Bernard Minier – La vallée (série Commandant Servaz – 6)



Un appel au secours au milieu de la nuit
Une vallée coupée du monde
Une abbaye pleine de secrets
Une forêt mystérieuse
Une série de meurtres épouvantables
Une population terrifiée qui veut se faire justice
Un corbeau qui accuse
Une communauté au bord du chaos
Une nouvelle enquête de Martin Servaz




\!/ La vallée fait partie d’une série de livres🔎 dont celui-ci est le sixième tome. Cette chronique sera celle d’une lectrice entêtée qui a cédé à la tentation et a décidé de sauter les cinq premiers livres, à mes risques et périls \!/


N’ayant jamais eu un quelconque attrait pour les écrits de Bernard Minier, je me voyais très mal prendre la série depuis le départ dans l’unique but de lire La vallée, seul roman de l’auteur que j’avais envie de découvrir. Cependant, cela ne m’a pas empêché d’avoir quelques peurs, notamment celle de ne pas réussir à me fondre totalement dans l’histoire à cause du passé des personnages et de l’intrigue que j’aurais connus si j’avais commencé la série dans l’ordre mais que je n’avais pas en commençant La vallée, et du coup d’être totalement larguée, de ne rien comprendre et de me sentir exclue de l’ensemble. La première question est donc de savoir si j’ai ressenti un quelconque manque.
Peut-être certaines (courtes) références aux anciens romans auraient eu plus d’impacts et de sens à mes yeux si je les avais lus avant, mais de là à dire que j’ai ressenti un manque, il y a un monde. Surtout, ces petites références m’ont franchement donné envie de lire les autres romans plus qu’elles ne m’ont dégoûtée, romans qui par ailleurs, ne me tentaient absolument pas jusqu’à présent : je ne pensais pas Bernard Minier pour moi. Certes, je suis passée à côté de certains clins d’œil, les personnages n’ont peut-être pas eu la même consistance, il n’empêche que ça l’a fait. Et de toute façon, j’ai déjà commandé le premier livre de la série que je compte reprendre depuis le début, puisqu’à la deuxième question qui est de savoir si j’ai aimé ce bouquin, je répondrais par un gros oui (et un petit bémol) ! Vous l’aurez compris, nous allons, aujourd’hui, parler de La Vallée.

En aucun cas donc, le fait de ne pas avoir lu l’ensemble de la série a été un frein à mon immersion, encore moins à mon plaisir à lire ce roman venu casser un enchaînement d’abandons inquiétant, car le fait est là : je suis entrée dans ce roman plus vite que je ne le pensais. Les divers préludes ont fait le boulot, et même si j’ai levé les yeux au ciel en mode « oh non, pas encore un flic déchu qui va être mêlé malgré lui à une affaire », en découvrant la situation de départ, j’ai été dedans très vite. Sûrement parce que malgré tout, Servaz est assez loin des policiers types, liés au genre, et que d’une situation banale (on connaît tous les personnages flics qui ont résolu l’affaire du siècle, mais qui se retrouvent mis au placard ou évincés pour une durée plus ou moins déterminée), Bernard Minier a réussi à tirer quelque chose d’un peu moins banal : une intrigue dans un décor particulier et très présent comparé aux romans policiers du même style, mêlée à des meurtres particulièrement étranges, et le tout évidemment porté par des personnages qui ont une histoire (dans les autres bouquins), du vécu (idem), une personnalité et de la consistance. Je regrette cependant que l’ambiance et le décor n’aient pas pris plus de place, mais au moins ont-ils eu le rôle de poser les bases de l’intrigue pour laisser la quasi-pleine place à cette dernière et à l’enquête, et l’avantage de n’avoir jamais totalement disparus de l’histoire, car la vallée a bien un rôle prépondérant dans l’ambiance générale du bouquin, de son intrigue et de la façon dont on lit ce livre. C’est ce que j’attendais du roman compte tenu de sa couverture et de son titre, pari gagné de ce côté-ci.

En effet, un tueur sévit au cœur d’une vallée dans le sud de la France, qui ne compte que quelques milliers d’habitants. Les gens ont peur, et bien plus encore lorsqu’un éboulement vient fermer l’unique route menant à l’extérieur, enfermant ainsi la population et le tueur au cœur de la vallée. L’ambiance devient alors pesante, oppressante, les têtes tombent, la peur gronde et la colère grandie. Les policiers, eux, pataugent dans la semoule, avancent à tâtons et l’enquête qui prend son temps devient alors des plus passionnantes. Religion, politique et psychiatrie se mêlent discrètement à la danse, les suspects s’enchaînent et ne se ressemblent pas, jusqu’à l’ultime dénouement qui va éclaircir toute cette histoire et mettre en lumière le(s) coupable(s).
Globalement, j’ai trouvé l’intrigue très intéressante, sûrement parce qu’elle joue sur plusieurs tableaux et intègrent plusieurs personnages importants et récurrents tout au long du récit et de l’enquête. Des personnages dont on creuse les vies, et étant donné ce qui est dit dans ce livre-ci, j’imagine que l’auteur donne un peu plus de détails à chaque nouvelle histoire. Raison de plus pour fourrer mon nez dans les livres précédents et autant dire que j’ai hâte !

Détail cependant, La vallée est un roman policier pur avec toute la panoplie de codes qui définissent le genre ; inutile d’y chercher autre chose ou de commencer ce roman si l’on déteste le polar : vous ne trouverez rien d’autre que des meurtres, un tueur, des suspects, des flics et une grosse et belle enquête. Une première expérience très concluante donc, qui m’a donné envie de prendre la série par le début. Seul point sombre de cette intrigue : sa fin et notamment la résolution de l’enquête. Il m’a manqué le petit détail qui fait jubiler le lecteur lorsqu’on découvre le coupable. Peut-être ai-je trouvé le coupable facile ou à la limite de la vraisemblance, mais une fin en deçà du reste ne fait pas d’un roman, un livre raté. Bien au contraire, La vallée se démarque du paysage français en matière de policier, non seulement par son intrigue et son ambiance, mais également par sa richesse et la construction des personnages loin des stéréotypes et du balayage en surface. Les rebondissements ne sont pas les seuls éléments à rythmer l’intrigue, Bernard Minier a choyé son histoire en la peuplant de personnages solides et en prenant soin de nourrir correctement le lecteur avec une intrigue recherchée et riche.

5 commentaires sur « Bernard Minier – La vallée (série Commandant Servaz – 6) »

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