Le dernier espoir, c’est la fuite

Le Paillon des étoiles de Bernard Werber

C’est donc ainsi que s’achève l’année 2020 sur le blog ; avec une chronique d’un livre dont la lecture a été aussi inattendue que plaisante. Ce sera un avis rapide et peut-être que Le Papillon des étoiles aurait mérité plus de recul, de connaissances, d’intérêt pour les sujets traités afin de le disséquer correctement. Ce ne sera pas le cas puisque j’ai énormément de mal avec tout ce qui est abstrait, beaucoup de difficulté à m’y intéresser, et il n’y a rien de plus dur, pour moi, que d’envisager, même sans histoire, l’espace, les voyages dans l’espace, les conditions de vie dans l’espace, alors vous pensez bien que Werber et moi ne sommes pas trop potes, au départ, lui qui semble aborder des thèmes spécifiques qui flirtent souvent avec la science-fiction, et qui me perdent dès le résumé 😂 (J’exagère un peu, oui). En l’occurrence, l’espace est en réalité un domaine un peu effrayant ; il faudrait prendre le temps de s’y intéresser pour le comprendre et l’envisager. Pour l’heure, ce n’est pas en projet, j’ai quelque sujets et thèmes sur lesquels je souhaite me pencher avant, qui ne sont pas les sujets traités par Le Papillon des étoiles, qui sous ses airs de roman de science-fiction un peu compliqué à digérer, est en réalité très abordable. Bon par contre, là aussi les « au final », ce n’est pas possible 😇

L’histoire pourrait se situer à notre époque, elle pourrait aussi bien pu arrivé hier ou il y a des dizaines d’années, comme elle peut arriver demain ou dans cent ans. C’est la particularité de ce roman qui ne comporte aucune date, mais des faits qui, si on retire la fin, lui permettent d’exister dans un laps de temps très vaste, pouvant ainsi faire croire au lecteur que la possibilité que ce qui est écrit dans ce livre soit déjà arrivé, soit en train d’arriver ou arrivera dans le futur. La fin oriente la période à laquelle on se trouve, mais sans elle, difficile de définir quand se passe cette intrigue. Dès lors, toutes les possibilités sont permises et c’est peut-être ce qui donne de la force à ce roman, en lui retirant un peu de sa fiction.
Nous sommes donc dans un temps indéfini, mais finalement peu éloigné de notre présent, la Terre porte sur ce qui reste de ses épaules une civilisation qui n’est plus que l’ombre d’elle-même, qui a basculé de son côté le plus sombre, et une poignée d’humains lance le pari fou d’exporter une partie restreinte – la meilleure – de l’humanité terrestre ailleurs, via un vaisseau spatial et quelque 1000 ans de voyage.
Le roman est divisé en trois parties qui dévoilent l’ampleur du projet. Au départ, il y a donc l’idée qui germe dans un cerveau, l’idée de construire un ailleurs et de voyager dans l’espace via un énorme vaisseau spatial, à l’intérieur duquel on va inviter des humains à fonder le futur. L’équipe se construit autour du projet et tout nous est décortiqué. Ça peut paraître barbant pour les personnes qui connaissent un peu l’espace et les grosses machines, mais des lecteurs pour qui, comme moi, tout cela est abstrait, de telles descriptions et explications permettent de visualiser et d’envisager le projet. Et si je suis assez hermétique à tout ça car j’ai énormément de mal à me projeter, j’ai tout de même commencé à adhérer à l’idée et à envisager de voir ce projet se concrétiser, via l’écriture de Bernard Werber. Dès lors, il a été très facile de concevoir l’histoire et de l’apprécier. La seconde partie raconte le voyage et ses déboires, et la troisième clôt le projet : toutes les portes sont refermées. L’auteur profite de son roman pour refaire un peu l’Histoire via une théorie pas si lunaire que cela dans le contexte du roman, et pour aborder certains sujets, notamment la façon dont nous détruisons la Terre ainsi que les comportements humains entre eux. Le vaisseau spatial est une vision utopiste de la façon dont nous devrions refaire le monde et désespérante dans le message qu’il véhicule, finalement : le seul espoir c’est la fuite, autrement dit, on est tous foutus et le seul moyen de nettoyer l’humanité est d’attendre qu’elle s’éteigne. Mais ça, c’est ce que j’ai bien voulu voir.

À la fois d’un pessimisme déprimant et d’un optimisme presque naïf, Le Papillon des étoiles est un roman qui invite à la réflexion et à la remise en question, tout en étant divertissant. Certains passages cocasses amènent un peu de douceur et quelques sourires dans ce monde grisâtre, et finalement, on referme ce livre en ayant l’envie de croire qu’un renouveau est possible. Allez, on y croit !

Merci Annick pour cette lecture ❤

2 commentaires sur « Le dernier espoir, c’est la fuite »

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