Le coin cinéma : La plateforme (2020)




Dans une prison-tour, une dalle transportant de la nourriture descend d’étage en étage, un système qui favorise les premiers servis et affame les derniers.





Il n’y a fondamentalement rien que j’ai détesté dans ce film et pourtant, après visionnage, je suis dans la retenue. Il y a des idées, des tentatives, des personnages et des temps forts dans ce long-métrage que j’ai trouvés au-dessus du reste. Ça ne rend pas l’ensemble médiocre, mais j’ai un sentiment de déséquilibre entre certains pans et chapitres de l’histoire. Dommage, car on est passé à deux doigts d’un excellent film, qui reste tout de même très bon.

« La Plateforme », ou le film qui m’a captivée pendant 1h30,
mais qui n’a pas que des qualités.

Ce qui m’a probablement le plus plu est l’évolution physique et mentale du personnage principal Goreng, interprété par Ivan Massagué, un homme qui se réveille dans une pièce en compagnie d’un codétenu. Entre eux, un trou qui laisse passer chaque jour une plateforme de nourriture, s’arrêtant pour un temps limité à chaque étage, du haut vers le bas de la tour. Chaque mois, les détenus changent d’étage de façon aléatoire en ne sachant jamais si leur situation va s’améliorer ou au contraire se détériorer. Car dans cette tour, plus le numéro de l’étage est élevé, moins on a de nourriture et pour cause, d’autres passent avant.
Il faut donc imaginer Goreng se réveiller dans une pièce lugubre avec pour seule vue, le lit de son voisin et les étages inférieurs et supérieurs à l’infini. Après la surprise, viennent les questions, la peur, la déchéance, la folie et pourquoi pas, la mort. Car nombreux sont ceux qui ne survivent pas, et ce n’est pas forcément la faim qui leur fait passer l’arme à gauche. Ce film, quelque part, montre à quel point l’homme peut être cruel et égoïste lorsqu’il s’agit de sauver sa pomme, mais les multiples interprétations sont possibles. Si le film tente, maladroitement je trouve, d’apporter une nuance à travers certains personnages qui croient encore, même dans ce contexte, à la solidarité, cette dernière est totalement écrasée par l’individualisme des autres personnages, bien plus crédible malheureusement, dans cette situation (et notre société actuelle) à mon avis.

C’est donc à travers les personnages les moins bienveillants que j’ai plus apprécié l’histoire, alors que d’autres ont totalement manqué de crédibilité à mes yeux. Et on ne parlera pas des multiples pourquoi qui m’ont accompagnée pendant tout le visionnage. Des « pourquoi » ne découlant pas d’incohérence ou d’erreur, mais des « pourquoi » que je me pose quand on me propose ce genre d’intrigue. Sans spoiler, les personnages vont vouloir faire bouger et changer les choses dans cette « fosse », et pour cela ils vont utiliser un moyen hyper bête que des milliers de prisonniers auraient pu utiliser avant eux. Mais alors, pourquoi personne ne l’a-t-il fait ? Pourquoi le personnage qui cherche à tout prix à s’évader et à remonter depuis des semaines, n’y a pas pensé de suite puisque c’est l’unique issue, l’unique façon d’espérer pouvoir sortir ? par exemple. Ce genre de questions m’obsèdent parce que rien n’explique que ça ne soit pas arrivé avant. Et plutôt que de me les poser qu’une seule fois, chaque fois qu’un personnage a une idée ou tente quelque chose, je me les suis posées.

Cependant, une performance notable est celle de m’avoir fait vivre et ressentir le caractère répétitif des jours qui se déroulent quasiment tous de la même façon, puisqu’à part manger et attendre la descente de la plateforme, il n’y a rien d’autre à faire. Là où le film a été intelligent est que je n’ai pas ressenti de lassitude, car l’intrigue est ponctuée de moments qui relancent le rythme en ouvrant de nouveaux chapitres. L’ambiance, elle, est oppressante, crasseuse et poisseuse, et les passages un peu plus gores et dans l’action apportent du piment à l’ensemble. Finalement, le seul petit défaut de ce film est le personnage féminin venant de l’organisation à l’origine de cette prison dont je me serais passée, et le changement de « message » à la fin dont je n’ai pas compris l’utilité (et non le sens), mais ça, il faut avoir vu le film pour saisir de quoi je parle.

En somme, une très bonne surprise qu’a été La plateforme, film auquel je n’ai pas du tout cru au départ. En définitive, j’ai passé un très bon moment qui m’a semblé court, alors qu’en réalité, 1h30 s’était écoulée.


Les synopsis et images ont été pris sur le site Allociné.
La plateforme est disponible sur Netflix.
Pour aller plus loin, j’avoue ne pas avoir eu trop de mal avec la fin que je trouve très bien parce que totalement ouverte ; en somme chaque spectateur peut choisir ce qui lui convient plutôt que d’avaler du prémâché. Et pourtant, ça ne m’a pas empêchée d’aller fouiner et de lire les explications et autres théories, notamment, cet article.

2 commentaires sur « Le coin cinéma : La plateforme (2020) »

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