J. Subirana – Les enfants indigo : Une enquête au cœur du pouvoir des plantes

Claire et Marie, deux amies d’enfance décident de partir en week-end afin de se ressourcer. Au programme : initiation à la méditation et à la découverte des plantes dépuratives en Auvergne, au sein du Centre Temenos. Ce n’est que deux jours plus tard que Claire, sans nouvelles de Marie commence à s’inquiéter. Pourquoi le Centre affirme-t-il que Marie est bien rentrée à Lyon ? Quels sont les vrais agissements de ce Centre ? Pourquoi une telle fascination pour le pouvoir des plantes ? A travers ce « thriller végétal », l’enquête, richement agrémentée sur le pouvoir de certaines plantes, mènera le lecteur des forets d’Auvergne aux célèbres souterrains lyonnais (arêtes de poissons).


Dans sa globalité, Les enfants indigo est une bonne histoire bien que j’aie tiqué sur certains petits détails, comme par exemple ce passage dans lequel un personnage, Claire, se rend dans un hôpital pour avoir des informations sur une patiente dont elle ne connaît que le prénom. À l’accueil, on lui dit que sans nom de famille, on ne peut pas l’aider, ce à quoi Claire répond, en gros, que c’est important, c’est pour rendre des affaires à la patiente, ses clefs et son portefeuille, entre autres. Moi, à la place de la secrétaire, je tique de suite sur ce mensonge qui peut rapidement se transformer en invraisemblance, car il y a trop de « si » et de « mais » que l’on peut apporter en contre-argument. « Mais vous avez regardé à l’intérieur du portefeuille pour voir si vous trouviez un nom ? », « Si vous avez ses affaires et qu’elle vous les a laissées, vous devez la connaître, on ne laisse pas son portefeuille à une inconnue ! » etc. Or, ici, rien, tout juste un « vous avez qu’à trouver son médecin », médecin que le personnage va d’ailleurs trouver toute seule et très rapidement sans avoir aucune indication, juste de la chance. Magique et vachement pratique !
Ou encore ce passage dans lequel un personnage ne retrouve plus un livre dans sa bibliothèque, un livre qu’il dit être « INTROUVABLE » car rare, qu’il a mis des semaines à se procurer, et qui ajoute, tranquillement, « bah j’ai du le prêter et on ne me l’a pas rendu », il ne sait ni à qui ni depuis quand, et hop limite on passe à autre chose. Mais quoi ? Finalement, le livre est TROUVABLE facilement sur Internet et dans la librairie juste à côté. Bon, bah, on fait comme ça alors.
Il reste des coquilles ; certaines phrases sont mal tournées, légèrement trop scolaires peut-être ; il y a des raccourcis dans l’intrigue et un usage de facilités, des personnages très clichés, des ratés dans la mise en page (des dialogues sans tirets par exemple), bref, ce livre n’est pas parfait et ses défauts sautent même aux yeux au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire, parce qu’au départ, j’étais très très emballée.

J’ai été très surprise, et agréablement en plus. Vu la couverture et le nom de la maison d’édition (« Les passionnés de bouquins » ça fait très groupe sur Facebook), je m’attendais presque à découvrir un livre amateur, écrit avec les pieds et hyper cliché. Or, ce n’est pas toujours le cas. L’écriture est plutôt soignée et agréable malgré ses petits défauts. Il y a des passages passionnants sur les plantes, le folklore autour des plantes et de leur usage, et surtout un mystère qui plane sur le centre Temenos, spécialisé dans l’initiation à la méditation et aux plantes. Car là est le fond de l’histoire, Claire a participé à l’un de ces week-ends initiatiques avec son amie d’enfance qui n’est jamais revenue du camp. Elle va alors enquêter sur la disparition d’une autre jeune femme, Sylvie, qui a été recueillie à l’hôpital proche du centre, en compagnie d’un médecin et d’un collègue à elle. Certes le côté médecins aventureux se discute ; pour le coup, j’aurais plutôt apprécié une enquête policière ou d’un journaliste plutôt qu’un trio de médecins, mais admettons, l’histoire est ainsi faite, on ne va pas la refaire. Car en définitive, même si je discuterais bien volontiers de ce choix de mettre des médecins en enquêteurs, en même temps ça apporte une certaine fraîcheur et nouveauté, quelque chose d’original en plus. Et l’originalité, c’est sûrement ce qui caractérise le mieux ce bouquin, bien loin de surfer sur des sujets et genre attractifs et qui fonctionnent. Les plantes, les poisons, les onguents, sont-ils bien vendeurs ? C’est une prise de risque sans aucun doute, qui a au moins le mérite d’être notée, d’autant plus que c’est plutôt bien traité et très intéressant.

En définitive, que vaut ce thriller végétal ?

Je dois avouer ne pas être particulièrement attirée par ce genre de romans dits végétaux, dans lesquels les plantes sont au cœur des intrigues, que cela relève du fantastique ou du thriller – ou d’un tout autre genre, mais je ne l’ai pas expérimenté. Cependant, ce livre-ci est parfois instructif sur certains sujets liés aux plantes, et j’ai apprécié d’apprendre des choses, voire d’être légèrement initiée à certains concepts. L’utilisation des plantes à des fins perchées est séduisante, malheureusement les raccourcis qui arrangent l’intrigue, et au contraire les scènes étirées, ont un peu gâché l’expérience. Il y a des maladresses dans l’intrigue, des pirouettes un peu faciles, des passages qui se contredisent parce que l’autrice cherche des solutions aux problèmes que les personnages rencontrent, problèmes auxquels on doit remédier pour faire avancer l’intrigue, et qui sont nécessaires à la mise en place du suspense. C’est, à mon avis, le plus gros défaut de ce roman : l’abus de facilités scénaristiques qui frisent parfois l’incohérence ou l’invraisemblance.
Pour contrebalancer néanmoins, j’ai trouvé dans ce thriller beaucoup d’originalité concernant les sujets et les activités du centre Temenos. C’est le gros point fort.
Maintenant si je dois donner un avis général et parce qu’il faut bien conclure cette chronique, je dirais que c’est un thriller intéressant, qui avait du potentiel et des idées à creuser, mais qui aurait peut-être eu besoin d’être affiné dans sa construction pour rendre les choses moins faciles dans le développement. En revanche, je suis contente que l’on m’ait offert ce roman vers lequel je ne serais pas allée de moi-même, car en définitive, j’ai été agréablement surprise sur certains points.

2 commentaires sur « J. Subirana – Les enfants indigo : Une enquête au cœur du pouvoir des plantes »

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