Sandrine Collette – Juste après la vague

juste-apres-la-vague.jpgUne petite barque, seule sur l’océan en furie. Trois enfants isolés sur une île mangée par les flots. Un combat inouï pour la survie d’une famille.
Il y a six jours, un volcan s’est effondré dans l’océan, et le monde a disparu autour de Louie, de ses parents et de ses huit frères et sœurs. Leur maison, perchée sur un sommet, a tenu bon. À perte de vue, il n’y a plus qu’une étendue d’eau, secouée de tempêtes violentes, comme des soubresauts de rage. Depuis six jours, ils espèrent les secours, car la nourriture se raréfie. Seuls des débris et des corps gonflés approchent de leur île. Les parents comprennent qu’il faut partir vers les hautes terres. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants.
Une histoire terrifiante et bouleversante qui évoque les choix impossibles, ceux qui déchirent à jamais.


Le prologue de Juste après la vague est le genre de prologue qui plonge le lecteur dans une histoire a priori particulière et qui lui promet un instant de lecture tout aussi particulier. Alors oui, ce prologue m’a mise en joie, m’a enthousiasmée et m’a surtout mise en condition, créant indéniablement des attentes en me mettant dans un état particulier.
Il y a d’abord cette famille de neuf enfants coincée au sommet d’une colline suite à un raz-de-marée, qui tente de survivre en attendant les secours jusqu’à ce que le patriarche décide qu’il serait plus malin d’essayer de regagner la terre ferme puisque personne ne semble venir les sauver. Problème : la barque est trop petite pour accueillir le couple et ses neuf enfants, et ce sont donc trois d’entre eux qui vont devoir rester sur l’île et survivre en attendant. Et pour cela, il va falloir faire un choix et décider qui va se faufiler dans la barque et qui va être abandonné dans la maison pendant la nuit.
Ensuite, il y a l’eau. L’eau à perte de vue, qui monte, s’engouffre dans les maisons et les poulaillers, et dévore le paysage à petit feu. Oh que j’ai aimé cela dans ce prologue, que j’ai adoré me retrouver encerclée par la grande bleue, un peu comme dans Passager 23. C’est suffocant, ça fait peur pour peu que les grandes étendues d’eau nous étouffent, et lorsqu’on imagine le décor, c’est hyper impressionnant.
Enfin, il y a tout le potentiel autour de ce début d’histoire, et on a qu’une envie ; que Sandrine Collette nous surprenne.

Mais voilà, un prologue ne fait pas une histoire et j’ai très vite calmé mon enthousiasme, surtout parce que je sais qu’un prologue de cette trempe-là, peut créer une déception plus tard lorsqu’on se rend compte que l’auteur a mis le paquet au début et puis finalement, ce n’est pas si génial que ça sur la longueur. Du coup, j’ai retenu mon souffle en priant pour ne pas boire la tasse.

Le roman se scinde en trois parties et je ne pense pas spoiler quoi que ce soit en disant qu’Après la vague est un roman qui propose plusieurs tableaux, d’ailleurs on peut facilement s’en douter puisque les bases sont posées sur la quatrième : il y a ceux qui partent et ceux qui restent. Pour ceux qui restent, l’histoire consiste à survivre sur la petite île que forme la colline sur laquelle est construite la maison familiale, survivre jusqu’à ce qu’on les sauve, même si l’espoir s’amenuise à mesure que les jours passent. Pour ceux qui partent, on pourrait croire que tout va être plus simple, mais non. Le but est de rejoindre la terre ferme et les secours, mais avant cela, si on y arrive, il faut endurer les tempêtes et les pertes.
Concernant la première partie sur ceux qui restent, j’ai trouvé que les derniers chapitres s’essoufflaient un peu, qu’on avait un peu fait le tour de tout ce qu’il y avait à dire, déjà quelques pages, voire chapitres auparavant. Et finalement, le couperet qui tombe en fin de partie, censé instaurer un suspense insoutenable et/ou angoisser le lecteur vis-à-vis du futur des personnages, est anticipé bien avant et on a eu le temps de l’appréhender, de l’accepter et de le digérer. Et du coup, je n’ai pas du tout été prise de court.
Finalement, la seconde partie est arrivée et je me suis dit que c’était quitte ou double. Ou bien quitter l’île pour retrouver ceux qui sont partis allait redonner un nouveau souffle à cette histoire et apporter un peu d’émotion et/ou de suspense ; ou bien ça allait tout plomber en continuant sur cette lancée un peu lente, un peu fragile et plutôt linéaire, en coupant le peu de rythme en plus. Et en effet, c’est plutôt lent, fragile et linéaire même si quelques scènes un peu plus énergiques bousculent ce calme plat.
Pour le reste, rien de neuf à l’horizon, la mer est loin d’être agitée et la fin est autant rapide qu’elle est prévisible.

Juste après la vague a au moins le mérite de m’avoir fait vivre certaines scènes de l’intérieur, mais ce sera une lecture « sans plus » pour moi, voire décevante. Le sujet donnait vachement envie, il y avait matière à faire une intrigue tout en suspense (le livre est rangé dans les thrillers sur France Loisirs) et en émotions, et en fait, pas grand-chose ne vient titiller le lecteur. Je suis très souvent rester impassible devant cette histoire parfois invraisemblable qui, pourtant, n’aurait pas dû me laisser de marbre avec une accroche telle que : « Et vous, qui sauveriez-vous ? ». Dommage que la problématique ne soit pas du tout abordée et que le lecteur n’ait jamais l’occasion de se mettre à la place des personnages et de ceux qui décident pour répondre à cette fameuse question pas du tout traitée puisque dès le prologue, la question et la quatrième de couverture sont bouclées et derrière nous. Bon et puis l’auteure se répète vachement sur la longueur, si bien que j’ai l’impression d’avoir vécu très peu de chose finalement tant tout se ressemble. Quant au final, qui tient en une page, là aussi, il y avait du potentiel ; même en l’ayant totalement anticipée, je pensais être émue parce qu’évidemment, c’est fait pour, mais c’est tellement bâclé que « tiens lecteur, démerde-toi avec ça » : fin de l’histoire.

J’ai bu la tasse.

Juste après la vague chez France Loisirs
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8 commentaires sur « Sandrine Collette – Juste après la vague »

  1. Waouh. T’as une belle plume !

    Sandrine Collette… Connue pour avoir des paysages qui sont des personnages à part entière. Ici c’est l’eau. Dans Six fourmis blanches c’était la montagne et la neige.
    J’avais moyennement aimé cette lecture cité précédemment. Et adoré son premier (Des nœuds d’acier).
    Je n’ai pas lu plus d’elle. En revanche « Il reste la poussière » a été pas mal plébiscité. Si tu veux retenter avec l’auteure, je te suggère ce roman là (que je n’ai pas lu)

    Très belle chronique, sinon 👍. C’est agréable à lire et je sens que grâce à Tom, je vais découvrir pas mal de compte intéressant avec du contenu qualitatif

    Aimé par 1 personne

    1. Merci 😳
      J’avais bien aimé « Des nœuds d’acier » également même si, clairement, on m’a survendu Sandrine Colette et surtout son écriture. Il faut dire que ces gens-là avaient lu « Il reste la poussière », qui a en effet de très bons retours, je le lirai à l’occasion. vu qu’après la diffusion de ma chronique sur « Juste après la vague » les commentaires ont été presque unanimes au sujet de ce conseil de lecture, donc je vais le lire !

      Aimé par 1 personne

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