L.R. Schneider – 8 : Sept péchés et un acte d’amour

Gourmandise – Colère – Envie – Luxure – Orgueil – Avarice – Acédie
Les sept péchés capitaux nourrissent toutes les formes possibles du crime… Cruels, noirs, mordants, ces sept récits s’en inspirent afin de vous mener sur des sentiers profanés, qui conduisent inexorablement en Enfer !
Un acte d’amour
Nous croyons parfois naïvement que l’amour nous sauvera de tous nos péchés. Et si c’était vrai ? Et si le tout dernier acte de l’humanité était un acte d’amour ? 


Le voici, le premier service presse du blog. Vous savez désormais quel livre et quel auteur ont lancé la mise en place du service presse sur mon blog, et afin d’éviter de me répéter, je vous renvoie vers ce post Facebook qui explique les grandes lignes. Alors, pourquoi ce livre précisément ? Pour la simple et très bonne raison que Lawren Schneider m’a offert ma meilleure lecture en 2017 avec son roman Les larmes des cigognes. Vous pensez bien que lorsque l’auteur m’a proposé son recueil de nouvelle 8 en service presse, j’y ai réfléchis à deux fois avant de balancer mon sempiternel « non, mais je ne suis pas légitime, et je n’ai d’impact ». J’ai espéré pouvoir ainsi donner envie à ceux qui me suivent de lire Lawren et, par la même occasion, leur rappeler que Les larmes des cigognes est un roman historique qui envoie du pâté de steak.
Comme toujours, j’ai lu les nouvelles dans l’ordre dans lequel elles ont été proposées, et pour la chronique, j’ai choisi de parler de chacune d’entre-elles à chaque fin de lecture, avec une conclusion plus générale à la fin et à laquelle vous pouvez directement vous reporter si le détail ne vous intéresse pas.

Les nouvelles

La gourmandise : GULOSITAS
On pourrait penser cette nouvelle gustativement irréprochable et en un sens, elle l’est. C’est vrai qu’elle met l’eau à la bouche, elle, ce doux mélange de cuisine, de vin et d’amour. Mais les apparences sont parfois bien trompeuses, et si au départ la gourmandise nous fait saliver, elle nous lâche rapidement la main en nous laissant un arrière-gout amer, façon ah ! mais beurk ! Car elle se révèle être, en définitive, une histoire de vengeance plutôt réussie, que j’avais déjà eu l’occasion de découvrir et d’apprécier dans le recueil D’encres et de sang dont elle tirée – unique nouvelle de ce présent recueil à déjà avoir été publiée. D’un côté Lawren Schneider, de l’autre La gourmandise et sa chute, et on se dit que ce n’est pas possible ; l’un ne peut avoir imaginé l’autre. Mais si ! C’est toute la magie de la littérature, trouver les auteurs là où on ne les attend pas forcément.

La colère : IRA
Une nouvelle tournée vers un sujet dont on parle beaucoup et de plus en plus : les violences conjugales. Certes, on retrouve certaines similitudes avec la nouvelle précédente, une sorte de lien qui nous fait passer de l’une à l’autre sans que le passage ne soit une coupure nette, et en soi, la nouvelle est intéressante. Le traitement de la colère de plus en plus présente jusqu’à l’inéluctable est bien amenée, les actions s’enchaînent sans trop savoir où tout ça va s’arrêter, jusqu’où l’humain peut-il aller dans ces cas-là. Le sujet doit être traité, on doit en parler, et que certains écrivains s’y frottent est une bonne chose. Cependant, j’avoue que je m’en lasse un peu car, dans ces cas-là, les hommes victimes sont toujours mis de côté. Rarement le sujet est abordé dans ce qu’il a de plus large et on s’en tient aux violences faites aux femmes, uniquement. Je ne suis donc pas friande de ce genre d’histoires qui ne me surprennent plus vraiment, mais j’ai tout de même apprécié celle-ci qui donne un rôle final certain à la femme, rôle que l’on n’attend pas forcément.

L’envie : INVIDENTIA
Lorsque deux chefs d’entreprise convoitent le même chantier, promesse d’un bon gros chiffre d’affaires, tous les coups sont permis, le duel promet d’être sanglant. Mais peut-être que tout se joue en fait ailleurs ?
L’envie pousse souvent aux pires bassesses, et tous les coups sont permis pour écraser la concurrence. C’est un peu ce qu’il se passe dans cette nouvelle qui traite l’envie. Lorsque le désir d’obtenir écrase la raison, les principes et les valeurs, et que les actes des uns conduisent les autres au pire, rien ne peut bien finir. On termine la lecture et on se pose la question : est-ce que ça en valait la peine ? De quoi réfléchir à nos actes passés et à venir…

L’avarice : AVARITIA.
Un homme qui réussit, un autre qui perd tout, une histoire de vengeance et d’argent, dans cette nouvelle les opposés s’attirent et se retrouvent afin de régler leurs comptes. Une des pires facettes de la réussite et de l’entreprise y est dépeinte pour une fin à la hauteur de la nouvelle : percutante.

