Stephen King – Carnets noirs (série Bill Hodges : tome 2)

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En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Rendu fou de rage par la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune, mais surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’est compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.



1978. John Rothstein, écrivain célèbre, est assassiné par l’un de ses lecteurs mécontent de ce qu’a fait l’auteur de Jimmy Gold, le personnage phare de l’œuvre de l’écrivain. S’envolent alors dans la nature, plusieurs milliers de dollars et des carnets remplis de textes inédits de l’auteur, dont la suite des aventures de Jimmy Gold, jamais publiées.
2009. Tom Saubers se rend au salon de l’emploi aux 1000 emplois assurés lorsqu’une Mercedes fonce dans le tas. On reconnaîtra bien évidemment la scène d’ouverture du premier livre de la série, Mr Mercedes. Tom fait partie des rescapés blessés. Déjà en peine financièrement, et le chef de famille désormais inapte au travail, la famille plonge. Plusieurs années plus tard, les Saubers ont miraculeusement remonté la pente et le fils, Peter, étudie désormais et assez brillamment, la littérature.
Deux histoires qui s’alternent, d’autres venant s’y greffer, et impossible de savoir où l’intrigue va nous mener. Lorsque les carnets de Rothstein refont surface en 2014, ils sont quelques-uns à vouloir s’en emparer, ou au contraire, à s’en débarrasser, quitte à tuer. Bienvenue dans Carnets Noirs de Stephen King 📓.

Difficile d’en dire plus sur l’intrigue sans spoiler, puisqu’il y a une grosse partie qui met en place l’histoire et le tournant qu’elle va prendre vers le milieu du bouquin en réunissant les deux tableaux de départ ; raconter tout ce qui se passe avant, c’est gâcher la découverte du livre. Mais il y a néanmoins quelques petites choses qui m’ont beaucoup parlée, et qui parleront à énormément de lecteurs : la littérature et la lecture. Elles prennent une place conséquente dans ce roman et sont, en définitive, le cœur de l’histoire et déclenchent tout le reste. Quand l’admiration pour un auteur et l’amour pour ses écrits poussent à la folie  et/ou à l’égoïsme, Stephen King sait parfait retranscrire les émotions et les ressentis.
Mais ce qui m’a fait aimer ce roman n’est pas tant l’utilisation de la littérature dans l’histoire, que l’histoire en elle-même et ses personnage. Concernant l’histoire, je ne pouvais être plus satisfaite étant donné la richesse de l’intrigue et les différents tableaux sur lesquels peint l’auteur, le tout porté par une écriture que je trouve plus adaptée au policier et/ou thriller, qu’au fantastique – mais ça, vous le saviez déjà si vous suivez mes chroniques. Concernant les personnages, si Peter est le personnage douceur de Carnets noirs et qu’il contraste parfaitement avec la grisaille qui l’entoure, rien n’aurait été possible sans la merveilleuse présence de Morris Bellamy dans le rôle du tueur. Tout, chez ce personnage, rend le reste plausible puisque tout part de lui. Son histoire, sa passion et son obsession sont si bien racontées tout au long du roman que ce personnage est devenu, à mes yeux, la pièce maîtresse de l’intrigue – et mon personnage préféré. Je suis assez satisfaite lorsqu’un écrivain arrive à produire un méchant légitime et crédible. J’aime beaucoup les méchants et j’ai beaucoup aimé Bellamy.

On m’avait dit que Carnets noirs, comparé à Mr Mercedes, « mouais, bof ». On m’avait dit que ce livre n’apportait rien à la série Bill Hodges, et en effet, il n’apporte rien à ce personnage, et rien de plus à l’intrigue précédente. En d’autres termes, ne vous attendez pas à trouver une suite directe, ni à retrouver Hodges tel un personnage phare d’une série : il ne l’est pas. D’ailleurs, dans Carnets noirs, il pointe le bout de son nez très tardivement, quasiment au milieu de l’histoire, son rôle n’étant totalement utilisé qu’à la fin. Et franchement, il ne sert pas à grand-chose tout du long, si ce n’est nous rappeler le tueur à la Mercedes du premier livre, élément sûrement important dans le troisième bouquin, Fin de ronde, tant on appuie dessus. Nous n’apprendrons rien de bien excitant à son sujet, ni au sujet de son équipe ; son personnage a probablement déjà été assez gratté pour le moment, et de toute façon, cela n’aurait rien apporté à l’intrigue.
Alors effectivement, Carnets noirs n’apporte rien de plus à l’intrigue précédente. Mais qu’est-ce qu’il apporte au lecteur je trouve ! Au-delà de l’intrigue, du style (même s’il y a des longueurs), des personnages et de la critique que l’on peut interpréter sur les lecteurs fanatiques d’un auteur ou d’une oeuvre, ou des lecteurs qui considèrent leur façon d’apprécier la littérature et les livres comme une vérité absolue, il y a dans ce roman des petits messages à garder, des éléments dans lesquels se retrouver en tant que lecteur, de nombreuses références (et sûrement beaucoup que j’ai ratées), et surtout, une ambiance très littéraire que j’ai grandement appréciée. Parce que c’est pas le tout de fourrer un écrivain dans un roman, encore faut-il (savoir) s’en servir, et pas simplement pour gonfler un peu son ego en sacralisant ce métier (et la lecture) – ce qui est le cas dans la plupart des romans modernes. Stephen King a su faire l’exact opposé de ce que je déteste lorsqu’un écrivain écrit sur la littérature et la lecture. Il n’a rien sacralisé, ou contraire. Il a su les retranscrire, à mon avis, à leur juste valeur, à ce qu’elles sont réellement, tout en montrant ce que la panoplie de lecteurs qui existent, peuvent en faire, ce qu’ils peuvent ressentir, comment on peut tant se projeter dans un bouquin au point d’être déçu parfois, bref, du pire au meilleur. Il y avait quelque chose à faire avec ce sujet, et King l’a fait, en brodant autour une histoire qui m’a conquise de sa première à sa dernière ligne. Probablement mon livre préféré de King pour le moment et comme pour la dernière fois, je me mets en quête de trouver Fin de ronde en grand format et d’occasion. Je profite d’ailleurs de cette fin de chronique pour remercier le généreux donateur de Carnets Noirs🖤. Tu avais raison : il m’a beaucoup plu 😉

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4 commentaires sur « Stephen King – Carnets noirs (série Bill Hodges : tome 2) »

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