Anna Starobinets – Je suis la reine (et autres histoires inquiétantes)


Tous les enfants s’inventent des règles à respecter. Mais pour Sacha, transgresser les Règles pourrait avoir de terribles conséquences. Lorsque Dima monte dans le train, il est loin de se douter qu’il va retrouver sa famille – une famille qu’il n’a jamais vue. Oublier une soupe dans un réfrigérateur peut avoir des répercussions inattendues. Que s’est-il vraiment passé ce chaud dimanche d’août pour que Maxime, huit ans, change au point d’affirmer à sa mère : « Je suis la reine » ? Il y a quelque chose d’étrange chez Yacha, ce matin, mais quoi ? Est-ce vraiment son coeur qui s’est arrêté de battre ? Grâce à ces six nouvelles finement ciselées, Anna Starobinets se place d’emblée parmi les meilleurs auteurs de fantastique contemporains.


Certaines personnes peuvent vous faire acheter n’importe quel livre dès lors qu’il vous en parle, même un tout petit peu, même si le genre n’est pas celui que vous préférez. C’est ainsi que j’ai découvert Je suis la reine, un recueil de six nouvelles flirtant avec le fantastique, vers lequel je ne serais pas allée seule.

Il est des histoires qui vous laissent sonnés, en mode « mais… mais quoi ? Qu’est-ce qu’il vient de se passer ? ». La famille est de celles-ci. Une nouvelle qui fait suite à une autre bien trop courte pour en parler, Les règles, et annonce la couleur et donne le ton. Un homme, du jour au lendemain, se retrouve à vivre une vie qui n’est pas la sienne, dans une famille dont il n’a aucun souvenir. Chaque individu qu’il va rencontrer, chaque lieu qu’il va visiter, vont lui parler, lui rappeler des souvenirs de sa vraie vie, sans pour autant coller à ce dont il se souvient ni à ce dont il est persuadé d’avoir vécu.
Cet homme va imager l’angoisse d’être enfermé dans une famille que l’on n’a pas voulue et qui a fermé les portes au nez d’une vie que l’on aurait souhaitée. En même temps, elle exprime assez bien la façon dont on accepte notre destin, par dépit, parce que c’est ainsi. Mais ceci n’est peut-être qu’une interprétation parmi d’autres, tant je suis restée en mode « mais… mais quoi ? » en tournant la dernière page de cette nouvelle que j’ai beaucoup aimée.

Après un rapide interlude de cinq pages appelé J’attends, c’est la nouvelle centrale qui a fait son entrée : Je suis la reine. Une nouvelle qui raconte le changement d’un petit garçon à mesure qu’il grandit, et sa déchéance suite à une otite qui a duré plusieurs semaines. Une maladie qui va avoir un impact dramatique et une fin tout à fait étonnante. Je n’ai rien vu venir, je n’ai rien soupçonné malgré le titre évident une fois qu’on a découvert l’histoire complète. Un texte ambitieux avec un thème qu’il fallait oser aborder parce qu’un peu perché tout de même, pour une nouvelle marquante des plus réussies.

Puis L’agent et L’éternité selon Yacha sont venus clore ce recueil ; il est donc tant de passer à la conclusion générale.
Je n’ai pas parlé de toutes les nouvelles, par choix, des nouvelles bien trop courtes pour en parler et dévoiler ne serait-ce qu’un élément. En revanche, une caractéristique commune à toutes les nouvelles ressort : l’étrangeté. Oh, bien sûr, elle est positive, cette étrangeté. Elle se rapproche d’ailleurs plus de l’originalité qu’autre chose tant les histoires, les personnages et les univers sont atypiques et changent de ce qu’on a l’habitude de lire.
L’autrice m’a embarquée dans un univers fantastique intéressant, novateur et ambitieux, le tout raconté d’une plume précise et très jolie : une parenthèse que je referme à contrecœur, mais que j’ai été heureuse de découvrir. En somme, un recueil gourmandise qui fond sous la langue, qui fait du bien et change.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s