Stephen King – Mr Mercedes (série Bill Hodges : tome 1)

51Bk3TVNu0L._SX319_BO1,204,203,200_« Je crois qu’il y a plein de gens qui rêvent de faire ce que j’ai fait… La seule différence, c’est que moi, je l’ai vraiment fait ! »
Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d’un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s’est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces. 
Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.


Vous vous demandez sûrement ce que je vais encore avoir à reprocher à ce bon vieux King, lui qui prend relativement cher presque chaque fois que je parle de lui en dehors du blog. Vraiment, j’ai un gros souci de rythme et de style avec cet auteur, lorsqu’il fait dans le fantastique et la peur. Parce que rappelons-le, j’ai beaucoup aimé L’Outsider qui n’était pas vraiment orienté fantastique et peur. À la fin de la chronique de ce livre, j’avais d’ailleurs dit que la prochaine étape serait Simetierre et bien sûr, Mr Mercedes. Le premier n’aura même pas eu droit à une lecture complète, pourtant, j’ai poussé au maximum, j’ai été plus patiente que la patience elle-même, et j’ai finalement lâché aux alentours de la page 100. Le second, je vous en parle aujourd’hui.
Autant vous dire que l’expérience a été diamétralement opposée et que Mr Mercedes a réussi à m’accrocher dès le départ, mais alors, bien comme il faut. Parce que pour une fois avec Stephen King, l’histoire commence dès la première page et qu’il est primordial que ça débute comme cela pour avoir mon attention ; c’est une préférence personnelle très importante, à quelques exceptions près.
Ici, pas de problème puisque le premier chapitre lance l’histoire avec une scène plutôt longuette – on ne change pas le style d’un auteur -, mais qui est passée aussi vite que la Mercedes qui a joué au bowling avec les chômeurs qui faisaient la queue devant le City Center aux 1000 emplois assurés. Ce Tueur à la Mercedes, jamais appréhendé, ne va pas résister à la tentation d’envoyer une lettre à l’inspecteur en charge de l’enquête à l’époque et désormais à la retraite : Bill Hodges. L’intrigue peut débuter.

Bien sûr, elle ne se cantonne pas uniquement à ça et, connaissant un tout petit peu l’auteur, je commence à cerner le personnage et le style d’histoires qu’il est capable de construire. Le genre d’histoires avec tout un tas de sentiers battus et de tableaux, que ça me plaise ou non. Et ça, il ne m’a pas fallu longtemps pour le comprendre en lisant Mr Mercedes. D’abord, l’auteur nous offre deux points de vue dans le présent ; celui de Hodges, évidemment, et celui du tueur. Des personnages qui représentent deux pans de l’histoire qui se frôlent toujours un peu : le fameux jeu du chat et de la souris du résumé, dont le lecteur est le spectateur assis au premier rang avec un soda dans une main, le pop-corn dans l’autre. À la différence des personnages, le lecteur, petit veinard, à toutes les cartes en mains – ou presque – et connaît les intentions des uns, les espoirs des autres et les plans de tout le monde. Il assiste donc, tantôt impuissant, tantôt le sourire aux lèvres, au déroulement de l’histoire, non sans une certaine sympathie pour les uns, du dégoût pour les autres, et une certaine jubilation d’avoir un temps d’avance.
En plus de ça, Stephen King intègre à son intrigue l’enquête policière qu’a menée Hodges dans le passé (légèrement), ainsi qu’une enquête un peu moins légale du même Hodges mais retraité, dans le présent donc, qui, secoué par la lettre du Tueur à la Mercedes, a retrouvé goût aux investigations et à la traque. L’occasion pour l’auteur de nous dévoiler son personnage en nous faisant suivre sa vie privée et son quotidien, à petite dose. De quoi me satisfaire, a priori

Oui, bon, fin du suspense. Oui, j’ai adoré ce livre, voilà. Cette expérience de lecture m’a rappelé la frénésie avec laquelle j’ai englouti Seul à savoir de Patrick Bauwen qui, je m’en souviens parfaitement bien, m’avait tenue éveillée une bonne partie de la nuit, jusqu’à ce que je le finisse. J’ai été un peu plus sage cette fois-ci, c’est vrai. Il n’empêche que dès que j’ai pu grappiller une ou deux minutes le matin, le soir, et même la nuit pour manger quelques pages, je ne me suis pas privée. Et finalement, si l’épaisseur me faisait peur puisque je n’accroche pas particulièrement avec la lenteur propre à King, j’ai été soulagée de constater que l’intrigue mérite ces pages et que le rythme est rarement coupé, à peine ralenti en réalité. Voilà que Stephen King et moi commençons à nous entendre… On aura tout vu !
Mr Mercedes est un très bon roman à suspense, doublé d’un policier très réussi, dont l’intrigue tient en haleine de l’instant où nos yeux croisent le premier mot, jusqu’à la dernière phrase. Il va sans dire que l’originalité de l’intrigue et les personnalités phares et fortes du roman y sont pour quelque chose. Taillés au détail près, Hodges et Le tueur à la Mercedes sont deux personnages marquants qui font partie intégrante de l’intrigue et du décor, en somme, des éléments indispensables. Les personnages plus secondaires ne sont cependant pas mis de côté pour autant, bien au contraire ; chacun a droit à sa mise en lumière et le lecteur ne sort pas de ce livre sans ne rien savoir de chaque personnage. Le travail fait sur Holly m’a d’ailleurs beaucoup plus ; personnage plus que secondaire au départ, elle devient, peu à peu, une personnalité qui s’ouvre, un personnage qui s’impose et prend de la place puis se révèle totalement au moment où ses compétences deviennent essentielles à l’histoire. J’ai adoré ce personnage, autant que tous les autres, même le méchant !

Mr Mercedes est désormais ma meilleure expérience avec Stephen King ; ce roman avait tout pour fonctionner avec moi ; intrigue riche, personnages creusés et forts, dialogues pertinents, enquête un peu en dehors du cadre policier parfois trop strict à mon goût, un peu d’action et beaucoup de suspense… Et ça a terriblement bien fonctionné. Je me lance, de ce pas, à la recherche de Carnets noirs d’occasion, second roman de la série Bill Hodges.

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4 commentaires sur « Stephen King – Mr Mercedes (série Bill Hodges : tome 1) »

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