David Wellington – Positif


Tout le monde peut être positif…  Le signe « plus » tatoué au dos de la main de Finnegan le marque comme un positif. À tout moment, le virus zombie pourrait se diffuser dans son corps, transformant l’être humain rationnel qu’il est en un monstre affamé. Sa seule chance de mener une existence normale est de survivre à la période d’incubation potentielle.Finn se lance alors seul dans un voyage infernal qui lui fait traverser une Amérique métamorphosée – un territoire sombre et dangereux, peuplé de héros, de pillards, de fous furieux et de hordes de zombies. Et bien que ceux-ci soient partout, Finn ne tarde pas à découvrir que le plus grand danger vient peut-être de ses frères humains…


Au cinéma et en littérature, nombreux sont les genres, les sujets, les thèmes et les personnages qui peuvent me faire passer à côté d’une œuvre à cause de ce qui les caractérise, ou me les faire détester lorsque j’ose m’aventurer dans celles qui arrivent à me tenter malgré ce qui, normalement, me rebute. Tout ce qui est post-apocalyptique, zombies et personnages enfants, en fait partie. Bien avant de lire, j’ai toujours évité les films et les séries de science-fiction de façon générale, à tel point que je ne me suis jamais posée la question de savoir ce qu’il y avait réellement dans ce genre-là, autre que les (télé)films catastrophes copiés les uns sur les autres, et les intrigues futuristes dans lesquelles je peine à me projeter. Puis, je ne sais pas trop comment, est arrivée la série The Walking Dead dans ma vie, et coup de foudre. J’ai découvert une autre facette du genre science-fiction et ça m’a plutôt plu : la SF post-apocalyptique feat des zombies.
Si j’ai abandonné la série lorsqu’elle a commencé à vraiment devenir n’importe quoi à mes yeux (vraiment, le personnage de Negan et les ellipses, ce n’était plus possible), je suis loin de dire que The Walking Dead est une mauvaise série, bien au contraire : j’ai commencé, il y a quelques semaines, un énième visionnage et je la bouffe comme au premier jour – j’espère d’ailleurs changer d’avis au sujet des saisons que j’ai moins aimées et que je n’ai, à ce jour, jamais revues. Désormais devenue ma référence en matière de post-apocalyptique et de zombies, rares sont les séries, les films et les livres dont le pitch m’intrigue, sonnant comme des copies de TWD ou des tentatives de je-ne-copie-pas-mais-ça-y-ressemble-vachement-quand-même. Et je passe donc à côté, sans même un regard pour ces œuvres qui, sûrement, sont sympathiques, mais ne m’attirent pas du tout. Ç’aurait pu être le cas de Positif, de David Wellington, dont la quatrième porte, par ailleurs, les mots de Jay Bonansinga🔎. Mais allez savoir pourquoi, ce livre précisément m’a tapé dans l’œil, quelques semaines avant que ma folie zombiesque revienne. J’imagine que la machine était inconsciemment en marche et qu’elle n’attendait que le déclic pour s’exprimer clairement.

Quelques semaines suivant l’achat de Positif, bloquée à la maison par un torticolis, je recommençais donc depuis le début la série The Walking Dead disponible sur Netflix, et quelques jours plus tard, après avoir abandonné plusieurs romans, je débutais Positif avec le même enthousiasme que la série susmentionnée. Force était de constater que j’avais envie de ce genre-ci et de cette ambiance de fin du monde. Si ce roman réunit trois caractéristiques que je n’apprécie pas forcément : le post-apocalyptique, les zombies et des personnages enfants, le livre a diablement bien fonctionné dès le départ. C’est donc avec ce même enthousiasme que je vais tenter de vous parler de ce roman aujourd’hui, en faisant, j’espère, tomber les barrières qui séparent le genre des lecteurs réticents, car Positif a été une très bonne lecture que je vais m’empresser de conseiller à ceux qui souhaitent se lancer dans le genre, même s’ils ne sont ni spécialistes, ni adeptes – comme moi.


