Michael Fenris – Thérianthrope

L’inspecteur Ernesto Guzman espérait finir sa carrière tranquillement. Il réalise que la retraite va devoir attendre quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide : la victime a été massacrée mais, surtout, en partie dévorée par son assassin…
Alors que les cadavres affreusement mutilés s’accumulent, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tête lui souffle de tuer.
La traque va commencer.


Les jours ont passé depuis la fin de la lecture de ce bouquin et j’avoue ne pas être plus éclairée quant à mon avis. Cependant, je ne suis pas surprise. Thérianthrope est le troisième roman de Michael Fenris auquel je m’attelle, et seulement le premier que je réussis à terminer. Lorsque je n’accroche pas dès les premières pages ; lorsque je sens dès le début que ça va être long parce que je ne suis pas dedans, je laisse tomber, sans aucun remords ni regret. C’est ce qu’il s’est passé avec Aaverhelyon, dont les premières pages m’ont tellement peu convaincue, que je n’ai même pas cherché à donner une seconde chance au roman. Feuilles, quant à lui, m’a gardée un peu plus longtemps puisque j’ai lu les trois-quarts avant d’abandonner par lassitude ; c’était chouette, mais pas assez trépident à mon goût. Il a failli se produire la même chose avec Thérianthrope, à peu près pour les mêmes raisons et surtout, un dernier tiers que j’ai trouvé un poil trop long. Mais avant ça, j’ai vécu d’autres choses plus ou moins positives.

Ce qui m’a le plus posé problème au départ, et ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, est que ce livre n’est pas un thriller comme je m’y attendais ; c’est un roman policier, ou qui en a au moins la plupart des codes. En soi, le fait de tomber sur un roman policier alors que le bouquin est estampillé thriller n’est pas une catastrophe, et c’est surtout courant, même si on est nombreux à distinguer les deux, n’en déplaisent à ceux qui pensent que le thriller n’est pas un genre. Moi, ça me pose problème, surtout parce que le genre annoncé me conditionne et change totalement ma façon d’aborder le bouquin. Comme je ne lis pas les passages des quatrièmes qui parlent de l’intrigue et que je vais directement à la fin, là où est susceptible d’apparaître le genre et/ou l’orientation et les intentions de l’auteur ou du bouquin, le genre est mon seul indicateur et je me fie à lui pour choisir mes lectures en fonction de mes envies. Et là, clairement, je n’avais pas envie d’un roman policier, mais d’un thriller orienté fantastique. Et du coup, avec Thérianthrope, bah j’ai attendu le thriller aux frontières de l’étrange annoncé à la fin de la quatrième de couverture, et la douche a été un peu froide mais pas glaciale pour autant, car pour un roman pas uniquement thriller et très orienté policier, celui-ci est plutôt bon, ça je ne peux pas lui enlever. Peu importe mon expérience, le roman est plutôt sympa à lire même si je ne suis toujours pas hyper emballée par l’écriture de Michael Fenris.

J’ai plutôt bien aimé cette histoire qui ne fait pas dans le recyclage (même s’il me semble avoir lu une fin similaire récemment, avec le même lieu, les mêmes personnages, le même dénouement, mais où ?) Étant difficile avec le roman policier surtout français, j’ai tout de même été charmée par l’intrigue et ses personnages. L’histoire jongle entre différents protagonistes, tantôt du côté de la police, tantôt du tueur en série, mais aussi et surtout des victimes. Ainsi, on suit pas à pas l’avancée de l’enquête, la fuite du tueur, et les derniers instants des victimes, histoire de rapprocher le lecteur un peu plus du drame et de lui faire (presque) côtoyer le pire. C’est une approche intelligente et plutôt originale qui entraîne une immersion et une façon d’appréhender l’intrigue différemment de d’habitude. Dans les romans policiers, les victimes ou les familles des tueurs/victimes, sont très souvent mises de côté, et c’est dommage car Michael Fenris nous prouve que ça peut être très intéressant de leur consacrer quelques pages, voir des chapitres entiers.
Original aussi la façon dont le conte du Petit Chaperon rouge plane sur l’intrigue, construit le roman et s’immisce dans les derniers chapitres. Attention cependant, ce n’est, à mon avis, absolument pas un conte revisité comme peuvent l’être Les contes interdits, et étant donné la popularité de ces derniers en ce moment, je préfère le dire. Il n’empêche qu’on retrouve certains éléments du conte, à la sauce Michael Fenris en mode pas gentil du tout.
Maintenant, comme dit au départ, je me suis assez vite lassée de cette intrigue qui, je trouve, traîne un peu trop et s’étire même sur la fin. Résultat, c’est un avis mitigé car j’ai bien aimé, mais il y a quand même pas mal de « mais » et surtout, très peu d’engouement de ma part.

Un roman (que je classe) policier qui sort de l’ordinaire, c’est une certitude, et que je suis contente d’avoir lu, d’autant plus que j’avais très envie de lire l’auteur dont j’entends beaucoup de bien et que je n’avais, pour le moment, apprécié que dans le format nouvelle.
La question est de savoir si cette histoire de genre a vraiment eu un impact et je vais répondre que non. Je pense que je n’accroche tout simplement pas avec les propositions de l’auteur, ni ses manières de faire et de construire ses histoires. Ça a déjà été le cas avec d’autres romans de cet écrivain, mon avis mitigé n’est donc pas inhérent à ce roman-ci spécifiquement. Je pense que comme avec d’autres auteurs – Niko Tackian, Jérôme Loubry, Henri Lœvenbruck – il ne faut pas que j’insiste, je n’adhère pas et puis c’est tout.

2 commentaires sur « Michael Fenris – Thérianthrope »

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