Patricia Gibney – Ceux qui ont disparu

Un matin, le cadavre d’une femme est découvert dans une église. Plus tard, c’est son collègue de travail qui est retrouvé pendu à un arbre. L’affaire semble entendue : l’assassin s’est suicidé.
Mais l’enquêtrice Lottie Parker ne croit pas à cette conclusion trop facile. Les deux cadavres portent le même tatouage distinctif sur la cuisse et l’homme n’a vraiment pas le profil d’un meurtrier. Peu à peu, les indices mènent Lottie jusqu’aux portes de l’ancien orphelinat de Saint-Angela.
Dans ce lieu de sinistre mémoire, des années plus tôt, des enfants sont morts de maltraitance.
Au fur et à mesure de ses investigations, Parker se sent épiée, surveillée. Et, une nuit, un homme l’attaque en murmurant ces mots, terrifiants : « Pensez à vos propres enfants ». Désormais, ce n’est plus seulement une enquête, mais une question de survie…


En terminant Ceux qui ont disparu je me suis dit que je n’allais pas en parler. Je ne savais pas trop quoi en dire tant il y avait de choses à étaler, d’exemples à donner, d’explications à fournir. Il y avait du bon à mettre en avant, du moins bon aussi, et même des doutes à exprimer. Finalement, la frustration a pris le dessus et mon besoin d’expulser tout ça a eu le dernier mot. Parlons donc de Ceux qui ont disparu, un livre qui m’a refroidie, puis plu et finalement déçue. Mais pas de panique, j’ai synthétisé mon avis afin d’éviter un joyeux bordel.

🗨
Ils pensaient que le passé était derrière eux. Ils avaient tort.

Partie 1 : Les imperfections et la traduction.

Ce qui m’a le plus dérangée au départ et qui a valu un premier abandon la première fois que j’ai voulu lire ce livre, c’est la qualité de l’impression (Éditions France Loisirs). Disons que c’est un peu aléatoire ; certains mots sont nets et d’autres un peu moins. Les lettres sont parfois coupées, les mots illisibles et j’ai dû deviner certains. La gêne était très prononcée au départ, mais elle s’est finalement dissipée par habitude, puis parce que l’impression était meilleure – mais jamais parfaite.
Ensuite, il y a eu les dialogues qui ont manqué d’authenticité et sur lesquels j’ai beaucoup accroché à cause des incises scolaires. Pour éviter de dire trop de bêtises ou de m’acharner sur l’autrice, j’ai été vérifier l’extrait de la version originale disponible sur Amazon, histoire de me faire une idée sur l’origine du problème : l’autrice ou la traductrice ? Sur ce point-là, la traduction est conforme au texte original, voire mieux puisque Patricia Gibney se contente du verbe dire dans ses incises, alors que la traductrice a varié les mots (dire, lancer, s’exclamer…)

Avec le temps et en prenant l’habitude de lire le style Gibney, j’ai trouvé l’écriture parfois étrange, même en dehors des dialogues. Autant il y a des passages qui coulent et qui entraînent le lecteur dans l’histoire, autant parfois, j’ai tordu le nez. C’est une phrase ici ou là qui est en contradiction ou en décalage avec le ton ou l’ambiance, ou inapproprié voire parfois hors sujet parce que sans transition. Ça ne relève ni de la faute, ni de l’invraisemblance ou de l’incohérence ; ça sonne juste bizarre dans la situation concernée. J’ai un exemple très précis que j’ai noté, parce qu’au bout d’un moment, c’en était trop et qu’il fallait que j’en parle. J’ai donc partagé l’extrait le plus représentatif sur Facebook, et je le repartage ici pour bien qu’on saisisse le souci. Attention, le sujet est étonnement d’actualité : on va causer dinde et farce dans un contexte d’enlèvement et de séquestration…

🗨 Jason Rickard se réveilla au son de grattements qui semblaient provenir du plafond. Il tenta de s’asseoir. Impossible. Ses mains et ses étaient liés avec une corde tendue sur son torse et enroulée autour de son cou. Son corps fut parcouru de tremblements. Merde, merde et merde ! Qu’est-ce qui s’était passé ? Il tenta de ressembler ses souvenirs, mais son esprit semblait vide.
Il bougea légèrement le cou pour voir ce qu’il y avait autour de lui. Rien. Du noir. Une obscurité totale. Il tourna la tête. La corde se tendit autour de sa forge. Une douleur lancinante irradia dans son oreille, comme si un scarabée creusait dans le conduit auditif, puis elle se propagea à son cerveau. Il réalisa qu’il était ficelé comme une dinde de Noël.
Ce n’était pas une farce.
C’était sérieux ! Il était dans la merde.
Il relâcha ses muscles sur le plancher froid et tenta d’appeler à l’aide, au lieu de quoi il éclata en sanglots.
Il voulait sa mère.
Il voulait Katie.
Il voulait tuer son salaud de père.

