“Pourquoi avez-vous si peur, agent Travis ?”

Le Carnaval des ombres de R. J. Ellory

Le carnaval des ombres signe mes retrouvailles avec R. J. Ellory, que je n’ai cessé de lire depuis le mois de mars tant j’apprécie cet auteur, mais force est de constater que les derniers romans que j’ai tenté de lire de lui n’ont jamais passé le cap des cent pages. Tous mis de côté avec la volonté de les reprendre le moment venu, la pilule était tout de même difficile à digérer. Ma rencontre avec Ellory et son incroyable Papillon de nuit début 2021 m’avaient laissé le doux espoir d’avoir trouvé un auteur avec qui tout passerait à chaque fois, seulement mes dernières expériences m’ont prouvé le contraire. Ellory, comme les autres écrivains, n’est pas infaillible et/ou se lit à certains moments plus qu’à d’autres. La sortie du Carnaval des ombres n’est pas passée inaperçue, puisqu’il a fait partie des romans que j’ai précommandés sans connaître les thèmes abordés, sans même jeter un œil aux dernières lignes de la quatrième de couverture – très utiles pour déterminer si un roman peut nous plaire ou non si l’on fait partie des lecteurs qui refusent de lire les résumés. Si tout n’est pas parfait dans ce roman, il reste néanmoins un très bon roman noir et policier, bien au-dessus de la moyenne. Ellory a encore frappé juste.

1958. Un cirque ambulant, avec son lot de freaks, d’attractions et de bizarreries, vient de planter son chapiteau dans la petite ville de Seneca Falls, au Kansas. Sous les regards émerveillés des enfants et des adultes, la troupe déploie un spectacle fait d’enchantements et d’illusions. Mais l’atmosphère magique est troublée par une découverte macabre : sous le carrousel gît le corps d’un inconnu, présentant d’étranges tatouages.
Dépêché sur les lieux, l’agent spécial Michael Travis se heurte à une énigme qui tient en échec ses talents d’enquêteur. Les membres du cirque, dirigés par le mystérieux Edgar Doyle, ne sont guère enclins à livrer leurs secrets. On parle de magie, de conspiration. Mais l’affaire va bientôt prendre un tour tout à fait inattendu.

Le plus gros défaut de ce roman et je m’en serais volontiers passé, est la redondance de certains faits, la lenteur de certaines scènes, en d’autres termes, le fait que le roman aurait pu contenir quelques pages en moins – une bonne cinquantaine, voire plus, tout de même – sans que cela nuise au déroulé de l’histoire, à l’intensité de l’intrigue et à la complexité du tout. Un défaut, vous l’aurait compris, parfaitement balayé par tout ce qui compose ce roman, et en premier lieu, son personnage principal : Michael Travis. Dire de R. J. Ellory qu’il est un écrivain doué lorsqu’on parle de personnages sombres et ambivalents, est un doux euphémisme. Une fois de plus, l’auteur prouve son talent à travers un personnage des plus percutants, affiné jusque dans les moindre détails et qui ravira les amateurs du genre. Michael Travis est un agent du FBI bourré de convictions et de certitudes, un homme qui fait ce qu’il fait pour des raisons totalement personnelles, un homme bâti sur un passé noir semblant l’avoir brisé jusqu’à la moelle, et dont l’enquête en cours va bouleverser son petit monde carré aux limites qu’ils ne faut surtout pas franchir. Travis va devoir affronter ses démons, son passé et son présent, et ça ne sera pas sans douleur.
L’enquête n’est en définitive qu’une excuse pour traiter autre chose, notamment les personnages, une enquête qui d’ailleurs s’avérera bien plus complexe qu’il n’y paraît, tenant le lecteur en haleine durant quelque 600 pages, dévoilant une sombre histoire aux allures de complot, basé sur des faits cependant vrais. Ce qui fonctionne au-delà de l’intrigue très fouillée, détaillée et riche, est l’ambiance générale qui règne dans ce roman. Que l’enquête se déroule au cœur d’un cirque dont les employés sont tous très spéciaux et, pour certains d’entre eux, ayant un passé intrigant, n’y est pas pour rien. La résolution de l’enquête renverse toute l’histoire et le lecteur par la même occasion, qui ne s’attendait sûrement pas à ce genre de retournement de situation. L’on ressort à moitié abasourdi avec cette impression qu’aucun personnage n’était réellement ce qu’il semblait être, l’autre moitié étant bien trop occupée à admirer l’ampleur de ce roman au déroulé quasi sans faute et à l’écriture toujours aussi agréable de l’auteur. Certes certains passages sont longuets à mon goût, la fin peut-être un poil trop facile dans sa résolution, mais je suis ravie de retrouver Ellory tel que je l’apprécie, ce qui me redonne l’envie de découvrir les autres romans de l’auteur, qui attendent patiemment d’être lus.

2 commentaires sur « “Pourquoi avez-vous si peur, agent Travis ?” »

  1. Avec plus de 600 pages il est clair qu’il faut qu’il nous tienne en haleine et c’est un pari réussi pour toi, je le note, j’aime beaucoup cet auteur aussi, merci Emilie 💜

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