Jérôme Loubry – Les refuges

liv-20915-les-refugesInstallée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d’aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte.
Lorsqu’elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d’habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l’image que Sandrine en a.
Pourtant, l’atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu’un les terrifie. Mais alors pourquoi aucun d’entre eux ne quitte-t-il jamais l’île ?
Qu’est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ?
Qui était vraiment sa grand-mère ?
Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tard, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d’un sang qui n’est pas le sien…


Les refuges, de Jérôme Loubry. Quelle surprise de chroniquer ce bouquin que je n’avais même pas prévu d’acheter. Il faut dire que je pensais que la première expérience que j’ai eue avec l’auteur – Le douzième chapitre↗ –, serait la dernière. Il y a des auteurs à qui je donne plusieurs chances avant de laisser tomber pour de bon (Niko Tackian et Henri Loevenbruck par exemple) et d’autres que je suis à peu près certaine de ne jamais relire – comme Jérôme Loubry -, même si j’ai bien aimé ma première expérience comme avec Jacques Expert ou Jean-Christophe Grangé. Parfois, il m’arrive d’être certaine qu’un auteur ne m’apportera rien de plus avec un autre livre, peu importe ce que j’ai pensé de ma lecture, alors je ne force pas. Jérôme Loubry fait partie de ceux-là. Ce que j’ai lu n’était pas mauvais, mais ça ne me correspondait tout simplement pas. Malgré tout, la curiosité et l’enthousiasme général l’ont emporté et j’ai donc lu le dernier Jérôme Loubry.

Les refuges et moi avons mal commencé notre apprivoisement mutuel. La première partie, hormis le pan après-guerre que j’ai adoré, avait beaucoup de choses qui m’avaient déjà déplu dans Le douzième chapitre, et d’autres nouvelles.
Dans le désordre : des mots en trop (« face à aux ruines » p.18 par exemple, et il y en a quelques autres dans le roman) ; des personnages qui font souvent des choses « sans s’en rendre compte » et à la longue ça devient très répétitif ; quelques clichés et des tentatives dans l’écriture de l’auteur qui ne me parlent pas du tout et me font lever les yeux au ciel. Je comprends l’idée, je pige les tentatives mais je n’y adhère pas du tout, comme je n’adhère pas à ce besoin de parfois forcer les comparaisons ou les descriptions. Bref, l’écriture n’est pas ce que j’ai préféré chez l’auteur et, une nouvelle fois, ce n’est pas ce qui m’a le plus marqué ici.
Dans la construction, j’ai là aussi retrouvé du Douzième chapitre : l’alternance temporaire passé/présent (bien mieux réussie dans Les refuges je trouve), les personnages similaires (un écrivain dans l’un, une journaliste dans l’autre) et le fait que dans les deux, se soit quelqu’un ou quelque chose qui raconte (un manuscrit dans Le douzième chapitre, un professeur dans Les refuges).
J’ai donc pensé que j’allais avoir droit à la même tambouille que j’avais moyennement bien digérée la première fois, et bien que j’aie beaucoup aimé le pan après-guerre de la première partie, j’ai été globalement peu convaincue. Perdu pour perdu, j’ai enchaîné avec la seconde partie, ou « balise » comme l’appelle Jérôme Loubry, sans conviction ni aucune attente. Sauf que je suis allée un peu vite en besogne.

Avec la deuxième partie, on abandonne totalement l’après-guerre et l’île sur laquelle Sandrine (le personnage journaliste) s’est rendu suite au décès de sa grand-mère qu’elle n’a jamais connue, pour se retrouver dans une enquête très légère, et je ne dévoile rien : tout est dit dans la quatrième jusque-là. Après, c’est au lecteur de découvrir ce qu’il va advenir de Sandrine retrouvée sur la plage et couverte de sang, mais c’est un changement radical par rapport au début de ce roman. Bien sûr, j’ai retrouvé quelques petits défauts cités ci-dessus, mais beaucoup moins de platitude dans l’intrigue, moins de « fausses bonnes idées » dans l’écriture et beaucoup plus d’interrogations et de mystère, ce dont beaucoup de lecteurs ont parlé. Alors je n’irai pas jusqu’à dire que l’auteur m’a intelligemment perdue, parce qu’il faut que l’écriture me plaise énormément pour me perdre totalement, mais le petit effet de la seconde partie qui remet entièrement la première en question a fait son petit effet quand même, et là je me suis laissée séduire un peu plus facilement parce que j’ai enfin senti du potentiel. Et du potentiel, ce livre en a. On ne se rend pas compte de tout sur l’instant, mais une fois le livre refermé, on se prend la complexité de l’intrigue en pleine face et la construction à niveaux avec laquelle l’auteur n’avait pas intérêt à s’embrouiller.
Je ne vais donc pas allée plus loin que ça concernant l’intrigue puisqu’il serait dommage de spoiler la direction que prend le bouquin. Je vais donc clore ma chronique avec une conclusion qui va résumer l’ensemble de mon expérience : bonne, sans plus. Ben ouais, malgré les bons points et une originalité certaine, Jérôme Loubry continue de faire du Jérôme Loubry et ça ne prend pas complètement avec moi.

Pas de grigri dans le ventre, pas d’étoiles dans les yeux, le livre s’est laissé lire mais c’est tout, même si je reconnais que ce bouquin se démarque beaucoup dans le monde du thriller tant par sa construction que les sujets traités (ah le système de balises et de refuge, c’était chouette et bien complexe !) Je m’attendais à bien pire que ça, or j’ai tout de même apprécié la lecture en elle-même et quelques pans de l’intrigue. En revanche, je suis loin de l’enthousiasme général autour de ce livre. Comme la dernière fois, l’écriture ne m’a pas convaincue, mais l’histoire est bien construite, et en plus, utilise moins de facilités et est plus originale. Cependant, je ne suis plus tellement réceptive à ce genre de thriller pas assez brumeux et dense pour moi concernant ce genre d’histoire. Ce n’est pas le genre de livre que je vais aller déconseiller, bien sûr. Évidemment qu’il plaira aux lecteurs friands de thrillers, et bien sûr qu’il est audacieux, mais déjà l’année dernière, je commençais à patiner avec ce genre de thrillers et ça se confirme avec ce bouquin que j’aurais voulu adorer comme les copains, mais qui ne restera qu’une lecture agréable pour moi.
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5 commentaires sur « Jérôme Loubry – Les refuges »

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