Comme je trouvais tout ça vraiment inapproprié et parce que j’ai eu certains avis sur Facebook de personnes qui, comme moi, étaient surprises par ce « jeu de mot » dans ce contexte, j’ai acheté l’ebook en version originale, pour comparer ces deux passages.
Car encore une fois, je ne voulais pas m’acharner sur l’autrice si le problème venait de la traduction. Allez savoir pourquoi, j’ai fait une fixation sur la traduction de ce bouquin ; je ne la sentais pas, j’avais des doutes sur la qualité et la justesse. Vraiment, il y a des phrases que j’aurais tournées différemment pour les rendre plus agréable à la lecture et à l’oreille ou cohérente avec le ton et l’ambiance du paragraphe, alors que dans le texte j’ai parfois eu l’impression d’une traduction mot à mot.

🗨 (…) He realised he was trussed up like a Christmas turkey.
This was no prank.
This was serious shit. (…)

Et donc non, pas de jeu de mot dans la version anglaise ; prank c’est notre canular à nous, on pouvait donc éviter le terme « farce » qui, associé à la dinde de Noël (Christmas turkey), est complètement à contre-courant du ton de la scène.
Alors là ça peut faire sourire et on peut se dire que c’est juste une maladresse, une petite maladresse de rien du tout, mais il y en a suffisamment eu pour que ça m’ait dérangée et parfois, que ça ait ralenti mon rythme de lecture si bien que j’ai mis un temps fou à lire ce livre alors que l’histoire me plaisait plutôt bien. Enfin… jusqu’au dénouement.

Partie 2 : La touche positive

En définitive, je n’étais pas tant surprise que ça par la forme car déjà à la première tentative de lecture, j’avais abandonné pour les mêmes raisons. Et du coup, je ne m’attendais vraiment pas à être prise par l’histoire, j’avais même anticipé un second (et dernier) abandon. Et en fait non, j’ai quand même voulu savoir : c’est ce qui m’a fait rester.

Le corps d’une femme est retrouvé dans une église. L’enquête est confiée à Lottie Parker et à son équipe qui se voient confier une seconde mort suspecte, celle de James Brown (aucun rapport avec le chanteur) dont les premières conclusions penchent vers le suicide. Les deux victimes se connaissent, travaillent ensemble et un mystère morbide qui remonte à l’enfance semble les relier. Un sac de nœuds que Lottie va devoir démêler, quitte à se mettre en danger, elle et sa famille.
Ce qui m’a le plus convaincue dans ce roman, c’est le déroulement de l’affaire qui, peu à peu, remonte aux années 1970 et mêle l’enfance des personnages, la religion et un orphelinat. Cependant, il n’y a rien de fondamentalement novateur dans ce roman, rien de nouveau ou d’original, mais ça fonctionne quand même. Ce qui relie les têtes qui tombent et les suspects, m’a tenue en haleine et a permis que j’aille jusqu’au bout, parce que j’avais envie d’avoir les détails. Sans ça, j’aurais abandonné ce roman, c’est certain.
Et finalement, j’ai su. Si j’ai pris beaucoup plus de plaisir à lire un bon quart du roman après avoir atteint la moitié du livre, la fin m’a laissée pantoise. Tout ça pour une banale histoire de vengeance mille fois vue et qu’on voit arriver à quinze kilomètres ? La fin n’est pas mauvaise, elle est simplement à l’image de mon avis : mouais, bof.

Partie 3 : La conclusion

Difficile de dire où je me situe. Le texte est imparfait ; les dialogues et la traduction auraient mérité d’être peaufinés. Quant à l’impression, ce n’est pas de chance mais qu’est-ce que c’est désagréable en plus de fatiguer les yeux… Il y a des passages qui se lisent tout seuls et d’autres un peu plus lents et moins prenants, à cause de l’écriture ou la traduction.
Pour l’histoire, bien qu’on soit dans du cliché encore une fois avec ce policier (voir ma chronique sur Am Stram Gram), l’histoire est plutôt agréable même si l’ensemble est peu surprenant. Il y a du bon dans ce livre ; il est bien construit, le suspense est approprié et maîtrisé, et il y a de bonnes idées. Seulement, les dialogues sont moyens, la traduction aléatoire, l’impression (de mon livre) dégueulasse et la fin décevante comparée aux efforts mis en œuvre pour l’amener. Les personnages, excepté Lottie, sont quelconques et on ne s’attache à pas grand monde. Je ne lirai sûrement pas la suite et pourtant, avant de découvrir le dénouement, j’avais prévu de me prendre la suite, au moins pour en apprendre plus (peut-être) sur les personnages. Finalement, le temps a passé, et je ne me suis même pas intéressée aux autres parutions françaises de l’autrice.

4 commentaires sur « Patricia Gibney – Ceux qui ont disparu »

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