Rachel Caine – L’ombre de la menace

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Quatre ans que sa vie a explosé en vol. Quatre ans qu’elle a découvert que son mari était un tueur en série. Gwen a survécu aux soupçons et à la honte, aux menaces venues de toute part. Stillhouse Lake, c’est la petite ville tranquille dont elle n’osait plus rêver. Jusqu’au jour où un cadavre de femme est repêché dans le lac. Le cauchemar recommence… Mais loin de la naïve mère de famille qu’elle était autrefois, Gwen est désormais prête à tout pour sauver sa vie et celle de ses enfants.


Lorsque je commande chez France Loisirs, j’essaye toujours de prendre un maximum d’exclusivités et de livres que je ne vois pas trop passer sur les réseaux sociaux. C’est le cas de L’ombre de la menace que j’ai découvert dans le catalogue et dont la couverture m’a tapé dans l’œil. Premier livre que je lis de Rachel Caine, autrice d’une quarantaine de romans… et que je ne connais pas ?!? 😱 A priori, Rachel Caine est une auteure de romans jeunesse, L’ombre de la menace serait son premier thriller traduit en français. À part ça, très peu d’informations, alors, découvrons cela ensemble !

Imaginez votre petite vie – bien rangée et organisée entre mari et enfants, bonheur et épanouissement -, bouleversée par un homme ivre mort qui, le 4×4 encastré dans votre garage, va révéler au monde l’horreur de ce qui se cache derrière les apparences. Et il se trouve que l’horreur porte un nom, qu’il s’agit de votre mari et que ce dernier a fait de votre garage un atelier, ou plutôt, une aire de jeu, dans laquelle il a tué des jeunes femmes. Imaginez l’incompréhension, le choc, la douleur et le travail de reconstruction, la paranoïa constante qui plane au-dessus de votre tête et de celle de votre famille.
L’ombre de la menace commence ainsi, et même si l’ensemble est rapide au début, il est très efficace parce que juste et précis – et surtout les détails viennent petit à petit. La paranoïa ambiante qui émane de la mère de famille est parfaitement expliquée et justifiée par le harcèlement et le déferlement de haine qu’a subi la famille à la révélation de la nature du père, quelques années auparavant – ah, internet… La reconstruction, les difficultés rencontrées, la volonté de la mère, la façon de voir des enfants devenus adolescents, leur incompréhension aussi, sont racontés de façon précise et exprimés avec des mots qui montrent à la fois leur profondeur et leur violence. J’ai été complètement hypnotisée par le début de ce livre, touchée par cette maman qui tente, sûrement à outrance de protéger ses petits ; touchée par la douleur de cette famille, ses appels au secours silencieux parce que la discrétion est de mise. Mais comme le passé, le drame et s es conséquences ne sont pas les seuls cœurs du sujet de ce livre et que ce qui importe est le présent, il faut avancer dans l’histoire sans pour autant bâcler le passé ; ce qui explique un peu la rapidité du début. Et c’est fait avec réussite, je trouve.

Le lecteur est donc plongé dans le quotidien d’une famille, dont le patriarche est un tueur en série révélé ; une famille qui tente de se reconstruire dans une autre ville, sous de nouvelles identités, jusqu’à ce que le passé les rattrape. Alors oui, dit comme ça, l’histoire peut sembler molle et pas vraiment passionnante. Et en effet, nous ne sommes pas dans un thriller haletant qui va à cent à l’heure ou qui envoie du pâté à chaque page. Nous ne sommes pas non plus dans un roman policier pur, malgré les flics, les cadavres et le tueur en série. On pourrait être dans un roman noir ou un drame, mais en réalité, on est un peu dans tout ça et en même temps, on n’y est pas. On est à part, mais on y est bien.
Ce que j’ai trouvé de vraiment original dans ce livre et qui a fait que j’ai très vite accroché, est le choix du point de vue. Là où d’habitude je suis du côté des policiers et/ou du tueur en série dans les polars, L’ombre de la menace nous propose d’être du côté de la famille qui reste. La famille innocentée, victime en même temps, coupable idéal à chaque occasion, pointée du doigt, harcelée, menacée de mort et qui, finalement, replonge malgré elle dans son pire cauchemar, sa pire épreuve. Et c’est vrai qu’en fait, les familles des victimes et des tueurs sont très souvent mises de côté dans les romans parce que, clairement, elles n’apporteraient rien. Ici, au contraire, cette famille est tout et c’est tout l’intérêt. Cependant, j’ai un peu moins apprécié la partie reconstruction positive de la fin du premier tiers du livre à Stillhouse Lake, mais le rythme revient assez vite avec la découverte d’un corps, ouvrant alors une autre page de l’intrigue plus dynamique avec un petit côté policier appréciable – et quelques scènes d’action.

Le roman se clôt sur une fin surprenante que j’avais anticipée, mais qui fait quand même son petit effet dans la façon dont elle est amenée. En réalité, il est assez simple de se dépatouiller du sac de nœuds lorsqu’on connaît les bases du thriller, du suspense et des twist ending. Et pourtant, Rachel Caine a réussi à me garder et à me satisfaire malgré le caractère prévisible de sa chute parce qu’indéniablement, je me suis beaucoup attachée à cette famille et que leur histoire m’importait réellement. La fin ouverte laisse penser qu’une suite pourrait paraître, même si ça n’est pas clairement dit, et même si ça n’est pas forcément nécessaire ou planifié. Quelques portes n’ont pas été totalement fermées, d’autres ont été ouvertes, alors, pourquoi pas ?

L’ombre de la menace chez France Loisirs
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