Maxime Chattam – L’âme du mal

41t5DDx9W7L._SX303_BO1,204,203,200_Abandonnés au fond de la forêt ou de hangars vétustes, des cadavres comme on n’en a jamais vu, mutilés de façon rituelle, porteurs de messages cabalistiques semblables à ceux que laissait derrière lui le bourreau de Portland, avant qu’une balle dans la tête ne vienne à bout de sa carrière… Le tueur serait-il revenu d’outre-tombe ? S’agit-il d’une secte particulière qui prélève toujours les mêmes morceaux du corps de ses victimes pour d’étranges cérémonies ? Des bibliothèques ésotériques aux égouts de la ville, l’inspecteur Brolin et une jeune étudiante en psychologie plongent dans une enquête infernale, tandis que la police scientifique et la médecine légale se perdent en conjectures. Et peu à peu, des brumes mystérieuses de la Willamette River va surgir un secret effroyable que nos deux limiers devront affronter au péril de leur âme.


Cette chronique risque de chatouiller les inconditionnels de Chattam et les personnes qui pensent que, si on n’a pas lu un livre entièrement, on ne peut en faire une critique légitime. Le ton est donc donné, on part sur un avis en demi-teinte.

Je n’ai pas aimé L’âme du mal dans son entièreté car, comme je le redoutais parce que c’est un livre épais et que les livres épais ont une chance sur deux d’avoir des pages superficielles, ce livre possède ce genre de passages que je juge inutiles à l’avancée de l’intrigue et à mon immersion. Je n’ai pas besoin de détails descriptifs pour visualiser une pièce, un personnage ou une scène, et ce n’est pas ce que je recherche dans un livre, ça ne me fait pas vivre une histoire plus intensément, au contraire. J’aime que l’auteur me laisse une certaine liberté et surtout, qu’il ne m’embête pas avec des paragraphes entiers qui auraient pu sauter sans que ça ne change quoi que ce soit. Par exemple, une page et demi pour introduire un institut médico-légal et décrire le trajet d’un personnage, de l’entrée jusqu’à la salle dans laquelle il a rendez-vous avec un médecin, est totalement inutile à mon goût : je n’aime pas flâner dans les romans ni stagner dans les intrigues, je l’ai toujours dit. Bon ben, on est un peu mal tombé ici parce que des passages qui auraient pu sauter, il y en a en pagaille.
Alors effectivement L’âme du mal est épais, a du superflu et du coup, est lent à avancer et long à lire, même si je ne m’en suis pas rendu compte aussitôt. Il a fallu attendre la moitié du bouquin, soit environ 300 pages, pour que je commence à sauter les passages superflus de descriptions (dans ce que le terme a de plus large) et quasiment toutes les scènes de Juliette et de flirts que j’ai trouvés insupportables. Je me suis contentée des premières phrases de chaque paragraphe – ou d’un paragraphe sur trois quand vraiment j’en avais rien à faire -, des dialogues, et des chapitres axés sur l’enquête et ça l’a fait.

Parce que L’âme du mal, ce n’est pas uniquement des passages que je juge inutiles, c’est aussi et surtout beaucoup de noirceur assumée par l’auteur, qui avoue en préambule avoir été fouillé dans ce qu’il se fait de pire du côté de l’âme humaine. Alors évidemment, outre la psychologie du tueur, on y trouve du gore, des démembrements, de l’acide et du sale. Mais attention, pas que ! Et là est toute la différence entre certains romans/thrillers gores faits pour attirer les lecteurs qui se délectent du crado en se léchant les babines (parce qu’on aime quand même un peu ça), et ce livre dont l’intrigue tisse sa toile autour d’un tueur en série (et d’un copycat) très à cheval sur le crade dégueulasse (et la folie). Mais ce roman ne se cantonne pas du tout à cela.
D’abord, il y a beaucoup d’éléments dans l’histoire et beaucoup de personnages – victimes, tueurs, témoins, flics, machine judiciaire, médecins – qui habillent l’intrigue et permettent à l’auteur de se détacher du côté thriller/policier pour développer d’autres choses dans la vie personnelle et professionnelle des différents protagonistes. Ensuite, il y a l’enquête en elle-même, ses avancées, ses différentes étapes (et une autopsie ! J’adore les autopsies !), ses déductions et sa conclusion. Mais il y a surtout l’inspecteur Joshua Brolin, personnage lumineux et sombre de ce roman que j’ai adoré dès que je l’ai croisé dans ce livre. Vous le savez peut-être, tout ce qui est profileur, j’adore ça et dès lors qu’un roman a un profileur dans son intrigue, il a toute mon attention. Tout n’est donc pas à jeter dans L’âme due mal.

J’ai plutôt bien aimé ce roman même s’il aurait été bien meilleur à mon goût sans toutes les pages et les passages que j’ai sautés en prenant le risque de rater un cadenas qui s’ouvre ou une déduction qui fait avancer l’histoire. Ayant tout compris à l’intrigue et ayant obtenu toutes mes réponses en refermant le livre, je suppose n’avoir rien raté d’essentiel : on en déduit ce qu’on veut.
Je trouve dommage que le reste ait été terni par le superflu parce que l’enquête est d’une qualité rare, avec plein d’explications que l’auteur n’a sûrement pas pris de nulle part, mais auprès de professionnels ; en tout cas ça en a l’air même si je ne peux le vérifier : je n’ai pas les connaissances nécessaires. Ce livre a du potentiel concernant la suite, il promet une œuvre globale très intéressante, mais je ne suis franchement pas sûre de retenter l’auteur ni de lire la suite. Tout se fera ou non avec le temps.

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3 commentaires sur « Maxime Chattam – L’âme du mal »

  1. Je l’ai lu en vacances et j’avais beaucoup apprécié, du coup je suis assez surprise de lire qu’il faisait 600 pages ! Je ne m’en étais absolument pas aperçue ! (Je l’ai lu en numérique, donc force son épaisseur n’était pas visible !).
    Mais j’admets que je suis toujours meilleur public en vacances !

    Aimé par 1 personne

    1. Beaucoup de lecteurs l’ont apprécié 😁 Il faut dire que je fais une fixation sur l’épaisseur des livres parce que j’ai eu quelques mauvaises surprises avec les pavés concernant les longueurs et lenteurs. Ça reste un bon bouquin cependant, dans l’ensemble 😊

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