Jack Ketchum et Lucky McKee – Comme un chien

\!/ La quatrième spoile un poil. Un autre résumé est disponible dans la chronique \!/
Delia Cross a onze ans. Elle est actrice, belle comme le jour et pleine de charme. Une vraie star en train d’éclore. Son quotidien est fait de dures journées de travail, d’auditions et de répétitions. Toute sa famille dépend d’elle : Pat, la mère dépendante aux médicaments et à la scène, Bart, son père paumé et dépensier, et son frère introverti Robbie. Delia, à son tour, dépend affectivement de Caity, son Bouvier australien adoré. Caity est une amie loyale et partage avec sa maîtresse un monde à part, paisible. Alors qu’elle est sur le point de signer un contrat qui va bouleverser sa carrière, Delia est victime d’un étrange accident, et Caity sera la seule à la tirer du danger. Sa mère est prête à tout pour maintenir son train de vie – jusqu’à vendre la souffrance de sa petite fille. Son père, absent, fuyant, laisse son foyer s’enfoncer dans l’horreur et la maltraitance.


Vider sa PAL c’est très bien. Mais se retrouver avec très peu de livres, voir aucun, qu’on a très envie de lire, c’est compliqué. Après La cité des jarres d’Arnaldur Indridason, rien ne m’a vraiment tentée ou donner envie d’en lire plus après avoir feuilleté les pages des livres qu’il me reste. J’ai donc été piocher dans la pile des cadeaux de Noël et je ne sais pas pourquoi, puisque je n’ai lu aucune quatrième de couverture, c’est vers Comme un chien, dont je vous parle aujourd’hui, que je me suis tournée.

Au départ, je me suis demandé où la copine qui m’a offert ce livre m’avait envoyée. Patricia et Bart sont les heureux parents de Robbie et Delia, des jumeaux. Delia est une petite fille talentueuse, qualité que ses parents utilisent depuis son plus âge, enchaînant les auditions, les photos et les rôles. Alors que la petite fille décroche le second rôle d’une Sitcom avec à sa tête une star du genre, au cœur de la famille, tout ne se passe pas aussi bien. Une drame qui va toucher Delia et sa chienne hors norme, Caiti, va venir noircir le tableau, remettre en question la célébrité de la petite fille et faire imploser la famille jusqu’à l’ultime dénouement qui dégouline de noirceur… mais pas seulement.
Alors c’est vrai, au départ, même si je lisais ce livre avec entrain et aisance, je n’étais pas totalement certaine d’adhérer sur le long terme. La famille heureuse et parfaite, l’enfant prodige, la chienne bien plus intelligente que la moyenne, n’auraient pas tenu sur le long terme. En définitive, ce livre est bien plus que cela, même lorsqu’il dépeint le bonheur presque parfait de la famille Cross. Et c’est ce « presque » qui, dès le départ, a fait la différence et a rendu ce livre très prenant. Et forcément, lorsque les choses se sont gâtées, allant crescendo dans le drame et la noirceur, lorsque les vrais visages se sont enfin montrés alors qu’on ne s’y attend pas du tout avec ce départ flamboyant, j’ai été conquise.
J’ai adoré cette famille, son histoire et son évolution. Le travail fait sur la mère et la chienne par les auteurs, m’a impressionnée tellement je ne m’y attendais pas. Je ne vais rien dévoiler, mais les personnages à la fin sont totalement différents des personnages du début, tant dans leur comportement, leurs valeurs et leur état d’esprit que dans leur façon de s’exprimer. Plus on avance dans l’intrigue, et plus ça transpire la tension jusqu’à l’explosion finale. Et non seulement, on le voit dans l’histoire, mais surtout à l’écrit, et j’ai trouvé ça formidable de le ressentir autant avec un changement de vocabulaire et de ton très intelligent. Tout comme l’effacement et la docilité de père, puis l’exclusion du fils ressortent de plus en plus à mesure que les mensonges s’entassent et que l’histoire avance.
À bien y réfléchir, l’histoire traite de sujets tous plus singuliers les uns que les autres, et j’ai trouvé que la façon dont on parle de l’utilisation des enfants à des fins financières, que cela soit conscient ou inconscient, a très bien été traitée. Il est intéressant de voir que le thème trouve aussi sa place en littérature et montre à quel point ça peut mal tourner. Il en va de même pour la médiatisation de ces enfants stars et la place des médias lorsqu’un drame surgit, et ce qu’on en fait, de ce drame. Mais tout un tas d’autres sujets gravitent autour de cette histoire, et je vous invite à vous laisser porter par cette intrigue hors norme avec en son centre, le rôle d’une chienne incroyable qui voit tout, qui sait tout, mais qui ne peux pas toujours bien l’exprimer.

En définitive, mon année 2019 se clôt sur du très bon. Moi qui n’avais jamais lu Jack Ketchum (mais avais très envie de le faire), cette première expérience m’a convaincue d’aller mettre mon nez dans la bibliographie de l’écrivain.
Comme un chien est un livre qui ose et prend des risques. Poignant et déstabilisant parfois, il raconte une histoire que je n’ai jamais vue ailleurs, avec des personnages authentiques et rares – le chien est presque le personnage principal – et une intrigue qui vacille entre deux opposés, à la fois beau, à la fois dramatique, tout en grattant des choses que d’autres écrivains n’auraient certainement pas oser faire, notamment avec le personnage de la mère que je trouve atroce, mais que j’ai adoré trouver atroce !
Entre émotion et drame, Comme un chien est un incroyable roman qui plante ses crocs dans la peau et le cœur du lecteur afin d’y laisser une profonde marque indélébile.

2 commentaires sur « Jack Ketchum et Lucky McKee – Comme un chien »

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