Samuel Western – Canyons

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Idaho, 1970. Ward Fall, sa petite amie Gwen, et Eric, le frère jumeau de cette dernière, partent chasser sous un ciel d’azur. La vie semble sourire à ces trois jeunes gens insouciants, à peine sortis de l’adolescence. Mais par un coup cruel du destin Ward tue accidentellement Gwen et anéantit ainsi à tout jamais leur avenir. Vingt-cinq ans plus tard, Ward, abîmé par l’alcool et hanté par le passé, recroise la route d’Eric. Sa rage intérieure a consumé son talent de musicien et a fait le vide autour de lui. Le moment est désormais venu pour chacun d’affronter ses démons, et Ward invite Eric à une partie de chasse dans son ranch au pied des Bighorn Mountains. Les deux hommes se préparent alors à une nouvelle expédition : Ward espère y trouver sa rédemption, Eric sa vengeance.


Parfois, il suffit de pas grand-chose pour qu’un livre atterrisse dans mon panier. Une publication Facebook, par exemple. Comme quoi, la communication sur Facebook, ça marche vraiment ! Remarquons tout de même que c’est la seconde fois que les éditions Gallmeister me font le coup, et que la dernière fois, c’était avec Satan dans le désert, que j’ai adoré. Autant dire que cette fois-ci, j’étais plutôt confiante et que j’ai ouvert ce livre quasiment dès réception. Et finalement, même si la lecture de Satan dans le désert a été bien plus intense et appréciable, Canyons se défend plutôt bien grâce, entre autres, à la simplicité de l’histoire – et je suis étonnée de dire cela.

Canyons raconte l’histoire de deux hommes qui se retrouvent vingt-quatre ans après s’être perdus de vue, Ward ayant accidentellement tué la jumelle d’Éric lors d’une partie de chasse lorsqu’ils étaient plus jeunes. Pendant toutes ces années, les deux hommes ont été rongés par deux sentiments : la culpabilité pour l’un et la colère pour l’autre. Lorsqu’ils se retrouvent, l’un cherche à se faire pardonner, l’autre ne vit que pour se venger.
Le décor est planté et il n’y a rien de plus à dire ; l’histoire n’est pas aussi riche que je l’avais imaginé, et pourtant, ça fonctionne très bien. Canyons nous transporte dans des paysages désertiques, des espaces verts, les ranchs et la vie des années 90 dans l’Idaho. L’intrigue est surtout centrée sur le quotidien d’Éric et celui de Ward, puis de la famille de Ward qui accueille Éric le temps d’un séjour censé réunir les deux hommes autour d’un passe-temps autrefois commun : la chasse. On apprend à connaître nos deux protagonistes, leur douleur, leurs parcours chaotiques, et on redoute le dénouement de ces retrouvailles inattendues qui ne manquera pas de tordre quelques cœurs.
Cependant, les personnages ont beau avoir leurs boulets qu’ils traînent depuis plus de vingt ans, on n’entre pas en profondeur dans l’esprit de Ward et Éric. Il en va de même pour la vengeance et la rédemption annoncées sur la quatrième ; bien sûr, on les ressent comme j’ai pu le mentionner plus haut, mais ce n’est pas le but de l’intrigue que d’aller gratter en profondeur de ce côté-ci ; ce sont plutôt les conséquences qui dirigent l’histoire, et la façon dont chacun va mettre en oeuvre son plan. On pourrait croire qu’en disant cela, je fais une critique négative du livre et sous-entends une légère déception. Pas du tout, mais alors, pas du tout, du tout !

J’ai ouvert ce livre un mercredi pour le refermer le lendemain soir, en ayant dégusté chaque paragraphe de ce roman qui m’a transportée au cœur des foyers, de quotidiens presque banals, de l’histoire habitée par des personnages que l’on considère très vite comme des amis et que l’on a envie d’enlacer pour rendre moins lourd le fardeau que chacun porte. C’est tout en retenu qu’ils expriment, à travers la plume de l’auteur, leur douleur, leurs regrets et leur colère. Et finalement, inutile d’en faire des tonnes sur l’étendue des dégâts dans les vies personnelles et de famille, et les états psychologiques de chacun ; on comprend avec peu, mais justesse. Et du coup, le lecteur a tout le loisir de profiter du reste : l’odeur de la campagne et des ranchs ; la beauté des paysages désertiques et des routes à perte de vue ; la végétation et l’ambiance très nature de certains passages ; la partie de chasse et sa poésie, aussi cruelle soit-elle.
La simplicité de l’histoire aurait pu tout gâcher parce que j’aime, de plus en plus, les histoires complexes. Mais pour une fois, la simplicité m’a beaucoup plu parce que l’auteur a su ornementer la sobriété de son intrigue avec une ambiance, juste ce qu’il faut de tension, le passé des personnages et le dénouement qui se profile peu à peu. L’ensemble m’a complètement absorbée, au point de ne faire qu’une bouchée du livre.
J’ai eu l’impression de me balader et d’évoluer parmi les personnages, et c’est une autre façon de lire et de vivre la lecture que j’apprécie beaucoup. C’était reposant, visuellement très agréable et je suis sortie de chaque session de lecture très sereine et satisfaite, avec le sentiment d’avoir passé un moment vraiment chouette. Le final m’a pas mal remuée tout de même, je l’ai trouvé à la fois crève-cœur et tendre, tellement adapté même si prévisible, que je l’ai adoré tout en le détestant parce que ce livre ne pouvait finir en happy end. Sur mon échelle personnelle des bons livres, on est quand même pas mal avec celui-là.

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