Jussi Adler-Olsen – Miséricorde (Les enquêtes du département V – 1 )

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Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encre. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Mørck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …


J’aime lorsque mes copines m’envoient des livres estampillés « thriller » et qu’elles joignent à cet ouvrage un petit mot m’informant que le livre en question « est plus noir » (référence au fait que Miséricorde est un roman scandinave et est plus noir que l’auteur que j’ai déjà pu lire, à savoir Arnaldur Indridason). Et comme la copine en question connaît bien le polar scandinave, je lui ai fait confiance et n’ai pas lu la quatrième avant de le commencer. Découverte de l’auteur, du style, de Miséricorde, sans aucun a priori ou retours de lecture en tête, des découvertes comme je les aime !

Et en effet, Miséricorde est bien plus noir que les romans scandinaves que j’ai pu lire. Plus noir et un peu plus politisé aussi ; la disparue étant une figure politique importante, l’enquête tourne autour de ce milieu même s’il ne s’agit pas du tout d’un thriller politique. La configuration permet à Jussi Adler Olsen de construire son intrigue sur deux tableaux – d’un côté l’enquête, de l’autre, la disparue – et de permettre au lecteur de se faufiler dans le calvaire de Merete Lyyngaard, enfermée depuis des années dans une cage (je ne dévoile rien, c’est dit dans la quatrième). Si je l’avais d’ailleurs lue, cette quatrième, j’aurais passé mon chemin. Les intrigues dont un des thèmes ou pans est la séquestration, très peu pour moi ; Karine Giebel m’a bien montré qu’on pouvait se vautrer sans souci et j’ai d’ailleurs abandonné Les morsures de l’ombre avec soulagement tant cette histoire m’a semblé injustifiée pour le personnage enfermé. J’ai besoin que l’on me justifie le fait de faire subir le pire à autrui parce que je ne peux lire et cautionner des actes purement gratuits, et j’avais eu cette impression chez Giebel (et chez Anthony Signol dans Le mal tient toujours ses promesses). J’aurais pu l’avoir de nouveau, mais plus que les sévices, c’est surtout l’état mental du personnage qui est dévoilé dans Miséricorde et, ayant adoré le film Martyrs de Pascal Augier pour ça, je trouve que la déchéance, le changement de comportement et d’état d’esprit, la soumission puis la révolte, le personnage qui jongle entre espoir et abdication, mais toujours avec hargne et désir de s’en sortir et de résister, est très bien montré. Mais ceci n’est qu’une infime partie de l’intrigue, puisque le cœur du sujet est tout de même l’enquête.

Et que dire de cette enquête ? Je l’ai trouvée très atypique et peut-être le personnage principal et son histoire y sont pour quelque chose. Sûrement même. Carl Mørck se remet doucement d’une intervention sur une scène de crime qui a mal tournée, coûtant la vie à l’un de ses équipiers et une paralysie à l’autre, lorsque le département V est créé au sein de la police. C’est Carl qui se voit charger de ce département, une sorte de mise au placard qui, en réalité, va le faire briller. C’est avec l’aide de son voiturier Assad, personnage très attachant et indispensable à ce livre, qu’il va donc ressortir le dossier Lyyngaard et mettre en lumière l’enquête catastrophique réalisée à la disparition de Merete. Et accessoirement, essayer d’enfin résoudre le mystère.
L’enquête est plutôt lente quand on y pense, alors que le livre (au format poche) est plutôt épais, mais je n’ai vu ni les pages ni le temps passer. J’ai lu ce livre à petites doses (et parfois, j’ai avalé cent pages d’un coup) à chaque bonne occasion (ou excuse) même si ce n’était que pour lire une page ou deux. Et ça n’était pas uniquement parce que je voulais connaître la fin (absolument exquise), le dénouement de l’enquête (parfaitement bouclée) ou me plonger dans le prochain livre qui m’attendait ; c’était avant tout pour avoir le plaisir de me replonger dans cette ambiance si particulière de Miséricorde, un polar qui, en plus de l »enquête policière, a quelque chose de doux, de bienveillant et d’apaisant malgré sa noirceur.

Vous l’aurez donc compris, j’ai adoré ce livre que j’ai pris plaisir à dévorer chaque fois que j’en ai eu l’occasion ce qui, mine de rien, devient rare. Je me lasse de plus en plus des intrigues, ficelles et constructions des thrillers et polars que je ne lis plus avec autant d’enthousiasme qu’avant ; même si je découvre toujours autant de bons livres, la boule d’enthousiasme au ventre se fait de moins en moins ressentir et l’envie de me plonger dans les livres en reportant au lendemain des choses que j’aurais à faire, devient rare. Et pourtant, en croisant des livres comme Miséricorde, je me dis que tout n’est pas perdu et que certains ouvrages peuvent encore me faire vibrer.

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