Céline Saint-Charle – Rien qu’un Gosse (finaliste du Prix Zadig 2019 de la nouvelle policière)

Parfois, une affaire limpide et simple se présente, elle peut être pliée en quelques heures, à la grande satisfaction de tous.
Parfois. Mais pas cette fois.
Par ce beau mercredi de fin de printemps, les choses vont déraper. Une agression sordide, un dysfonctionnement au sein du commissariat, et c’est l’escalade.
Virginie Combes, commandant de police depuis peu, va devoir composer avec les pires cauchemars d’un officier, pendant la journée la plus glauque de sa carrière. Pour ce retour sur le terrain qu’elle espérait secrètement, elle va affronter l’atroce réalité et ses propres démons.
Victimes comme coupables, personne n’en sortira indemne. Et surtout pas les gosses…
Une nouvelle qui se lit en apnée, et qui laisse un goût de cendres.


Mon retour sur cette nouvelle va être rapide, puisque cette dernière ne fait que 22 pages et que forcément, tout va très vite. Ça n’a cependant pas empêché l’autrice, Céline Saint-Charle, de traiter l’Humain, comme à son habitude, avec ces deux facettes plus ou moins reluisantes.
J’avais hâte de découvrir cette écrivaine dans un genre nouveau, le policier, et force est de constater que cette Dame peut tout écrire, et que dans tous les cas (même le post-apo !) ça me convient. Il y a une finesse dans l’écriture, une justesse et une sensibilité, ainsi qu’une lucidité dans les faits que me plaisent à chaque fois.
Ici, on sombre dans l’horreur et la plume s’adapte parfaitement à la situation.

La prouesse réside, à mon avis, dans la construction des personnages qui, peu présentés, peu accompagnés, peu grattés (22 pages, je le rappelle), ont tout de même trouvé le moyen de vivre et de rester en tête. Policiers, victimes, tueurs… tous ont laissé une trace, profonde et voyante, nécessaire bien sûr puisque sans cela, ils n’auraient tous été que de banals personnages « vite rencontrés, vite oubliés ». Cependant, il faut le faire, inscrire dans les mémoires des personnages que l’on suit pendant 10 minutes et hop, histoire suivante. Tout comme il en faut dans la plume pour imprimer dans les souvenirs du lecteur, des scènes aussi courtes qu’intenses, et seules des scènes percutantes peuvent faire cela.

Plusieurs jours plus tard, tout est encore dans mon esprit. Une vraie réussite.

6 commentaires sur « Céline Saint-Charle – Rien qu’un Gosse (finaliste du Prix Zadig 2019 de la nouvelle policière) »

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