Après l’envol, la chute

L’envol d’Alia Cardyn

L’envol aurait pu être la confirmation définitive de ma tendresse et de mon attrait pour les écrits d’Alia Cardyn. En un sens, ça a été le cas puisque l’auteure a été fidèle à elle-même. J’aime retrouver dans les romans de cette autrice, son implication, sa sensibilité et un peu d’elle-même dans les sujets qu’elle traite. Ici, le thème de l’amour brille par son absence dans les vies des protagonistes que l’on va suivre, et certains passages et personnages m’ont vraiment beaucoup parlé et/ou émue. J’ai retrouvé la tendresse dont Alia Cardyn m’a habituée et j’ai apprécié me retrouver, de nouveau, dans ce cocon que seule cette auteure sait faire, et qu’elle perpétue avec la même adresse. Mais à utiliser les mêmes stratégies, on peut se demander si l’on a pas cette impression de toujours lire la même chose. Concernant les sujets et la façon dont ils sont traités, on peut trouver des similitudes, probablement ; si on les cherche. Je n’ai rien relevé de flagrant à ce niveau-là dans les romans de l’autrice que j’ai lus, et au contraire je trouve que les sujets qu’Alia Cardyn aborde sont plutôt rares dans cette façon très personnelle qu’elle a de les traités, et individuellement très différents. En revanche, sur un autre aspect, eh bien ça y est, c’est le roman de trop. Mais pour expliquer cela, je dois reparler des romans de l’auteure que j’ai déjà chroniqués, et vous allez vite saisir mon souci.

Le choix d’une vie, premier roman que j’ai lu d’Alia Cardyn et que je conseille (et offre) sans hésitation, était construit sous forme de chapitres chacun consacré à un unique et différent personnage, entrecoupés d’extrait de journal intime et de lettres. C’était le premier roman que je lisais de l’autrice, j’ai trouvé la construction sympathique, suffisamment dense pour proposer une intrigue étoffée et complète et j’ai adoré le sujet.
Une vie à t’attendre, passé après la première expérience totalement réussie, ne m’avait pas totalement convaincue, tant le lecteur est ballotté entre différentes époques et personnages. Une fois de plus, l’auteure jouait sur plusieurs tableaux, et les récits étaient entrecoupés d’extraits de journal intime.
Plus récemment, c’est Mademoiselle Papillon qui a relevé le défi haut la main, en proposant des thèmes forts, tendres, durs, mais qui fonctionnent toujours avec l’autrice grâce à son investissement. Vraiment, on sent que les sujets la touchent et qu’elle les traite peut-être avant tout pour elle. C’est très bien fait, très bien raconté et saupoudré d’une sensibilité qui me touche particulièrement. Dans ce roman, on suit deux histoires de femmes, l’une dans le présent, l’autre à travers un manuscrit.
Mais peut-être voyez-vous déjà le souci qui ressort de ces différentes lectures et qui a éclaté avec L’envol, d’autant que je n’ai pas totalement accroché avec l’ensemble de l’intrigue : la construction.

Dans tous les romans de l’auteure, on retrouve le même type de construction et de mise en page : l’histoire d’un ou plusieurs personnages dans le présent, et le récit d’autres personnages et histoires à travers un format écrit (journal intime, carnet, manuscrit), en italique dans le texte. En soi, ce n’est pas un problème. L’auteure est à l’aise avec cette construction-ci, elle la gère d’ailleurs bien mieux que certains qui s’y sont frottés, mais au bout de quatre romans, j’aurais aimé voir plus d’audace et de prise de risque. Le fait de retrouver pour la quatrième fois consécutive (je l’avais déjà relevé dans Mademoiselle Papillon, mais l’ai vite oublié grâce à l’histoire qui a pris le dessus) la même construction, a rendu cette lecture plus pénible qu’elle n’aurait dû l’être.
Le thème du désamour est un thème censé me toucher, surtout lorsqu’il est abordé par Alia Cardyn, et s’il ne m’a pas laissée indifférente, il n’a pas eu les effets escomptés. Je trouve vraiment dommage la récurrence de la construction alors que la sensibilité de l’autrice, ses choix de thèmes et ses personnages valent le détour, et il fallait cette chronique pour le dire.

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