Cécile Coulon – Trois saisons d’orage

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, 
Trois saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.
Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection – la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l’homme et la nature –, qui sont les battements de cœur du très grand succès que fut Le Roi n’a pas sommeil.


Il y a une sortie qui a marqué mes déambulations sur les réseaux sociaux en cette année 2019 : Une bête au paradis de Cécile Coulon. Au sujet de ce livre, j’ai lu beaucoup de choses, des avis les plus enthousiastes aux retours les plus mitigés, voire carrément négatifs. Mais peu. Si je n’ai pas cédé à la tentation, c’est parce que je me souviens d’une couverture similaire, d’un livre publié chez la même maison d’édition – L’Iconoclaste – que je n’ai pas du tout aimé. Pourtant, j’entendais du bien de Cécile Coulon et avais très envie de la découvrir. Je me suis donc tournée vers un roman dont beaucoup de gens ont parlé, le mentionnant même dans les retours sur Une bête au paradis : Trois saisons d’orage.

Avant tout, je tiens à appuyer là où ça fait du bien : l’écriture. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Cécile Coulon, et je la relirai sûrement pour cette raison-ci. Au départ, j’ai beaucoup aimé ce que j’ai lu. Très agréable surprise. J’ai eu droit à une écriture très arrondie et poétique et, malgré l’utilisation de phrases (trop) courtes pas toujours justifiées, on peut dire que j’ai accroché. Je suis entrée aux Fontaines et dans les Trois-Gueules comme si j’y avais toujours vécu, avec des passages sonnant justes et joliment dits. L’aura du bouquin, ce que j’en attendais ainsi que les débuts m’ont fait penser que je tenais un très bon bouquin entre les mains. Je ne serais pas étonnée que de nombreux lecteurs aient adoré ce roman. Vraiment pas. Et pourtant, j’ai failli laisser tomber un peu avant la moitié du livre et en définitive, mon avis est très mitigé.

Le plus gros souci de ce livre, c’est qu’il ne parle pas de ce dont il nous fait croire qu’il parle.

Si j’ai pris l’habitude de ne pas commencer la lecture des livres dont je me souviens de la quatrième de couverture lorsque je l’ai lue (puisque j’essaye aussi de ne plus lire les quatrièmes et de fonctionner au feeling : ça me réussit plutôt bien), c’est exactement pour que, ce qu’il s’est passé avec Trois saisons d’orage, n’arrive pas.
J’ai commencé à lire ce roman en pensant avoir oublié la quatrième et il s’est avéré, en cours de lecture, que non. J’avais encore en tête les mots « Histoire » et « nature », et le fait que j’allais être confrontée à une « vision de XXe siècle ». Au début du roman, campagne et ville semblent être opposées pour des raisons qui ne seront jamais développées ; si la nature prend une certaine place au départ et que l’autrice décrit avec brio les paysages, les gens, les villes, très vite elle ne le fait plus ; pareil pour l’exploitation de la nature et les bienfaits pour un village perdu de ce genre d’entreprise qui fait vivre toute la population environnante, ou presque : au départ on en parle beaucoup et bien, et finalement, ça s’estompe puis disparaît. Pourtant, j’avais imaginé tout un tas de scénarios à partir de ça, qui auraient pu englober l’Histoire, ce coin perdu moitié enfer moitié paradis, la nature et le XXe siècle. Ça aurait pu être passionnant et intéressant. Il n’en fut rien.
Cécile Coulon, malheureusement, ne raconte que la vie personnelle de ses personnages et flirte très, très souvent avec la romance au détriment de tout le reste. Les rencontres, les flirts, les mariages, l’amour, les enfants… tout ça prend énormément de place et l’intrigue ne tourne qu’autour de la réunification de deux familles au bout de la troisième génération, avec l’union des deux enfants. En définitive, Trois saisons d’orage est mignonnet ; on y parle sentiments amoureux, douleur, déception, amour interdit, séparation… mais pour l’Histoire, la nature et la vision du XXe siècle, on repassera, ce ne sont pas du tout les sujets. « La campagne opposée à la ville » et « La lutte entre l’homme et la nature » de la quatrième sont totalement absentes, ou pas du tout développées ni expliquées dans le bouquin. Finalement, ce roman pourrait être un roman terroir doublé de sentimental, ce qui n’est clairement pas annoncé.

En définitive, Trois saisons d’orage n’est pas un mauvais roman. Il est bien écrit et même si l’histoire ne m’a pas passionnée plus que ça, j’ai tout de même pris beaucoup de plaisir à lire certains passages, à rencontrer certains personnages et à découvrir leur destin. Et puis surtout, il n’y a rien à reprocher à cette intrigue qui relèverait de l’incohérence, de l’invraisemblance, du déjà vu ou un manque d’originalité. Non, cette histoire est très bien construite et racontée malgré quelques répétitions, mais ce n’est pas le genre d’histoire que j’aime, tout simplement.
Là n’est donc pas le plus gros souci pour moi. Le problème c’est qu’on m’a annoncé des choses sur la quatrième que je n’ai pas vraiment retrouvées dans le roman et finalement, j’ai toujours été dans l’attente de quelque chose, notamment concernant cette histoire de trois générations confrontée à l’Histoire, et de la vision du XXe siècle. Je me suis fait une idée de ce que j’allais lire et ce n’est pas ce que m’a proposé l’autrice, ça arrive. Et surtout, ça n’enlève en rien l’écriture que j’ai vraiment beaucoup aimée et qui a empêché l’abandon alors que j’y avais sérieusement pensé un peu avant la moitié du roman. J’ai persisté et j’ai avalé une bonne partie de la seconde moitié d’une traite, même sans être transportée par l’histoire. Preuve, pour moi, qu’il y a du potentiel chez Cécile Coulon et du coup, je me demande si je ne vais pas tenter son petit dernier… Cette lecture, en revanche, ne restera pas la meilleure que j’ai lue, mais je le rappelle, le fait d’avoir eu des attentes liées à la quatrième de couverture a évidemment beaucoup joué. C’est dommage car j’ai trouvé une vraie qualité d’écriture dans ce livre, mais l’histoire ne m’a pas convaincue.

6 commentaires sur « Cécile Coulon – Trois saisons d’orage »

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