Amélie De Lima – À fleur de bruine

51k6PyfB8-L._SX311_BO1,204,203,200_Quand le passé revient pour se venger, quand les vieux secrets ressurgissent, la mort ne peut être que la seule échappatoire…
Lille, septembre 2016.
Six ans après la terrible affaire de la Deûle, des corps de jeunes hommes sont retrouvés la bouche scarifiée, pieds et mains liés, immergés dans un canal. Qui sont-ils et pourquoi les a-t-on tués ? C’est ce que Véronique De Smet et Bettina Rosco tenteront de découvrir, dans une enquête complexe dont elles ne sortiront pas indemnes…


Merci à l’auteure pour l’envoi de ce livre gagné à un concours.


À fleur de bruine, débute comme un roman policier pur et c’est vrai, j’ai eu un peu peur de ne trouver que ça alors que le livre est estampillé thriller 😳. On en reparle plus tard ?

Pour poser les bases, parlons un peu du début de cette histoire. Véronique (ah tiens, un prénom que l’on rencontre rarement en littérature) est flic à Lille. Le corps mutilé d’un homme, entre 18 et 25 ans, est retrouvé après avoir séjourné au fond de l’eau. Véronique enquête sur cette affaire à laquelle va se joindre Bettina (tiens, encore un prénom peu utilisé en littérature), également flic, mais à Tournai, qui enquête elle aussi sur la découverte d’un corps mutilé, d’un homme de 18-25 ans qui a séjourné au fond de l’eau. Et là, vous vous dites : « Encore un serial killer 😏 ».
Alors oui, mais non. Oui encore un serial killer, je le conçois. Mais n’avez-vous rien remarqué d’autre ? Bon, je vous le dis alors : les flics sont des femmes et les hommes sont des victimes. Voilà, je laisse mûrir la réflexion…
Je sais que vous avez sûrement tout un tas d’exemples de romans dans lesquels les flics sont des femmes et non des victimes, et les hommes des victimes et non des flics. Et bien pas moi ! Dans les souvenirs qu’il me reste de mes lectures policières, sauf Lizzie dans Sacrifiées de Jérôme Dumont, les flics étaient tous des hommes (ou alors il s’agissait d’un duo homme/femme avec toujours l’homme hiérarchiquement au-dessus de la femme et souvent, la femme amoureuse de son supérieur), et les victimes des femmes (souvent joggeuses d’ailleurs). Alors je n’ai absolument rien à cirer de la parité homme/femme dans les romans, et peu m’importe qui est flic et qui est victime ça n’est pas un concours ; je fais là un simple constat qui apporte une originalité au roman.
Bref, j’avais là un premier bon point et ma réflexion du début concernant le genre s’est très vite effacée (mais on va y revenir), mon attention ayant été totalement focalisée sur l’histoire qui m’a très vite plu.

Et si j’ai autant accroché avec l’histoire, c’est aussi grâce à la pertinence des dialogues. Les dialogues de flics, c’est toujours compliqué. Enfin non ; les dialogues de façon générale, c’est toujours compliqué. Je suis née casse-pieds et je le resterai quelques années encore à ce sujet-là. Parce qu’un dialogue raté, c’est toute une scène, une cohérence générale, une partie de l’intrigue qui s’effondre et qui a toutes les chances d’embarquer le reste de l’histoire avec elle.
Ici, pas de souci d’incohérence ou de manque de naturel dans les dialogues ; on y croit, on y est, ça n’est pas trop barbant avec un usage abusif du jargon policier pour bien montrer que c’est un roman policier avec de vrais flics qui savent parler policier (On le sent, là, que j’appuie bien sur le policier comme les auteurs de policiers ? ^^), ou avec une extrême lenteur dans l’avancée de la scène (surtout les interrogatoires) pour on ne sait quelle raison (peut-être parce que les auteurs n’arrivent pas à se dépatouiller de leur scène). Non, ici, c’est dosé, juste ce qu’il faut de jargon, chacun à sa place : on n’écrase pas la copine, on réfléchit et avance ensemble, mine de rien, on fait participer le lecteur à la conversation et aux déductions, et on passe à autre chose quand c’est nécessaire sans faire durer la chose pour rien.

