M.J. Arlidge – Am Stram Gram (série Helen Grace (1))

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d’une piscine vide dont il est impossible de s’échapper. À côté d’eux, un pistolet chargé d’une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message :  » Vous devez tuer pour vivre.  » Les jours passent, la faim et la soif s’intensifient, l’angoisse monte. Jusqu’à l’issue fatale. Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n’avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire. Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.


Des personnages séquestrés qui s’évadent, débraillés, affamés, épuisés : la situation de départ d’Am Stram Gram a aussitôt eu toute mon attention, d’autant plus que le roman est construit avec des chapitres très courts, et que j’ai une tendresse pour les chapitres courts quand l’intrigue s’y prête, bien sûr. Aujourd’hui, je vous parle d’Am Stram Gram de M.J. Arlidge, le premier livre d’une série qui ne fait pas forcément l’unanimité.

J’ai toujours du mal à écrire mes chroniques ou à donner mon avis sur mes lectures policières parce que je n’ai pas encore précisément cerné mes goûts avec ce genre-là. Lorsque j’apprécie un roman policier pour sa plume ou son caractère original, il est simple pour moi de le formuler. Mais lorsque ni l’un ni l’autre ne font partie des arguments prépondérants qui font que j’ai aimé, c’est plus compliqué. C’est un peu le cas avec Am Stram Gram que je ne peux vendre comme un super roman policier qui envoie du lourd ou casse les codes. Parce qu’en réalité, il fait tout l’inverse. Cependant ça ne m’a pas déplu pour autant, au contraire, ce livre est une de mes meilleures lectures policières de cette année : j’ai adoré.

Ce roman regorge de clichés que l’on trouve dans beaucoup trop de romans policiers : personnages (très) torturés, alcooliques, divorcés, toujours en équilibre instable qui laisse penser, à raison, qu’à un moment donné ça va pencher du mauvais côté ; des passés tumultueux, violents, mystérieux qui ont forgé les personnages et les ont donc rendus torturés, alcooliques, divorcés… ; une histoire de coucherie entre flics ; le supérieur inaccessible qui fait baver d’envie un personnage de hiérarchie inférieure ; le tueur en série ; la journaliste insupportable ; la taupe, la vengeance, la corruption, le sexe, l’alcool… Bref, on a droit à tout ce que j’ai pu croiser dans les divers romans policiers que j’ai lus, et avec d’autres livres que celui-ci, j’aurais trouvé ça insupportable.
Sauf qu’en commençant Am Stram Gram, j’ai très vite su que ça allait me plaire, malgré le côté classique et conventionnel de l’intrigue. En réalité, l’association de ces faits et/ou détails dits « clichés » ou tout du moins habituels dans ce genre-là (voir tout ce que j’ai énuméré au-dessus), a créé quelque chose de différent et de passionnant à lire. Dans cette histoire de femme qui enlève et enferme un duo de personnages – dont un doit tuer l’autre pour survivre et être libéré -, entrecoupé par l’enquête, ce que j’ai vraiment aimé, ce sont les personnages. Et ça change énormément de choses que les protagonistes soient consistants et marquants dans un roman qui ne révolutionne pas du tout le genre, mais finalement l’aborde de façon différente avec une pointe de fraîcheur.
J’ai profondément aimé Helen Grace, l’héroïne de cette série et c’était essentiel que la rencontre fonctionne pour que je lise la suite. Son histoire, sa douleur, son vécu, en somme son côté torturé, m’a beaucoup touchée et surtout, m’a intriguée. Je me suis attachée à cette femme aux faiblesses indéniables, et toutes les révélations concernant sa vie et la façon dont elle gère sa propre souffrance m’ont scotchée, tant ce personnage baigne dans la noirceur et l’autodestruction. En refermant le bouquin, j’avais envie d’ouvrir sa suite pour en apprendre d’avantage et surtout, ne pas quitter ce personnage. Mais Helen n’est pas le seul personnage aux côtés obscurs prononcés puisqu’il y a quand même dans ce roman, un côté très noir dans le développement et le vécu de tous les personnages qui remue, pour peu qu’on s’attache à eux. Et finalement, avec ce procédé, même le personnage le moins important de l’intrigue a tout de même un minimum de consistance et d’intérêt. Et de ce fait, l’enquête et sa résolution m’ont intéressée parce que j’étais dans l’histoire, même si l’enquête est passée au second plan tant j’ai eu l’impression d’être submergée par le reste. Effectivement, Am Stram Gram est un roman policier mais vraiment pas que, et tout ce qui fourmille autour de ce genre aux codes précis, rend le roman très réussi à mes yeux.

Am Stram Gram fait un peu dans le sensationnel et dans le conventionnel, certes. Cependant, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre, à suivre l’enquête, à faire connaissance avec les personnages, à les aimer et les accompagner, et à découvrir le dénouement, malgré les nombreux clichés du genre. Ce livre fait partie de mes meilleures lectures de 2019 dans le genre policier, c’est indéniable. Je me plongerai avec grand plaisir (et beaucoup d’attentes sûrement) dans le livre suivant de cette série.

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