui me l’offre. Alors je me suis dit que ça allait faire exactement comme avec My Absolute Darling ; que j’allais détester ce bouquin, ne pas le comprendre, encore moins comprendre l’engouement autour de lui, alors je l’ai mis de côté.
À la différence d’autres livres, je l’ai rouvert et j’ai rapidement compris pourquoi je ne l’avais pas apprécié la première fois : à cause de mon état d’esprit un poil trop enjoué, peut-être. On passe rapidement sur ce fameux état d’esprit, mais je ne lis pas du roman noir pour rien, et plus c’est sombre, plus j’aime ça. Ce n’est pas anodin. Étrangement, le début de Betty m’a beaucoup plus parlé que la première fois. Au cours des cent premières pages et à deux reprises, j’ai eu besoin de reprendre mon souffle, de m’éloigner de l’histoire, de prendre mes distances, presque, pour ne pas transposer les choses ou les prendre trop personnellement. Ce sont des détails, des passages furtifs qui ont été ignorés par d’autres, j’en suis certaine, mais qui ont eu un effet immédiat sur moi. Alors, Betty et moi avons pu nous rencontrer. Pour de bon, cette fois-ci.

La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et sœurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.

Cet article va être très court, car Betty est un roman qui demande du temps pour être vécu. Certes, il raconte la vie et le destin de la famille Carpenter, de Betty tout particulièrement puisque c’est elle la narratrice, mais il raconte bien plus que cela. Le réduire à c’est l’histoire des Carpenter, ce n’est pas lui rendre justice. C’est l’histoire de drames, d’amour, de désamour, d’âmes lumineuses opposées à la noirceur d’autres. C’est très poétique. C’est l’histoire d’un père emblématique, d’une mère fantomatique, et d’une fratrie. C’est l’histoire de tabous, de soumissions, de violences et de racisme aussi. Chaque page raconte quelque chose. D’accord, je n’ai pas tout trouvé pertinent ou utile, mais rien n’est vide, dans le fond. On trouve dans Betty des grands thèmes et une ambiance très particulière, très indienne, vachement plaisante et originale. On trouve des petites morales et des grands moments, et oui, clairement, ce roman mérite la sublime réputation qui l’entoure.

9 commentaires sur « “Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.” »

    1. Ils ont à la fois des ressemblances tout en étant opposés 😂

      Je n’ai pas accroché avec My absolute darling pour deux raisons : l’auteur est trop dans la description, pas assez dans le noir. Il sous-entend des choses sans mettre les pieds dedans. Mais on est une minorité à ne pas avoir aimé 😊
      Betty, c’est autre chose. L’auteure plonge dans la noirceur, et c’est le rythme, je pense, qui peut poser problème, dans le sens où Betty prend son temps, mais par contre il raconte beaucoup 😊

      Les deux se tentent, ce sont des histoires de destins

      J’aime

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