Chloe Benjamin – Les immortalistes

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New York, été 1969. Pour tromper l’ennui, les enfants Gold vont consulter une voyante capable de prédire avec exactitude la date de leur mort. Varya, Daniel, Klara et Simon veulent savoir de quoi demain sera fait. Mais ils sont loin de se douter de ce qui les attend.
Des années plus tard, hantés par la prophétie, leurs choix de vie sont radicalement opposés.
Et lorsque le premier d’entre eux trouve la mort à la date annoncée, les trois autres craignent le pire. Doivent-ils prendre au sérieux cette prémonition ? N’est-ce pas la puissance de l’autosuggestion qui les pousse à s’orienter irrémédiablement vers leur mort ?


Difficile d’exprimer ce que l’on pense d’un livre lorsqu’on a déjà eu du mal, tout le long de la lecture, à définir avec plus ou moins de précision, ce qu’on a ressenti au moment où ça se produisait. Alors l’expliquer à froid, plusieurs jours après lecture, c’est encore autre chose.

Une fratrie de quatre enfants se rend chez une voyante afin de connaître la date de leur mort. La suite, Chloe Benjamin nous la raconte en quatre parties qui correspondent chacune à un personnage, en partant de 1978 et en changeant de personnage à la mort du précédent. Autrement dit, on vit la douloureuse expérience d’accompagner des personnages pendant des dizaines de pages, on vit leur vie, on aborde des sujets graves et importants (l’homosexualité, les débuts du SIDA, le racisme, le féminisme, l’émancipation de la femme, le droit pour une femme d’occuper une place masculine, l’Histoire des juifs et des Roms, la longévité, les expériences sur les animaux, l’abandon d’un enfant…) et tout d’un coup, pouf, plus de personnage. Le lecteur devient orphelin, mais pour les autres protagonistes, la vie continue alors on doit avancer et faire son deuil très rapidement.
Ce procédé m’avait énormément plu dans Chaînes de Solène Bakowski où l’on sait dès le départ que le personnage va mourir. Autant vous dire que j’ai lu la première partie des Immortalistes avec la boule au ventre ; à la fois anxieuse et impatiente de savoir ce qu’allait faire l’auteure de son concept.

Et elle s’en est brillamment sortie même si j’ai parfois trouvé le style léger et les faits très vite expédiés, et certains passages un peu moins intéressants (et que j’ai donc trouvés longs). Cependant, je dois dire que ce livre est novateur et passionnant. Chaque personnage a sa propre façon de gérer le fait de connaître la date de sa mort et donc, de vivre le temps qui lui est imparti, même si cela veut dire le gâcher. Au centre des questions existentielles des uns et des choix des autres ; la famille. Les Gold sont autant soudés qu’ils se déchirent et chaque membre a quelque chose à apporter au lecteur. Le tout est touchant autant qu’il est déchirant, et accompagner cette famille signifie vivre le meilleur comme le pire.
J’ai été profondément touchée par certains d’entre eux, Simon et Varya notamment, et j’ai ressenti des choses jusqu’au fin fond de mon cœur, là où se cachent certains sentiments que j’étouffe et que je n’ai pas forcément su contenir avec ce roman. La lecture a parfois été éprouvante, douloureuse, les larmes que j’ai pu verser ont été glaciales et déchirantes, et finalement, la séparation avec ce livre a été compliqué et ne s’est jamais réellement produite.

Difficile d’en parler, difficile de s’en détacher, Les immortalistes est un roman qui se vit et qui ne s’explique surtout pas. C’est aussi cela qui fait sa beauté, de m’avoir tant fait ressentir (souffrir parfois, c’est vrai) et que je suis incapable d’expliquer. En définitive, on ne le quitte pas vraiment. Dire que ce roman continue de vivre bien après qu’on l’ait refermé peut sembler cliché, ridicule ou stupide, et pourtant… Chaque fois que je repense à ce livre, à sa lecture et à ce que je ressens, un nouveau sujet, une nouvelle interprétation ou une autre façon de voir les choses éclot, comme si j’avais eu besoin de tout ce temps pour le comprendre. Comme si inconsciemment, en tâche de fond, mon cerveau continuait d’analyser ce roman…

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