Le coin cinéma : Capharnaüm (2018)

À l’intérieur d’un tribunal, Zain, un garçon de 12 ans, est présenté devant le juge. À la question : « Pourquoi attaquez-vous vos parents en justice ? », Zain lui répond : « Pour m’avoir donné la vie ! ». Capharnaüm retrace l’incroyable parcours de cet enfant en quête d’identité et qui se rebelle contre la vie qu’on cherche à lui imposer.


Le cinéma, c’est un peu comme la littérature. Il y a les films incontournables, aimés par la plupart des spectateurs, cinéphiles ou non. Et puis il y a les films un peu plus particuliers, moins grand public peut-être, qui, dans leur rythme, dans les sujets qu’ils traitent, et même dans leur genre, sont un peu décalés. Moins dans le moule, disons. Capharnaüm fait partie de ces films-ci, à mon avis.
Seulement, j’ai fait l’erreur. Je l’ai commencé une première fois lorsque j’ai reçu le DVD, fin février. J’ai dû arrêter le visionnage, que je n’ai repris qu’en mai et j’ai donc eu besoin de revoir le début. Là est l’erreur, et on en va en parler. Car Capharnaüm est un bon film, oui, mais que je ne regarderai qu’une seule fois. Non pas à cause de ses défauts (qu’il n’a pas), mais à cause de la façon dont il est construit qui, quelque part, le rend aussi original que particulier.

Je ne peux pas dire qu’on ne m’avait pas prévenue : les films primés au Festival de Cannes sont spéciaux. Je ne vais pas m’étendre sur l’ensemble des nominations du film, car on peut résumer tout cela très facilement : le film s’est fait remarquer. C’est du coup avec le même état d’esprit que lorsque je commence un livre qui (a) fait l’unanimité ou qui a reçu un prix, que j’ai regardé ce film : avec méfiance.

À l’écran, d’aucuns diront qu’il ne se passe pas grand-chose. C’est à la fois vrai et en même temps, on a envie de dire : oh, quand même ! Car c’est vrai, c’est un peu mou. Il n’y a pas d’action et peu de suspense : ce n’est pas le but ; l’image et les couleurs sont ternes (mais collent au sujet et à l’histoire) et de façon générale, l’avancement de l’intrigue est lent, très lent. On dirait presque un documentaire qui retrace le périple de Zain, un petit garçon né au mauvais endroit. Et malgré tout, j’ai été prise. Enfin pas au départ. Car Capharnaüm n’est pas, à mon sens, un film qui se revoie. Il est suffisamment fort et percutant, et les images suffisamment éloquentes pour que l’on n’ai pas besoin de le revisionner. Et puis c’est vrai, c’est mou, c’est lent et il y a très peu de dialogues. Je me suis donc vachement ennuyée au départ lorsqu’il a fallu que je regarde à nouveau la première heure de film. Pourtant, la première fois, j’avais adoré et j’ai adoré la seconde heure de visionnage. D’où le fait que je pense que Capharnaüm n’est pas un film que je reverrai, comme 1917.

Ça, c’était pour la partie la moins excitante de l’histoire. Maintenant, venons-en au cœur du sujet : le film. Il y aurait sûrement énormément de choses à dire sur la façon dont est filmé ce long-métrage, mais je vais éviter de me pencher sur le sujet sous peine de dire pas mal de conneries. Rappel : je n’y connais rien.
En revanche, dans les thèmes traités, là je peux m’avancer un peu plus facilement en disant qu’on y traite les enfants (maltraités), la misère et ceux qui en profitent, la vente d’enfants, les sans-papiers et bien sûr l’enfant qui en veut à ses parents de l’avoir mis au monde, du moins, dans ce monde-ci. Ça donne le ton. Il y a un côté documentaire dans ce film, qui met le nez du spectateur dans une réalité que l’on ne connaît pas forcément.
Le film est donc dur, noir, pessimiste mais pas défaitiste, au contraire. Il dépeint un tableau d’une obscurité inégalable, certes, mais aussi la hargne, la volonté, le désir de s’en sortir ou de faire changer les choses et les mentalités. Il a cette force qui nous pousse à vouloir faire quelque chose pour ces gens, voire à changer notre propre façon de penser. C’est d’autant plus fort que les acteurs n’en sont pas vraiment et que ce film raconte leur vie et celle d’autres personnes. Je vous invite à lire la section Secrets de tournage du site Allociné qui regorge de choses intéressantes au sujet de ce film et qui, pour une fois, apporte une force supplémentaire à ce long-métrage.

Un film incontournable ? Non. Je ne vais pas jouer les hypocrites en disant que le monde doit voir ce film, sous prétexte qu’il a reçu un prix prestigieux et qu’il traite un sujet dur de façon pertinente. Autant je vais conseiller des films comme Mommy ou Fenêtre secrète à base de « vas-y, c’est génial ! », autant dans ce cas précis, non ce n’est pas génial. C’est dur, il faut encaisser les idées et adhérer au rythme pendant 2h. Ça se regarde une fois, ça se déguste, et on n’y revient pas forcément. Et c’est un peu le souci, car avec les films, j’aime y revenir, revoir, analyser, revivre, redécouvrir, et c’est ce qui les rends incontournables à mes yeux : quand un film me donne envie de le revoir. Là, c’est une certitude, ça n’arrivera pas avec Capharnaüm. Donc, incontournable, non. Un bon film ? Oui, je crois que oui. Il traite parfaitement bien les sujets, les acteurs sont convaincants et on ne ressort pas indemne de cette séance cinéma. Mais je ne promettrais à personne qu’il ou elle va vivre la même chose que moi, ce film est bien trop spécial pour que je m’avance. Tentez-le et voyez.

Les images et synopsis ont été pris sur le site Allociné

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