L’orgueil : SUPERBIA
À ce stade de la lecture, voici ma nouvelle préférée. Parce qu’elle ose, innove, imagine, elle cherche. Un homme richissime tient à laisser une trace de son passage sur terre, une sorte de biographie. L’orgueil. Et plutôt que de passer par la trop banale biographie écrite, il va passer par un moyen innovant qui ne va pas se passer comme prévu. Une nouvelle que j’ai appréciée pour le traitement original et futuriste du pêché ; l’orgueil qui pousse à faire toujours plus, et la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

L’acédie : ACEDIA
Pour cette nouvelle-ci, je suis partagée. Je l’ai beaucoup aimée, certes. Elle raconte l’histoire d’un homme qui apprend qu’il va mourir. N’ayant plus rien à perdre, il envoie tout valdinguer et, lui qui s’était si bien tenu durant toute sa vie, trop sage, trop moral, se libère et vit enfin. C’était chouette, noir et beau, pessimiste en un sens, comme j’aime, d’autant qu’on pressentait venir la chute mortelle qui allait anéantir les derniers instants de ce personnage. Spoil. Je ne m’attendais pas à ce que l’adultère soit de nouveau utilisé dans cette nouvelle-ci. J’en reparlerai dans la conclusion, mais j’avoue que ça a un peu gâché la fin de cette nouvelle qui était si prometteuse. Fin de spoil.

La luxure : LUXURIA
Doux mélange de sexe et de voyage spatio-temporel, Luxuria est sûrement la nouvelle la plus ambitieuse et originale, voire aboutie dans son scénario. Une très bonne nouvelle qui fait voyager dans le temps mais pas que. J’ai adoré l’originalité de celle-ci, vraiment.

Un acte d’amour : AMORABUNDUS
Avant même de recevoir mon service presse, j’avais une idée précise de cet acte d’amour. C’était une évidence, une obligation, j’aurais été déçue de m’être trompée. Il faut connaître un tout petit peu l’auteur, connaître sa femme aussi, mais surtout, les avoir déjà rencontrés pour comprendre que cette nouvelle n’aurait pu être autrement. Et de ce fait, cette nouvelle ne peut être qu’attendrissante et touchante, tout en étant profondément dramatique et noire en même temps. La préférée, on la tient définitivement ici !

La conclusion

Passons donc maintenant à la conclusion générale de ce livre et à son ou ses bémol(s). Le recueil, dans sa globalité, dépeint notre société actuelle, ses vices et l’impact qu’elle a sur nos vies, nos valeurs, nos choix et nos actes. Mises bout à bout, le tableau de nouvelles n’est pas des plus luxuriant, mais peut-être fait-il prendre conscience de certaines choses aux lecteurs, le confortant dans ses positions ou, a contrario, leur soufflant de nouvelles façons d’agir ou de penser. C’est le petit plus : la réflexion, en plus de la qualité du texte.
J’ai apprécié le choix de l’auteur de s’exprimer avant chaque nouvelle, histoire de donner un ton et des intentions. Je pensais que cela gâcherait mon plaisir de découverte et mes interprétations, mais en définitive, non. Et puis chacun est libre de lire ou non ces passages-là.

8 est donc un recueil qui se lit bien. Comme pour de nombreux recueils, j’ai lu les nouvelles entre deux chapitres d’un roman, cela aurait pu camoufler le bémol que je vais pointer, et pourtant ça n’a pas été le cas. Ce qui m’a un peu embêtée dans ce recueil, et j’en suis peinée car je ne m’y attendais pas vraiment, est la redondance de certaines idées ou de faits ; l’infidélité, mentionnée dans plusieurs nouvelles, tout comme la vengeance et le vin. Pour les deux dernier, je suis passée outre parce que c’est discret, en revanche, l’adultère m’a vraiment gênée ; pas en tant que sujet en lui-même, mais en terme de répétition. Un thème un peu trop présent à mon goût dans un recueil qui n’est pas censé le traiter spécifiquement, faisant un peu perdre aux personnages leur identité propre. Des personnages, certains, que j’ai d’ailleurs parfois eu du mal à imaginer autrement qu’avec les traits des vraies personnes dont il tirent leur nom. Les petits clins d’œil aux amis auteurs en empruntant leurs noms de plume n’est pas ma tasse de thé, je ne sais pas imaginer autre chose que les auteurs eux-mêmes dans l’intrigue dans ces cas-là, là c’est vraiment personnel.

Ceci étant dit, et avec un peu de recul, l’avantage de ce recueil est qu’il se bonifie au fil des pages. Plus je lisais et plus j’y trouvais du plaisir, ce qui n’est pas forcément le cas surtout lorsqu’on trouve des éléments redondants. Car finalement, l’important n’est pas tellement dans le détail, bien que présent, de l’infidélité, mais dans le traitement des sujets et le concept du recueil. En ça, le livre coche les cases et donnera aux lecteurs qui ne connaissent pas Lawren Schneider, un aperçu de ce qu’il peut faire. Et si vous avez l’occasion de lire Les larmes des cigognes, allez-y !
Je remercie bien évidemment l’auteur qui m’a permis de lire son ouvrage, qui m’a fait confiance surtout, et m’a laissé carte blanche dans mon avis (c’est la moindre des choses me direz-vous, mais traînez un peu avec les blogueurs et vous vous rendrez vite compte que ça n’est vraiment pas toujours le cas).

La version numérique est disponible sur Amazon. Pour la version papier, il faut passer par les libraires ou le site de l’auteur.

2 commentaires sur « L.R. Schneider – 8 : Sept péchés et un acte d’amour »

  1. Heureuse que tu aies choisi de reprendre des SP et surtout avec cet auteur et aussi très surprise pour le coup lorsque j’ai vu l’en tête du message m’annonçant cet article, qui est du coup très précis et détaillé pour chacune des nouvelles, merci Emilie ❤❤❤

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