Marcus Malte – Garden of love

4185k1CVmlL._SX326_BO1,204,203,200_.jpgAlexandre Astrid reçoit un jour par la poste un manuscrit anonyme intitulé Garden of love. Vite, entre les lignes, Alex, flic paumé sur la touche, y lit une version troublante, et même diabolique, de sa propre vie. À travers les «liaisons dangereuses» d’un trio de jeunesse – amours trahies, blessures d’enfance, fantômes et monstres d’antan – le mystérieux auteur omniscient brouille les pistes avec une grande perversion et ouvre, comme aux échecs, un jeu de manipulations. Alexandre est renvoyé à ses souvenirs les plus douloureux, ses plus grands vertiges. Le voilà à revivre un épisode déterminant pour lui : son affrontement avec Edouard Dayms, jeune homme aussi brillant que déséquilibré, d’une impressionnante emprise sur les autres. Alex fait alors ce qu’il sait faire : il enquête, fouille, fouine. Mais cette fois, sa matière, c’est son propre passé.


Lorsque je privilégie l’achat de livres en grand format (même d’occasion) plutôt qu’en poche, c’est que l’auteur concerné prend de l’importance dans ma vie de lectrice, et le premier auteur avec qui j’ai fait ça, s’appelle John Hart.
Il est des écrivains dont les livres font tellement de bien à l’âme qu’ils devraient être conseillés comme traitement. Marcus Malte en fait partie et avec Garden of love, l’auteur vient d’égaler John Hart dans le maniement des mots (surpassé dans ce domaine serait plus juste même si ça reste incomparable dans le sens où l’utilisation des mots n’est pas du tout la même et n’a pas du tout le même but) – et tout le reste aussi, je dois bien l’avouer. En trois ans de lectures, j’ai découvert plus d’une centaine d’auteurs et parmi eux, deux seulement ont eu des effets si positifs sur moi qu’ils sont devenus des auteurs thérapie désormais essentiels à mon équilibre. Aujourd’hui, je vais parler d’un de ces deux auteurs qui font du bien à l’âme à travers Garden of love et, si vous avez ce livre sur vos wishlist ou dans vos P.A.L, achetez ou sortez-le (et grondez-moi si vous le trouvez mauvais).

Savez-vous ce que j’aime vraiment dans les romans ? Lorsque les intrigues sont floues. Par exemple, lorsque les personnages savent ou ont vécu des choses que le lecteur ne sait ou ne connait pas et que ces mêmes personnages en parlent, mais sans approfondir en laissant ainsi le lecteur s’imaginer ce qu’il veut, émettre toutes sortes d’hypothèses qui, de toute façon, seront probablement à mille lieues de la vérité. J’adore ça. Et ça, c’est exactement ce pourquoi j’aime autant John Hart et ce pourquoi j’ai tellement, mais tellement ! accroché avec Garden of love dès le début qui, pour le coup, ne m’a demandé aucun temps d’adaptation comme ce fut le cas avec les autres Malte.
On fait donc la connaissance d’un (ou plusieurs) personnage, père de deux enfants, mari a priori exemplaire, qui laisse sous-entendre que cet équilibre familial ne va (ou n’a pas) durer. Il laisse également sous-entendre un passé de flic, une affaire difficile, une décente aux enfers. Puis vient une rencontre, les retrouvailles présentes ou passées (le fameux flou hein) avec un homme qui a joué un rôle important dans son adolescence, qui a été un feu lumineux et ardent mais dévastateur. Puis vient un manuscrit dans une boite aux lettres (sorte de biographie revisitée), un mort et le passé. Et alors, au fur et à mesure que l’histoire avance, toujours dans ce flou constant entre les époques, les personnages, les supports (le manuscrit, les journaux des personnages, le récit en lui-même) qui se mélangent et les faits, on apprend le passé, la vérité, la noirceur des histoires, la perversité et la malveillance des personnages, les conséquences, la vie, les drames.
En fin de compte, la tache lumineuse par-dessus le brouillard que ce sont les faits que nous donnent l’auteur, prend peu à peu de l’ampleur, repousse la brume faisant apparaître la grandeur de l’histoire qui s’épaissit, s’étoffe et se dévoile ; les détails émergent, les personnages éclosent, la fleur s’ouvre. S’offrent alors à nous toutes les nuances de couleurs, comme c’est toujours le cas chez Malte, de la plus claire et lumineuse à la plus foncée et sombre. Chaque pétale de fleur possède ses propres couleurs, sa propre forme de la plus arrondie à la plus pointue, aux bords des plus doux aux plus tranchants. On peut dire que c’est beau oui. Mais pas seulement. C’est noir aussi, sombre, car comme toujours l’auteur joue avec la puissance de la lumière et le pouvoir de la noirceur des âmes ou de la vie et ça aussi, c’est une chose que j’aime vraiment dans les romans.