Bon. Originalité des rôles : check. Pertinence des dialogues : check. Histoire : justement, on y vient.

J’ai commencé à comprendre pourquoi l’auteure avait choisi de qualifier son livre de thriller lorsque le côté policier de l’intrigue s’est peu à peu dissipé. Clairement, nous ne sommes pas dans un policier pur, et les polardeux auraient sûrement crié à l’arnaque si le livre avait porté l’étiquette « policier ». Oui, il y a des flics et de l’enquête, mais il y a tellement, mais tellement plus de matière que ça, que oui, d’accord, c’est un thriller.
D’abord, il y a l’histoire des personnages plus ou moins principaux ; histoires de couple, passé tumultueux, secrets, suspense, personnages torturés, sourire de façade et envers du décor, Amélie de Lima offre à ses lecteurs bien plus qu’une simple histoire de cadavres avec des flics sans personnalité. On entre suffisamment dans la vie des gens pour qu’un lien puisse se créer et que l’empathie se fasse du côté des bons comme des méchants, suffisamment pour que le genre policier s’éclipse très souvent au profit d’autre chose qui effectivement, rappelle le thriller. Me voilà rassurée, non pas parce que je déteste le policier à ce point, mais simplement parce que je me suis faite avoir tellement de fois par l’étiquette thriller qui cache en réalité un pur polar, que j’aurais été extrêmement déçue et hargneuse si ça avait été le cas, encore une fois, avec ce livre-ci.
J’ai apprécié la richesse de cette intrigue, portée par des chapitres courts qui font défiler les pages à toute vitesse. Cependant, il y a bien un petit truc qui m’a irritée : le côté « coup de foudre » entre Véronique et un homme. J’avoue que lorsque ce pan de l’intrigue est arrivé, j’ai soudain été dubitative et puis je me suis demandée ce que ça apportait à l’intrigue. Alors ça n’apporte pas « rien », comme vous vous attendiez sûrement à ce que je le dise, puisque ça donne un peu plus de consistance aux personnages, mais je me rends compte, au fur et à mesure de mes lectures que j’ai la romance et l’amour en horreur lorsque je n’achète pas le livre pour ça (bon bah sauf avec Marcus Malte du coup 😂). Cependant, je ne vais pas vraiment classer ça comme une « mauvaise chose » en soi puisque ça n’est pas mauvais ou mal amené, pas incohérent ou trop gros, ça n’est juste pas mon truc. C’est donc personnel et ça n’a rien à voir avec la justesse ou non du roman. Du coup, c’est un peu hors sujet, je l’admets.

Un thriller, rien de bien original en soi, on reste sur du classique, mais attention le classique n’est pas forcément une insulte lorsqu’il n’est pas « trop » classique. Mais en fin de compte, À fleur de bruine fait-il la différence par rapport à d’autres thrillers du même style ?

Et bien oui. Il y a une vraie recherche d’originalité dans la construction des personnages, de leurs histoires et leurs passés. Il y a surtout un travail fait sur les personnages féminins que j’ai adoré, personnages complètement désacralisés. Adieu, femmes sensibles et fragiles, l’auteure démonte les clichés typiques des personnages féminins pour en faire des femmes qui osent et font du sale, et qui, par conséquent, deviennent marquantes.
L’intrigue policière fait le boulot même si elle est finalement très en retrait, les personnages prennent presque toute la place. Malgré tout, même lorsqu’un pan policier est finalement plus une excuse qu’autre chose, j’apprécie quand le tout reste cohérent (ne me regardez pas comme ça, ça n’est pas toujours le cas !) et surtout lorsque ça sert l’histoire.
Une très appréciable découverte de l’auteure avec À fleur de bruine dont j’avais beaucoup entendu parler (autant de l’auteure que de son livre) et parfois, écouter et suivre les avis (presque) unanimes, ça a du bon.

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