Florence Roche – Le pensionnat de Catherine

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Dans les années 60, les secrets de la guerre commencent seulement à affleurer… Samuel, jeune professeur, découvre l’origine de son adoption : à 6 ans, il a fui le chalet où des passeurs avaient rassemblé de riches familles juives pour les dépouiller et les abattre. Camille, elle, n’a connu que l’éducation sévère mais juste de sa mère Catherine, directrice de pensionnat, quand l’identité supposée de son père lui est révélée. Dans la région d’Annecy, ils vont se rencontrer et mener ensemble une périlleuse quête de vérité.


Lorsque j’ai croisé Le pensionnat de Catherine en exclusivité chez France Loisirs, je n’ai pu détacher mon regard de sa couverture et avant même d’avoir lu le résumé, je savais que ce livre figurerait sur mon bon de commande. Pourtant, lorsque j’ai commencé ma lecture, j’ai un peu perdu de mon enthousiasme.
Le roman commence par une scène malheureusement banale durant la seconde guerre mondiale, une histoire de juifs tués et de passeurs détestables. Une mère embringuée dans cette histoire alors que son mari pensait la mettre à l’abri en Suisse, elle et son fils, se retrouve coincée, la mort au-dessus de sa tête prête à se jeter sur elle. Et alors, tout ce qui lui importe est la survie de son enfant, coûte que coûte. L’enfant fuit et tombe sur une femme qui va l’aider. Voilà. C’est tout, on peut passer au chapitre suivant.

On dit qu’un livre qui n’accroche pas son lecteur dès les premières phrases, dès le premier chapitre, pour lui, c’est mort. Mais est-ce bien vrai ?

Inutile de mettre en place un quelconque suspense : oui c’est bien vrai en ce qui me concerne et une fois de plus, je le vérifie.
Le pensionnat de Catherine raconte donc l’histoire de ce petit garçon juif qui a échappé à la mort grâce à sa mère. Devenu adulte et suite au décès de sa mère adoptive qui lui fera LA révélation sur son lit de mort, il décide de découvrir qui il est vraiment et de suivre les traces de sa mère, tuée par des passeurs afin de découvrir la vérité.
Au même moment, une enseignante, Camille, découvre que sa mère, Catherine, directrice d’un pensionnat, lui cache des choses sur son passé et son défunt père, et que sa collègue qui vient de se jeter par la fenêtre du pensionnat connaissait ce trouble passé. Elle aussi décide donc de suivre les traces de son père afin de découvrir la vérité. Décidément, les grands esprits se rencontrent 😁!

Je ne vais pas le cacher, cette lecture a été longue et pénible. À plusieurs reprises, j’ai eu envie de lâcher le livre, de le mettre de côté mais ma petite pile de « livres commencés jamais finis » m’inquiète sévèrement, alors j’ai persisté. Pourtant, je n’ai pas grand-chose de positif à dire sur ce livre si ce n’est que l’idée de départ est plutôt sympa, que la façon dont tout s’imbrique aurait pu être géniale, mais que le tout est gâché par le manque de profondeur dans les émotions et le déroulement de l’histoire, la vitesse à laquelle se déroule l’intrigue, les ellipses qui engloutissent trop de choses ainsi que l’abus de facilités dans le scénario.
J’ai trouvé le récit en lui-même décousu, ce qui n’a évidemment pas facilité mon immersion. L’auteure a fait le choix de construire son intrigue sur plusieurs périodes et l’idée est séduisante puisque j’adore ça. Problème, la construction du roman manque d’indications temporelles et comme rien ne nous indique à quelle époque on se situe en début de chapitre, on s’emmêle très souvent les pinceaux et on perd le fil de l’intrigue – mais je considère que ça peut aussi venir du fait que jamais je ne suis entrée dans ce roman et que je me suis perdue par manque de concentration dû au manque d’intérêt que j’avais pour l’histoire et les personnages. Pourtant, ce phénomène est accentué par la rapidité de l’intrigue qui ne nous laisse jamais le temps, à chaque chapitre, d’entrer et de se laisser engloutir par l’histoire. Les informations primordiales qui débloquent les cadenas de l’histoire sont étouffées par la rapidité avec laquelle défilent les faits ; le lecteur n’a pas le temps d’assimiler et de comprendre ce qu’il vit. Clairement, la rapidité est le gros point faible de ce livre, celui qui m’a empêchée de l’apprécier et avant cela, de le vivre. Il utilise des raccourcis trop faciles pour aller à l’essentiel en oubliant trop de choses sur son passage, et c’est ce qui va résumer ce roman dans sa globalité : c’est trop rapide pour que ça soit vraisemblable à mes yeux, que je puisse y croire et que j’entre dans cette histoire parce qu’on ne me laisse pas le temps de digérer les informations.
L’exemple de l’histoire d’amour entre les deux personnages est le plus flagrant : en à peine deux mois (que j’ai déduis vu le peu d’indices que l’on a sur le temps) les deux personnages se rencontrent, s’aiment en s’étant vus une fois furtivement, décident d’emménager ensemble et prévoient de se marier à la fin du bouquin avec un bébé en route. Bon, d’accord.

Voilà. J’aurais pu me laisser séduire par l’histoire mais ça ne l’a pas fait du tout ! C’est un peu comme si ce roman était le squelette d’une histoire et que chaque chapitre, chaque fait, chaque déclic, avaient encore besoin d’être étoffé, travaillé, relié et peaufiné. Et c’est le sentiment que j’ai eu tout au long de ma lecture : ça manque cruellement de développement.
Le tout est creux, sans émotions, linéaire, trop rapide et je n’ai pas du tout adhéré à cette histoire ni à l’écriture qui manquent de profondeur. C’est dommage, l’idée aurait pu être sympa mais nul doute cependant que Le pensionnat de Catherine plaira aux lecteurs souhaitant un livre rapide et facile à lire, ce qui n’était pas mon état d’esprit au moment de la lecture (surtout sur ce thème).

Le pensionnat de Catherine chez France Loisirs
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