David Ellis – La conspiration Kolarich

41BBFd1iKHL._SX320_BO1,204,203,200_.jpgUne jeune femme, Kathy Rubinkowski, est assassinée en pleine rue alors qu’elle rentre chez elle. Ses effets personnels et l’arme du crime sont rapidement retrouvés sur Tom Stoller, un sans domicile fixe à la santé mentale vacillante. Ce vétéran de la guerre d’Irak, atteint d’un syndrome de stress post-traumatique sévère, avoue le crime dont il ne garde qu’un souvenir très confus. Sollicité par la tante de l’ancien militaire, Jason Kolarish accepte de le représenter devant un tribunal. À première vue, la ligne de défense est toute trouvée : plaider la folie. Mais, en étudiant le dossier, Jason découvre que Kathy Rubinkowski avait en sa possession certaines informations qu’elle n’aurait jamais dû avoir, susceptibles de mettre en jeu des milliers de vies.
Pour disculper son client, l’avocat ne dispose que de peu de temps. Une course contre la montre s’engage pour assembler toutes les pièces d’un puzzle qui se révèle complexe et dangereux.


Contrairement à ce que j’ai pu lire à droite ou à gauche, David Ellis n’est le digne successeur de personne. Il est lui-même. Reconnaissable tout en étant imprévisible, et définitivement doué pour me narrer ses histoires – qu’elles me plaisent ou non. La conspiration Kolarich a mis fin à l’accumulation de livres commencés et mis de côté que j’enchaîne depuis le début du mois d’août, mais surtout depuis la lecture de La faim et la soif. Le livre a fait le boulot, bien plus que je ne l’espérais et je l’ai refermé avec un pincement au cœur.

Si j’avais énormément apprécié le personnage de Jason Kolarich, l’avocat déjà présent dans Caché, je l’apprécie encore plus maintenant que j’ai lu le second thriller le mettant en scène. Dans ce livre-ci, Kolarich hérite du dossier Stoller qui, a priori, n’offre que deux hypothèses de défense : ou bien Stoller, ancien lieutenant, a été victime d’une hallucination due au syndrome de stress post-traumatique dont il est atteint et qui lui a fait revivre une scène qu’il aurait vécue en Irak, le faisant ainsi tuer Kathy Rubinkowski ; ou bien, il l’aurait tuée, victime d’une crise schizophrénique. Indéniablement, la balance penche du côté de la folie. Problème, l’homme refuse de parler de quoi que ce soit, à qui que ce soit, et il est donc impossible pour Kolarich de baser sa défense sur les aveux ou les démentis de son client, qu’ils aient été faits à lui-même ou au médecin. Et pour cause ; il n’y en a aucun. Sans compter qu’en plus, on lui met des bâtons dans les roues. Il va donc falloir trouver d’autres moyens et en fouillant, Stoller va se révéler être un piètre coupable.
Alors certes, Stoller ne reste pas longtemps sous les feux des projecteurs puisque les investigations menées par Kolarich et son équipe vont mettre en lumière bien plus qu’un simple meurtre ; il n’empêche que ce présumé coupable est une magnifique entrée en matière qui donne l’opportunité à l’auteur d’aborder certains sujets passionnants, et qui m’a de suite coupée du monde et embarquée dans ce thriller, cette fois-ci, bien juridique.

Le cas Stoller n’est en réalité qu’une excuse pour révéler bien plus grand, bien pire, bien plus inquiétant, et permettre à l’auteur de s’étendre sur d’autres sujets ou pans de l’histoire. On se retrouve donc au cœur de la mafia, de règlements de compte, de complot et de meurtres, tout en s’en tenant assez éloigné – comprenez par là que l’on reste dans un thriller juridique et que l’on survole un peu ces univers, ce qui n’est pas pour me déplaire ; c’est sûrement cela qui a fait la différence, cette distance, puisque ce genre d’intrigue ne me séduit d’habitude pas. Force est de constater qu’à la sauce Ellis, ça passe tout seul, mais avouons-le, Kolarich y est aussi pour beaucoup.
En réalité, il s’agit-là d’un réel thriller juridique comme je les aime (en film ou série du moins), à la différence de Caché dont mon avis avait été un peu plus mitigé, notamment à cause de cette distance avec le juridique totalement absente dans La conspiration Kolarich. Cette fois-ci, on a droit à une immersion totale dans la préparation et l’élaboration de la défense de l’avocat, on enquête, on trouve des arguments, on cherche, on construit sa plaidoirie, on discute avec la partie adverse et le juge tout en grattant sous l’affaire Stoller et en s’ouvrant à autre chose de bien plus dramatique.
Mais surtout, le personnage de Kolarich est bien plus gratté et l’on découvre, à travers ce roman, un homme fragile et doux, nostalgique parfois, empreint d’une sensibilité certaine, et j’avoue avoir eu beaucoup d’affection pour Kolarich que je pensais beaucoup plus rapace, jusque dans ses relation avec les autres. À l’inverse, on assiste parfois à des scènes un peu violentes dans lesquelles le personnage semble expulser toute sa colère, colère indéniablement présente depuis le début avec ce personnage et colère totalement justifiée. Et tout ça ne le rend que plus attachant au point que je n’aurais jamais voulu quitter ce personnage qui, je pense, me parle beaucoup plus que je ne veux bien l’admettre.

Étonnement, c’est vers ce livre que j’ai été attirée lorsque je cherchais un autre roman de David Ellis, après avoir lu La comédie des menteurs. Le hasard fait que c’est le dernier que je lis – il n’y a pas d’autres traductions de David Ellis (seul) pour le moment. L’aventure se finit donc temporairement sur une très bonne note, et un bilan plus que positif. Ellis a rejoint, doucement mais sûrement, John Hart sur l’étagère qui leur est désormais dédiée à tous les deux. Il ne me reste donc plus qu’à fourrer mon nez dans le thriller juridique pour comparer, évaluer et affiner mes goûts et mes préférences. Et forcément, ça débutera par : « par rapport à Ellis, c’est plus ou moins bien ? »

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Attention avec Ellis, certains personnages sont repris d’autres livres, certains livres font référence à des événements passés dans les livres précédents, et surtout, il y a parmi ces livres une série !
Série Jason Kolarich : Caché (1), La conspiration Kolarich (3), les livres 2 (Breach of trust) et 4 (The last alibi) ne sont pas traduits.
Pour le reste, je conseille de lire dans l’ordre de parution à savoir « La comédie des menteurs » d’abord, puis « Seize ans après » qui reprend un personnage secondaire du premier, qui sont pour le moment, les seuls traduits.
Il existe également quelques romans coécrits avec James Patterson que je n’ai pas encore lus.thumbnail (3)

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