Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

C’est l’histoire de Guille… C’est l’histoire d’un petit garçon débordant d’imagination qui voue un amour sans bornes à Mary Poppins. L’histoire d’un père un peu bougon, qui vit seul avec ce fils sensible et rêveur dont il a du mal à accepter le caractère. D’une institutrice qui s’inquiète confusément pour l’un de ses élèves qui vit un peu trop dans ses rêves. D’une psychologue scolaire à qui on envoie un petit garçon qui a l’air d’aller beaucoup trop bien. Quel mystère se cache derrière cette apparence si tranquille, et pourtant si fragile ?



Lorsque j’ai croisé la couverture de ce livre sur les réseaux sociaux, c’était pour moi une évidence que ce bouquin allait finir entre mes mains. Entre sa magnifique couverture et la mention de Mary Poppins dans le titre qui laissaient présager le rêve et la magie, me rappelant au passage une partie de mon enfance et un film que j’ai encore regardé très récemment, tout était fait pour qu’il attire mon attention. Je remercie très chaleureusement Katia qui est à l’origine de cette lecture rangée dans le tiroir « belles surprises ».

Guillermo est un enfant tout ce qu’il y a de plus banal. Il chante, aime les dessins animés, rêve et est insouciant. Banal à la différence près qu’il est hypersensible, qu’il s’enferme dans la lecture et qu’il veut être Mary Poppins. C’est cette dernière particularité qui va interpeller sa maîtresse, Sonia, et le conduire tout droit vers la psychologue de l’école, Maria. Car en réalité, les deux femmes soupçonnent cette gaieté de façade de masquer une partie immergée du petit garçon et pour cause, les chamboulements dans la vie de Guillermo sont autant de bonnes raisons pour lui d’être, non pas malheureux, mais déboussolé ; ce qu’il n’est pas du tout. De séance en séance et de chapitre en chapitre, le lecteur est amené à découvrir les facettes plus sombres et moins visibles des personnages, de Guillermo à ses amis, en passant par son père.
On pourrait croire ce livre de jeunesse, or, il se trouve que j’y ai tout de même trouvé une facette dramatique et noire, avec des sujets graves qui ne relèvent plus du tout du roman jeunesse. On parle tout de même dans ce bouquin du mal-être d’un petit garçon, solitaire, hypersensible et particulier, dont la mère a quitté le domicile familial pour des raisons professionnelles, laissant un père totalement perdu dans l’éducation de son fils dont il ne comprend pas le comportement et la sensibilité, éducation entretenue, jusqu’alors, par une mère aux relations privilégiées et fusionnelles avec son enfant. Le suivi psychologique et ses raisons, ainsi que le dénouement, ne sont pas forcément adaptés au roman jeunesse (ce que je pensais que ce livre était, en fait.)
On a d’un bord l’insouciance des enfants vis-à-vis de sujets importants, un côté pile avec ses rêves, sa logique enfantine, le pouvoir de relativiser, de cacher ses émotions et d’encaisser les événements et les sentiments ; et de l’autre, le côté face, sombre, avec l’inquiétude des adultes et surtout, du corps enseignant très à l’écoute et sur le qui-vive. L’ensemble de l’intrigue évolue autour de Guillermo et de son désir de vouloir être Mary Poppins, oui, mais pas que. Car ce désir cache bien plus qu’il n’y paraît et on ne parle pas seulement d’un délire d’un gamin plein d’imagination. Loin de là.

Le seul bémol que je pourrais pointer du doigt, mais que je vais pointer sans pointer, c’est l’écriture. Elle ne révolutionne absolument rien du tout et elle peut même devenir irritante car très simpliste (et non simple). Mais pas tout le temps. Et c’est pourquoi je pointe sans pointer, car c’est sciemment voulu par l’auteur, c’est une évidence. Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins est un roman choral dont deux des personnages sont des enfants, et lorsqu’ils prennent la parole, l’auteur se met à leur niveau d’enfant, justement. Le récit et les dialogues deviennent plus scolaires, plus simples, parfois répétitifs avec des tics de langage propres aux enfants, et si au départ cela apporte une originalité et une cohérence certaines, au bout d’un moment certaines tournures irritent légèrement, comme le très utilisé « voilà, quoi ». Mais ce petit défaut n’en est pas vraiment un puisqu’il colle au personnage et participe à sa construction et sa cohérence ; seulement, si on recherche une écriture poussée, ce n’est pas dans ce livre qu’il faut se plonger, car le plaisir est ailleurs.
Ce roman est autant touchant qu’il est poignant, et bien plus dramatique que ce qu’il semble être avec ses messages, ses idées et sa terrible réalité qui se dévoile entièrement dans les dernières pages. On est très loin de la légèreté que pourraient laisser penser le titre et la couverture très colorée, car en réalité, la beauté de ce roman réside dans le drame qu’il raconte. Je ne m’attendais pas vraiment à ce genre d’intrigue et je dois dire qu’elle m’a beaucoup plu.

2 commentaires sur « Alejandro Palomas – Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins »

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