Ce que j’ai probablement le plus apprécié au départ avec ce livre, c’est que malgré le virus (détectable) qui circule, atteint et transforme certains humains en zombies, la société, bien que totalement changée, perdure. L’organisation générale semble avoir tenue debout et continue de structurer ce qui ne l’est plus, du moins, ce qui n’est plus comme le monde que l’on connaît.
Second point, plusieurs générations se fondent dans ce décor, mêlant ainsi des générations ayant connu notre monde histoire de garder un pied dans notre réalité, et celles plus jeunes nées après la catastrophe. Le choix est judicieux pour la lectrice que je suis et qui ne peux concevoir une intrigue, surtout post-apocalyptique, sans bases réelles que je connais et vis au quotidien (ce qui explique mon blocage avec les intrigues futuristes). Dans Positif, clairement, il y a les deux : un peu de notre société, de la vie que l’on connaît, de notre fonctionnement, et beaucoup de choses nouvelles qui se sont développées soit par nécessité, soit par peur du virus, de la mort ou de l’être humain. Le roman part donc d’un fait très simple que chacun peut admettre : le personnage principal est testé positif au virus et doit être soigné. Pour cela, par quelques faits impromptus, il doit se rendre de lui-même dans l’Ohio, là où le monde d’hier peut encore le sauver. Mais entre New-York – ville dans laquelle Finn a grandi, protégée du monde extérieur – et sa destination, il va découvrir le monde d’après, car en dehors des villes ayant gardé un semblant de vie normale, c’est le chaos. Petit à petit, le roman s’éloigne de notre conception du monde pour aller vers quelque chose de plus sauvage et zombiesque. Chaque humain a réagi de façon différente à la catastrophe, et chacun gère son quotidien et sa peur différemment, certains allant même jusqu’à révéler leur vraie nature qui se fond parfaitement avec l’anarchie. Finn va ainsi croiser le meilleur, le touchant, l’éclat et l’espoir comme les villes dévastées, les pillards et les pirates. En somme l’humain dans tous ses états qui va, à plusieurs reprises, brisés les rêves de reconstruction du personnage principal.
Le roman est certes basé sur le concept de survie, avec de la baston, du sang, des morts et des injustices, mais il y a une vraie part d’humanité dans ce livre, majoritairement représentée par Finn qui, lorsqu’il découvre les pratiques et la vie dehors, décide de ne pas totalement se plier aux nouvelles façons de faire, même s’il est parfois obligé de se retrouver le nez dedans, mais au contraire d’apporter quelque chose de différent, de l’espoir et surtout, un avenir pour l’humanité. Le contraste avec des personnages plus violents et moins bienveillants est édifiant et ne fait que renforcer l’éclat de Finn, personnage charnière de ce roman qui cache bien plus qu’une histoire de virus et de zombie, mais une intrigue profondément humaine.

Indéniablement, et contrairement à ce que je continuais de penser malgré quelques belles découvertes dans le genre, le post-apocalyptique a ses arguments, d’autant plus que ce roman-ci, en plus d’avoir une histoire profonde et des personnages grattés, est bien écrit (et traduit). Malgré ses quelque 600 pages et très peu de temps à consacrer à ce roman ces derniers jours, je l’ai dévoré.
Difficile de dire si les amateurs du genre aimeront ce roman, je n’ai pas assez de recul pour connaître les clés et codes du post-apocalyptique, ses clichés, ses écritures et ce qui fait d’un roman zombiesque, un livre original. Néanmoins, pour les lecteurs qui découvrent ou ont d’habitude du mal à se projeter, ce roman-ci est accessible. Il accompagne assez bien le lecteur d’une situation que l’on vit quotidiennement vers quelque chose de totalement abstrait, en gardant des bases fondamentales qui nous permettent de nous projeter en gardant un pied dans notre réalité. Ceci étant dit, certaines connaissances qui ont plus de vécu avec le post-apo que moi, ont grandement apprécié ce roman. En définitive, tout le monde peut trouver son compte.
Bref ; un sans-faute qui, à mes yeux, permet à ce roman de se glisser dans ma liste de livres auxquels je n’ai absolument rien à reprocher. Carton plein !

3 commentaires sur « David Wellington – Positif »

    1. Je les préfère lorsqu’ils ne sont qu’un prétexte, un décor, une mise en situation. Ce qui est le cas ici. Le danger dans ce livre est l’humain, les zombies, eux, ne sont que des figurants. Mais il faut aimer tout de même oui, adhérer à ça 😊 Un jour, peut-être 😉

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