Jack Ketchum – Une fille comme les autres

Meg est une adolescente. Prisonnière. Torturée.
Il y a ceux qui en profitent, ceux qui s’en foutent et ceux qui voudraient l’aider. Et vous ?


Dans ce roman inspiré d’un fait-divers des années 1950, Jack Ketchum dresse le portrait d’une petite bourgade américaine où l’horreur se trouve de l’autre côté de la rue. Cinquante ans plus tard, le sujet est toujours d’actualité, le silence est toujours pesant. Après
Une fille comme les autres, vous ne regarderez plus jamais vos voisins de la même manière.




Avant de donner mon avis qui va être très rapide car, malheureusement, je n’ai que peu de choses à dire à propos de ce livre, j’aimerais parler des conditions dans lesquelles je l’ai acheté puis lu, conditions qui ont influencé ma lecture et mon avis final, forcément. Je ne cherche en aucun cas à trouver d’excuses à ce livre ni à son auteur, simplement à relater la façon dont tout s’est (plutôt mal) passé.
J’ai acheté Une fille comme les autres suite à ma lecture de Comme un chien du même auteur, Jack Ketchum, que j’ai adoré. J’ai trouvé Comme un chien très original, l’histoire avec la dose de noirceur que j’aime, et le tout était vraiment chouette. Ma chronique est toujours disponible, pour ceux qui voudraient en savoir plus. Je me suis tourné vers Une fille comme les autres car le court résumé qui ne dévoile rien mais en dit suffisamment, avait déjà cette potentielle dose de noirceur que j’aime trouver dans les romans. J’étais intriguée et très curieuse de découvrir l’auteur et son histoire dans quelque chose qui semblait encore plus sombre que Comme un chien. Problème, je n’ai rien découvert du tout.
Imaginez-vous acheter puis commencer un livre en étant persuadé de découvrir une intrigue inédite et totalement nouvelle, tout en gardant à l’esprit que vous avez adoré le premier roman que vous avez lu de l’écrivain. Vous avez l’état d’esprit en tête ? Maintenant, imaginez découvrir dès les premières pages, la trame globale de l’intrigue spoilée dans l’introduction et vous rendre compte qu’en réalité, vous connaissez cette histoire car vous avez déjà vu l’adaptation qui porte le titre de la version originale. La pilule est compliquée à avaler. Cependant, j’aurais pu redécouvrir l’histoire, me laisser transporter par l’écriture, vivre différemment l’intrigue. Est-ce ainsi que ça s’est déroulé ? Pas du tout.

À l’intention de ceux qui comptent lire ce livre introduit par Stephen King : ce dernier spoile énormément dans l’introduction, jusqu’à révéler un élément du dénouement, le rôle des personnages et les scènes majeures du roman ; en gros la trame globale de l’histoire. Non mais sérieusement ? Et par la même occasion, il m’a révélé que je connaissais l’histoire, puisque que grâce à tout ce qu’il dévoile, j’ai reconnu le film alors que je ne savais pas du tout que ce livre avait été adapté et qu’en plus, je l’avais vu.
Et en fait, si on a vu le film, on a lu le livre. Fidèle adaptation, très fidèle même puisque le film a repris les scènes phares du bouquin – très fidèlement de mémoire -, et donc l’un et l’autre ne se complètent pas, mais racontent exactement la même chose. Le livre n’apporte rien d’autant plus que l’écriture n’est pas terrible. D’ailleurs, King dit quelque chose à ce sujet dans la fameuse introduction et je le rejoins totalement là-dessus : « Ketchum ne manifeste que peu d’intérêt pour une langue dense et lyrique. (…) Il privilégie une prose simple, égayée par une occasionnelle pointe d’humour un rien nerveux ». Oui, clairement l’écriture est très banale et très simple, trop simple quand on a vu le film et qu’on connait déjà l’histoire car c’est l’écriture, et uniquement l’écriture, qui aurait pu me faire redécouvrir l’intrigue.
C’est donc blasée que j’ai commencé la lecture, avec une pointe d’amertume et un sentiment de déception, mais aussi de regret car, sans cette introduction qui dévoile beaucoup trop de choses, ma lecture aurait peut-être été différente. J’aurais redécouvert l’intrigue au fur et à mesure, alors que là King concentre toute la partie spoil dans deux paragraphes et toute l’intrigue m’est revenu en tête d’un coup. Mon enthousiasme et mon excitation à découvrir l’intrigue sont retombés comme un soufflé, et ça s’est ressenti dans ma lecture et mon avis général. Mais bon, je suis allée au bout alors autant donner mon avis.

