Théa Marcau – Des confettis aux courants d’air (lecture abandonnée) ou la chronique qui parle auto-édition

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Il n’y a pas longtemps, j’ai partagé via Facebook une chronique qui date d’il y a deux ans, celle qui parle des Vieux jouets de Théa Marcau. Suite à cela, j’ai commandé un autre livre de l’auteure que j’ai commencé et finalement abandonné. Et j’ai décidé de vous en parler, au moins un peu.
C‘est un meurtre brutal qui a eu lieu à Castelnon, petite ville au pied des Pyrénées. Une jeune femme a été sauvagement tuée de plusieurs coups de marteau. Une fureur sans autre mobile que la rage pour les gendarmes qui arrêtent un marginal toxicomane, en rupture totale avec les règles de la vie en société. « Un marteau, mais où va-t-on ? » avait ajouté un journaliste en guise de conclusion à son article. Cette mort insensée ne suscite cependant guère de compassion. Sans ami, sans amour, Julie menait une vie étriquée entre la routine de son quotidien et les soins prodigués à sa mère. Elle était une personne fragile et sans éclat, résignée à vivre et morte par infortune. Alors, que faisait-elle en ville ce soir-là ? Et avec qui avait-elle rendez-vous ? Pour Marc Velcor et Nathalie Veirgne, cette sortie nocturne est une bien étrange entorse à sa morne existence. Une nouvelle enquête commence pour les deux policiers dans l’atmosphère étouffante des passions contenues. Des personnalités ambiguës se croisent et se cherchent autour des promesses du développement personnel. Mais sur le chemin de la connaissance de soi, la vérité est parfois le prélude de drames à venir.


Je pense avoir eu la chance, dans le cadre de la bêta-lecture, de travailler avec des auteurs indépendants qui mettaient du cœur à l’ouvrage et à parfaire leurs œuvres, chacun à leur niveau, avec plus ou moins de perfectionnisme et d’acharnement. Mais si je parle de bêta-lecture en préambule, c’est parce que j’ai un peu d’expérience dans ce domaine et que je pense que la relecture d’un manuscrit fait partie des choses primordiales que certains auteurs choisissent de ne pas faire alors que, pour avoir eu l’occasion de lire un brouillon puis une version définitive d’un même manuscrit à quelques semaines d’intervalles, manuscrit qui avait bénéficié de relectures de plusieurs personnes, je pense pouvoir dire que c’est important de faire appel à des yeux extérieurs, ne serait-ce que pour épurer son texte.

Mais comme certains auteurs estiment que leurs textes n’ont pas besoin d’être remaniés, je me suis éloignée de l’auto-édition et de ses auteurs parce que la liberté que donne cette nouvelle méthode d’édition qui m’a émerveillée au début, m’agace désormais. En réalité, ce qui m’agace profondément, ce sont les auteurs qui considèrent qu’un simple texte suffit à faire d’eux des (bons) auteurs et/ou écrivains, et que finalement, le reste, on s’en fiche un peu. Après tout, peu importe que la couverture soit dégueulasse, achevée avec Paint ou juste prise sur une banque d’images toutes prêtes en ligne (et tant pis si mon voisin a la même), il y aura toujours des lecteurs pour acheter. Pas pour lire et apprécier le livre, mais bien pour acheter. Quand je vois certains ouvrages que j’ai chroniqués avoir des commentaires sur Amazon mettant en avant quelques lacunes graphiques ou syntaxiques, et que rien n’a été changé depuis, ou pire, que l’auteur se plaint sur les réseaux sociaux de ses commentaires négatifs, ça me fout en boule.
Cette liberté est aujourd’hui bouffée par des gens lambda, qui se sont dits que ça pouvait être une bonne idée de publier leur histoire écrite en 5°, sur Amazon, pour voir. Mais, « pour voir », il y a tout un tas de sites qui permettent de mettre les auteurs, les textes et les lecteurs en relation pour avoir des avis ! Amazon est un site marchand sur lequel on vend son produit fini, mais certainement pas en l’état de brouillon ou dans un style de type Terminale STMG (parce que c’était mon cursus, anciennement STG).
Ce déclin de la qualité chez les auto-édités fait qu’en effet, à part quelques noms qui sortent du lot, j’ai tout simplement arrêté de lire et soutenir la plupart des indépendants, et donc la bêta-lecture elle aussi, en grande partie.

