“Je suis qu’un taulard raté. J’ai rien à perdre”

Dernier appel pour les vivants de Peter Farris

Voilà, nous y sommes. Un peu avec regret, car je n’aurai désormais plus rien de Peter Farris à me mettre sous la dent, je viens d’achever le dernier roman de l’auteur qu’il me restait à lire, aussi le premier roman de Peter Farris. Et quel incroyable premier roman ! Quelle lecture !

Pour Hobe Hicklin, ce ne devait être qu’un casse de plus, histoire de se refaire à sa sortie de prison. Sauf que l’ancien taulard a un peu perdu la main.  Il commet deux erreurs : d’abord, prendre en otage le jeune guichetier, Charlie Colquitt ; et ensuite essayer de doubler les membres de la Fraternité aryenne avec lesquels il devait faire le braquage. Voici donc Hicklin, flanqué d’un témoin encombrant et traqué par ses “amis” d’autrefois, contraint de fuir et d’aller se terrer dans les montagnes du nord de la Géorgie, tandis que le shérif local Tommy Lang se lance aussi à ses trousses.

Hicklin n’est pas un rigolo. Il n’est pas de ces personnages rationnels, équilibrés et lisses, qui peuvent peupler certains romans. Hicklin a la noirceur dans le sang. Quelque part, et à sa façon, Hicklin m’a fait penser à Mopar, le personnage principal d’Évasion de Benjamin Whitmer, mélange de mauvais garçon et de guimauve (guimauve façon roman noir). Fraîchement sorti de prison, le gusse récidive avec un braquage, organisé pour lui et qu’il aurait dû faire avec d’autres frères. Mais voilà, Hicklin n’est pas comme tous les autres, et c’est seul qu’il va commettre le méfait, chipant le butin au nez et à la barbe de ses anciens potes de prison. De ce braquage, il en ressortira avec quelques billets et un otage, Charlie, dont il va avoir du mal à se débarrasser. Une intrigue nait alors de cette relation inattendue et d’une cavale ponctuée de coup de feu et de méchants très vilains comme seuls les romans de la maison Gallmeister savent faire. Et c’est ainsi que je les aime, les romans : lorsqu’ils dégoulinent de personnages sombres et de poésie. Car Dernier appel pour les vivants n’est pas qu’un roman de castagne et de cavale, c’est aussi un roman plein de lumière et d’humanité sous sa couche de crasse. C’est étonnant, car vous verrez dans la prochaine chronique que j’ai choisi des lectures un peu similaires, et que je suis probablement dans une période très sombre en terme de lecture (encore plus avec le prochain article).

Pour ce qui est de Dernier appel pour les vivants, les règlements de compte et la cavale auraient franchement pu très vite me fatiguer. Mais voilà, Hicklin apporte quelque chose au personnage d’ancien taulard qui a doublé ses frères (comme Mopar a pu amener quelque chose de neuf à l’évadé dans Évasion), et j’ai été séduite par ce qu’amène Charlie, non seulement à l’intrigue, mais à Hicklin, surtout. Difficile de parler de ce qui m’a plu et convaincue dans ce livre, car révéler la relation entre ces deux personnages, c’est révéler le contenu de l’intrigue. Disons alors simplement que c’est inattendue et que leur dénouement est déchirant.
Pour le reste, on est dans du très bon Gallmeister, avec ses intrigues à action, ses personnages sombres, ses jolis paysages et son ambiance très américaine. « Du sang, de la poudre, de la sueur, de l’adrénaline et de la testostérone » : pas mieux.

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