Si vous avez l’estomac fragile, la torture en horreur, si l’injustice et la maltraitance vous répugnent, passez votre chemin. Vraiment. Meg et Susan sont sœurs. Leurs parents sont morts dans un accident et de ce fait, sont du jour au lendemain placées chez leur tante Ruth. Meg va devenir le souffre-douleur de la famille, des adultes aux enfants, et c’est l’un d’eux qui nous raconte l’histoire avec, cette fois-ci, ses yeux d’adulte. Autant vous dire que cette lecture n’a pas été une partie de plaisir et que j’ai eu énormément de mal à entrer dedans, à vivre l’insouciance et la légèreté des premières pages, car je savais exactement ce qui allait se passer plus tard.
Outre la maltraitance, la violence et la torture, ce livre montre aussi à quel point un enfant, voire des enfants dans ce cas précis, peuvent être manipulés. Car les pires horreurs ne seront pas toujours perpétrées par un adulte, mais aussi par des adolescents encore influençables, inconscients ou presque, de faire des choses vraiment mauvaises. Au contraire, on prend tout ça comme un Jeu. Ce qu’on a commencé de façon gentillette à l’extérieur, on le poursuit plus violemment dans la cave avec l’autorisation d’une adulte qui gère de main de maître tout ce petit monde et cet acharnement physique.
Je ne conseille pas ce livre à tout le monde, notamment aux personnes qui préfèrent les histoires légères ou qui ne tombent pas dans l’insoutenable. Il faut s’accrocher et encaisser les sévices d’autant plus qu’on ne peut rien faire et que ceux à même de faire quelque chose, ne bougent pas le petit doigt. L’histoire est donc d’une noirceur effrayante et elle est d’autant moins acceptable qu’elle est inspirée de faits réels. Eh oui, c’est cela qui change tout, à mon avis. Dans le cas d’Une fille comme les autres, on ne peut pas dire que c’est juste un roman. On ne peut pas passer outre l’atrocité en se disant que ça sort de l’esprit de l’auteur, point, fermons le livre et oublions. On vit chaque scène en sachant que ça s’est passé, peut-être pas exactement comme ça, mais peut-être que si. Et ça reste. À ne pas mettre entre toutes les mains donc.
Jack Ketchum, s’il ne possède pas le talent de l’écriture transcendante, n’en reste pas moins un bon créateur d’histoires bien noires et collantes. Une fille comme les autres est un roman noir et dur qui violente le lecteur, et qui n’aurait pas mérité qu’on le spoile autant dès l’introduction. Pour moi, ça ne change rien, je savais déjà, mais pour ceux qui n’ont pas vu le film ou ne connaissent pas l’affaire, c’est dommage. En définitive, j’aurais pu me passer de cette lecture, et j’ai même failli l’abandonner à un moment donné. L’histoire est malsaine, dérangeante, j’ai eu l’impression de cautionner cette histoire et les actes en continuant ma lecture. L’écriture aurait pu me convaincre, mais comme j’ai déjà pu le dire, celle de Ketchum est quelconque. Ce livre ne m’a rien apporté, ne m’a pas élevée, n’a réussi qu’à m’écœurer. J’ai de loin préféré Comme un chien, du même auteur, que je conseillerais avec plus de facilité et plus d’engouement.

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