Et puis parfois, allez savoir pourquoi, je me dis que (re)tenter quelques auteurs… allez pourquoi pas.

Lorsque j’ai créé mon blog, fin 2016, je m’étais promise de découvrir des genres, de m’ouvrir à ce qui ne me tentait pas forcément et d’au moins essayer avant de dire que je n’aime pas. Le premier genre auquel je me suis frottée est le roman policier et c’est avec Théa Marcau et son livre Les vieux jouets, que j’ai découvert cet univers qui était sur le point d’à la fois me ravir et de me faire hurler tant ce genre comporte des clichés dont abusent certains auteurs. D’ailleurs, cette première bonne expérience avec Théa Marcau était accompagnée d’une déception dont je n’ai jamais parlé : Morte sous X de Bettina Flores et dont je garde le goût tenace du cliché et du caractère prévisible.
J’ai oublié Théa Marcau jusqu’à ce que récemment, je la retrouve dans les articles visités de mon blog et que je fourre mon nez dedans. Dans l’article, pas dans Théa Marcau ! J’ai repartagé cette chronique et dans la foulée, je me suis commandé Des confettis aux courants d’air, pour voir. Le fameux « pour voir », n’est-ce pas ?

Pourquoi donc toute cette longue introduction ? Parce que Théa Marcau est une auteure auto-éditée, que mon œil voit autre chose aujourd’hui et qu’il me semblait important d’en parler. Parce que clairement, mes exigences ont évolué avec le temps et que c’est flagrant avec cette auteure dont j’avais beaucoup apprécié ma première lecture. Autant dire que ça n’est pas du tout le cas ici et que ce livre me donne l’opportunité de parler du fait que je lis de moins en moins d’auto-édités alors que je les encensais il y a encore un an, et d’expliquer pourquoi ce retournement de veste.

J’ai tenu jusqu’à la page 80 (sur 280) et tout ce que vous avez pu lire dans le résumé est rabâché pendant ces 80 pages. Ah ben si on ne sait pas que Julie était une pauvre fille, c’est grave. Mais en fait, ça n’est pas pour ça que j’ai arrêté ma lecture.
En réalité, j’avoue que j’ai accroché avec l’histoire dès le début. J’y ai vu du potentiel et surtout, j’avais le souvenir, avec Les vieux jouets, d’une fin vraiment réussie et surprenante même si je m’attendais à du plus grandiose. Là où ça a péché en revanche, c’est sur le style et c’est là où je m’attendais moi-même puisqu’en deux ans, mes goûts ont beaucoup évolué, mes attentes aussi.
Je n’ai trouvé aucune démonstration valable et/ou légitime pour justifier le terme que j’ai envie d’employer lorsque je veux parler du style de ce livre : faiblesse. Oui, il y a de la faiblesse dans l’écriture, un manque de relecture autre que celle de l’auteure, des phrases bancales, banales, répétitives, maladroites, trop chargées ou mal tournées, et si relectures externes il y a eu, alors je n’ai pas du tout les mêmes goûts que ces personnes-là. Je ne sais pas comment l’expliquer, il faut le lire, le vivre sur la longueur, parce que des phrases sorties de leur contexte pour tenter de prouver un avis personnel sur le style, je n’aime pas ça et je trouve que ça ne justifie rien lorsque d’autres chroniqueurs le font (sauf s’ils prennent le temps d’expliquer en détail). Du coup, j’ai choisi l’autre option : citer un paragraphe qui ne dévoile rien de l’histoire, et vous laissez faire un avis avant de succinctement vous donner le mien.

Marc s’arrêta un instant sur la place devant la bâtisse lourde et sans âme. La mairie était un bâtiment rectangulaire, haut de quatre étages. L’architecture était massive avec des pierres d’angles apparentes, au crépi solide et granuleux dans les tons beige. Les travaux de maçonnerie dataient des années cinquante après qu’un incendie ait ravagé les lieux. L’édifice était imposant, presque écrasant. Le drapeau tricolore flottait sur la façade, au-dessus de la devise « Liberté, égalité, fraternité ». A l’intérieur, s’agitait une centaine d’employés municipaux recrutés au fil des années pour satisfaire les impératifs toujours plus lourds des compétences communales. Du moins, c’était le motif invoqué.

