Marcus Malte – Le garçon

51uqz9KQhNL._SX302_BO1,204,203,200_.jpgIl n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct. Il rencontre alors les habitants d’un hameau perdu, puis Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, et découvre l’amour charnel avec Emma, mélomane lumineuse. Viendra ensuite la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de la civilisation. A sa façon singulière, radicale, drôle, grave, Le garçon est l’immense roman de l’épreuve du monde.


Parler d’un livre de Marcus Malte est un exercice périlleux. Si en cours de lecture j’ai toujours une vague idée de ce que je vais dire d’un livre et surtout de mon avis global, pour Le garçon, même à la moitié du bouquin, je ne savais pas encore comment tourner mon avis. Quoi dire, qu’aborder, dans quel ordre et de quelle manière ?
J’ai incontestablement aimé ce livre, autant son histoire que son écriture, mais ceux qui ont déjà lu Marcus Malte comprendrons alors peut-être quel calvaire c’est de poser un ressenti sur une lecture (et une écriture) pareille.
Parler de l’histoire, puis des personnages et enfin du style est impossible tant tout est brassé en même temps, harmonieux, cohérent. Indissociable.

Alors je vais vous parler de ce livre tel que je l’ai vécu.

Ça a commencé par de la méfiance parce que j’ai adoré Carnage, constellation du même auteur, qui a été élu (ma) lecture du mois de mars, et que je me méfie toujours des secondes lectures d’un même auteur lorsque le premier essai a été au-delà de mes espérances, de mes attentes et de mes propres goûts. Parce qu’à la manière d’un Candyland ou d’un Fratricide, Carnage, constellation a élevé le niveau de mes exigences.
La méfiance m’a alors empêchée de me plonger entièrement dans ce livre si bien que j’ai gardé ma tête hors de l’eau pour bien voir, bien comprendre, tout saisir ou capter pendant une bonne centaine de pages, sans que cela ne m’empêche cependant de savourer le livre. Parce qu’indéniablement, Le garçon est à la hauteur de Carnage, constellation et peut-être même est-il meilleur, plus développé, plus profond. Et encore mieux écrit. Et tout commence dès la première page.
À titre de comparaison j’ai ressenti les mêmes choses que lorsque je me glisse sous l’eau chaude en plein hiver. C’est une chaleur qui m’enveloppe de la tête aux pieds et injecte en moi comme une sorte de réconfort et de bien-être. Et bien avec ce livre, c’est tout pareil. C’est un bain chaud qui sent bon la vanille et enveloppe le lecteur d’une chaleur sucrée malgré le côté dramatique de l’histoire. L’écriture est arrondie et chantante, l’auteur excellant autant avec les phrases courtes (comme quoi, ça peut fonctionner ; les phrases courtes ont la vie dure en ce moment ^^) que longues, certaines – rares – étant même interminables (mais où va-t-il s’arrêter ?).
Et donc ce qui devait arriver, est en effet arrivé ; je me suis laissée engloutir par les eaux profondes et tumultueuses de ce bouquin et par son personnage phare ; le garçon sans nom.

On ne sait guère comment cet enfant a vécu avant mais on le suit dès lors que sa mère décède. Cette dernière, il la fera brûler, comme elle lui a appris, et le garçon partira et découvrira le monde. Durant son périple, il rencontrera hommes et femmes qui le façonneront, non pas à leur image mais à la sienne. Atypique, extraordinaire, en-dehors de tout, l’enfant sera indéniablement unique, comme son histoire, comme ma lecture, comme l’écriture de Marcus Malte.
Au gré des rencontres du garçon, le lecteur sera plongé dans des bribes de vie de gens qui ne font que passer, d’autres qui resteront plus longtemps puis disparaîtront et ceux qui resteront jusqu’au bout. Nous allons voyager et traverser les années, de 1908 à 1938, côtoyer hommes, femmes, enfants, père, ogre, indiens et guerre, en somme un voyage au cœur d’existences passionnantes, une vie entière ou presque étalée sur 574 délicieuses pages. Et au cœur de ce récit, tardivement, une rencontre, une histoire d’amour qui donnera lieu à de magnifiques instants d’écritures entre sexe et musique, amour et manque, désirs et envies, pour finalement s’achever sur une note plus dramatique et sanglante.
Histoire d’amour et de vie(s), une histoire profondément humaine avant tout, Le garçon fait partie de ces livres qui touchent les âmes. La mienne au moins. La vôtre peut-être aussi, puisque je ne peux que vous inviter à vous pencher sur ce livre et l’auteur.

Le garçon sur Amazon
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2 commentaires sur « Marcus Malte – Le garçon »

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