Jusqu’à présent, j’étais persuadée que Marcus Malte fait partie de ces auteurs dont les histoires, l’écriture, la façon de construire ses romans pouvaient rebuter ou déplaire. J’en reste persuadée parce que la beauté pour l’un n’est pas de la beauté pour l’autre. Ce que je trouve formidable et incroyable ne le sera pas pour tout le monde surtout avec ce genre d’auteurs un peu à part et aux histoires vraiment très à part.
Avec ce livre, je crois que c’est encore plus prononcé à cause, ou grâce en ce qui me concerne, au flou du roman et à l’histoire qui s’explique doucement ; forcément, il est très facile d’avoir le sentiment de se perdre dans ce livre. Alors voici mon avis qui découle de mes expériences de lecture, et de celle-ci plus précisément : ce flou fait partie de l’histoire et de la construction du roman. Il est forcément voulu tellement il est travaillé, peaufiné, et tellement il ne sert non pas uniquement l’histoire, mais l’expérience de lecture aussi, et surtout. Le tout est d’accepter la chose, d’accepter que l’auteur puisse vouloir perdre volontairement son lecteur pour le récupérer plus tard. Parce que oui, à force de ne pas tout dévoiler d’un coup et d’en garder pour plus tard, le lecteur peut avoir le sentiment d’être perdu ! Mais tout est dit, expliqué et dévoilé quelques chapitres plus tard, c’est ce qui me fait dire que c’est voulu, orchestré et construit tel quel, précisément pour brouiller les pistes et le lecteur. Et quelle expérience alors ! Quelle histoire incroyable jusqu’à son dénouement !

Ce livre m’a dévorée. Je ne saurais dire depuis quand ça ne m’était pas arrivé avec une telle force, peut-être même que cela n’est jamais arrivé. Oh oui, j’ai aimé Garden of Love ; aimé seulement ? Il y a indéniablement eu rencontre entre ce livre et moi. Une histoire d’amour, pour sûr. Une intensité profonde, une connexion qui a fait que l’histoire avançait à la même vitesse que moi, que nous nous sommes compris, que je l’ai aimé si fort que chaque mot de ce livre avait un goût spécial.
Ce livre m’a dévorée et je lui ai bien rendu, je n’en ai fait qu’une bouchée. J’avais déjà adoré Carnage, constellation puis Le garçon, mais là on dépasse les limites que je pensais avoir atteintes avec cet auteur. Plus je le découvre et plus je me rends compte de l’étendue de son talent à travers des lectures toujours plus incroyables.

Garden of love sur Amazon

Autres chroniques du même auteur dans l’ordre de lecture :
Carnage, constellation
Le garçon

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2 commentaires sur « Marcus Malte – Garden of love »

  1. Ah oui ? j’avoue que Le douzième chapitre n’est pas le livre auquel je pense très souvent, ne l’ayant pas du tout aimé, voire détesté ^^ J’ai trouvé le concept du livre déjà bien usé, l’utilisation du passé/présent complètement ratée, et le style très simpliste voire maladroit des fois 😳 Bref rien de nouveau dans ce bouquin pour moi qui m’avait fait penser au manuscrit inachevé de Thilliez 😊
    La ressemblance joue peut-être sur le résumé, que je n’avais pas lu avant de lire Garden of love, mais sur le traitement et l’utilisation du manuscrit en revanche, ça n’a rien à voir ; c’est beaucoup plus subtile, plus profond, plus original, les personnages sont ultra creusés, l’intrigue est très riche et dense, et d’ailleurs, on ne sait jamais lorsqu’on est en train de lire le manuscrit qui, en plus, est une seconde histoire dans l’histoire et pas une histoire qui complète la première ou apporte des réponses, bien au contraire ^^ Garden of love est une lecture exigeante finalement ; elle demande une concentration et une attention particulières que j’adore devoir avoir dans mes lectures, au moins avec ce genre d’histoires 😍 Ce sont donc deux livres bien différents qui, pour le coup, même sur le sujet global ou le concept de manuscrit, n’ont rien à voir même si le résumé peut faire penser que… voilà. Je ne sais pas s’il y avait besoin d’éclaircir ce point ou d’apporter des précisions, mais je l’ai fait quand même😂

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