Personnellement, je trouve cet extrait hyper lourd, blindé de descriptions sans intérêt pour l’histoire et sans intérêt tout court, avec en plus des fautes (toujours de l’indicatif avec « après que » par exemple) et très répétitif. « Bâtisse lourde », « Architecture massive », « édifice imposant »… On a compris !
Je conçois que ce problème de style peut être purement personnel et que l’extrait choisi, très court et sorti de son contexte, est une très mauvaise idée. Cependant, que j’aime ou non une écriture, je ne suis pas censée, en tant que lectrice, m’arrêter à chaque paragraphe pour me dire qu’il y avait une façon plus fluide ou subtile de dire quelque chose ou d’éviter une répétition. Certes, je ne suis pas toujours en phase avec le style des auteurs, je suis encore moins moi-même écrivaine, mais rarement, je me dis qu’il y avait d’autres façons de dire telle ou telle chose. Et quand ça arrive, je lâche tout.

Alors ce livre, j’ai eu envie de le lâcher à de nombreuses reprises. Arrivée à la page 30, j’ai lu en diagonale jusqu’à la page 55. Dépitée par le nombre de pages qu’il me restait à lire, j’ai été voir les dernières lignes du bouquin. Je n’ai rien compris, je me suis donc dit qu’il y avait peut-être autre chose qu’un souci de style à relever dans ce bouquin, quelque chose de plus positif. J’ai également persévéré à cause des 10 € laissés pour ce livre acheté sur un coup de tête et quand j’arrive au point de vouloir terminer un livre pour ne pas regretter la dépense, vraiment, c’est que je m’ennuie, voire que je m’agace.
Alors je me suis agacée, oh ça oui. Encore plus lorsque les premières grosses fautes de syntaxe et des oublis de lettres ont pointé le bout de leur nez. Déjà, j’avais repéré des erreurs de conjugaison, et croyez bien qu’il faut y aller pour que je les voie puisque j’ai de grosses lacunes à ce niveau-là. Et plus j’avançais dans l’histoire, plus j’avais l’impression de phrases mal soignées, d’erreurs grossières de plus en plus présentes et d’un relâchement général tant au niveau du style que de l’intrigue qui se recroquevillait sur elle-même, malgré les « révélations ».

Je l’ai abandonné parce que vraiment, au bout d’un moment, je peux y mettre toute la volonté du monde, je ne sais plus encaisser. Ayant enchaîné un Quélard puis un Malte, évidemment le gouffre entre la qualité littéraire de ces livres et Des confettis aux courants d’air (rien que le titre est incompressible pour moi) n’a pas joué en la faveur du dernier lu. Ce livre aurait mérité une relecture disons plus professionnelle, à mon avis.

Bonus : il arrive qu’on me demande pourquoi je lis moins d’auteurs indépendants et j’ai eu certaines discussions avec des personnes qui ne comprenaient pas ma soudaine colère vis-à-vis de ces auteurs-là. Et bien, cette chronique explique en partie pourquoi j’ai fait le choix de ne plus trop lire d’auteurs indépendants ; on ne devient pas écrivain juste parce qu’on a envie d’écrire un livre. Je suis épuisée de dépenser de l’argent (15 € minimum à chaque fois) dans des textes non relus (ou mal relus, et vraiment, ça tombe sur Théa Marcau et limite je suis peinée parce qu’en fait j’ai trouvé bien pire ailleurs, dans des livres aujourd’hui édités par exemple… Mais à quel moment les maisons d’édition se disent qu’un livre avec des fautes et des incohérences, c’est chouette ?) ou pas soignés. Il y a encore des auteurs indépendants qui se contentent de choper des couverture toutes prêtes sur des banques d’image (du coup, on se retrouve avec deux ou trois livres qui ont la même couverture), ou qui choisissent des polices d’écriture qui ne prennent pas en compte les accents dans les majuscules et on se retrouve avec des titres éCRITS COMME çA… Non mais franchement, on se fout de la gueule de qui ?
Je tiens tout de même à souligner que ce souci de qualité dans l’auto-édition ne veut pas dire que l’on ne trouve rien de positif dans l’auto-édition ou de négatif dans l’édition traditionnelle. Si la plupart du temps la forme tient la route parce qu’il y a des relectures et que même si le style final ne correspond pas au lecteur, ça a été relu, travaillé, peaufiné, c’est indéniable ; dans l’édition traditionnelle et les best seller ce sont surtout les intrigues vues et revues, les clichés et les intrigues trop légères qui me dérangent. Mais ça, c’est autre chose et surtout hors sujet…

Des confettis aux courants d’air sur Amazon

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