Emmanuelle Pirotte – De Profundis

41Cl9nWgzhL._SX316_BO1,204,203,200_.jpgDans un monde à la dérive, une femme en fuite, une fillette murée dans le silence, et une ancienne demeure habitée d’un secret.
Bruxelles, dans un avenir proche. Ebola III a plongé l’Europe dans le chaos : hôpitaux débordés, électricité rationnée, fanatismes exacerbés. Roxanne survit grâce au trafic de médicaments et pense à suivre le mouvement général : s’ôter joyeusement la vie. Mais son ex-mari succombe au virus, lui laissant Stella, une fillette étrange dont elle ne s’est jamais occupée. Quand une bande de pillards assassine sa voisine, Roxanne part pour un hameau oublié, où l’attend une ancienne maison de famille. La mère et la fille pourront-elles s’adapter à ce mode de vie ancestral et à cette existence de recluses ?
Entre dystopie et conte fantastique, De profundis est un roman hors normes. Une plongée en enfer, doublée d’une fabuleuse histoire d’amour.


Dans la famille, « j’étais dans le colis que Katia a envoyé à sa Casse-Pompon » je voudrais De Profundis. Merci ma jolie Fée Clochette 🌸

Surprenant !

Voilà un bien bel adjectif que je ne pensais sincèrement pas utiliser pour cette chronique en préparant l’article qui serait consacré à ce livre – parce que c’est mon rituel lorsque je commence une lecture. Si ce livre me faisait de l’œil depuis plusieurs mois, ce sont les derniers mots de sa quatrième qui me faisaient hésiter : dystopie, conte fantastique, romance, et puis quoi encore ? Roman noir et surnaturel également. Il est un peu tout en même temps ; tout et son contraire. Sombre et lumineux, beau et moche, révoltant et attendrissant. Et ses personnages sont à son image. Multiples facettes, personnalités et façons d’être et d’agir, un coup, c’est blanc et la page suivante, c’est noir.
J’adore ces personnages « bipolaires » tiraillés entre le bien et le mal, la lumière et l’obscurité, le bonheur et le malheur. Je leur trouve une consistance et une authenticité incontestables et ils prennent aux tripes, m’accompagnent et ne me laissent jamais vraiment partir de leur histoire.

L’histoire, c’est celle d’une jeune femme, Roxanne, qui évolue dans un monde aux allures post-apocalyptiques ravagé par Ebola III. Lorsque son ex-mari décède, Roxanne se voit confier Stella, sa fille, qu’elle a abandonnée en même temps que le père. Les deux femmes vont devoir apprendre à se connaître, à s’aimer si elles le peuvent et à survivre dans un monde hostile où l’être humain est peut-être la pire des menaces.
De Profundis est pessimiste, noir, sombre, dur. La mort et la violence (physique, morale et psychologique) planent sur ce roman comme un nuage menaçant qui peut éclater à tout instant et inonder l’intrigue de noirceur. Mais il n’est pas que ça. Il est doux, affectueux, tendre. Il a ses instants de beauté et de grâce qui émeuvent et compriment le cœur sans vraiment le relâcher ensuite. Il y a quelque chose de très touchant et de bouleversant dans ce roman, qui passe principalement par le personnage principal : Roxanne.
Roxanne est typiquement le genre de personnages que j’adore et surtout que je cherche. Pas tout à fait lumière, pas tout à fait obscurité, elle est en constant équilibre entre deux opposés qui m’attirent. Fragile et forte à la fois, prête à tomber à chaque instant, elle a cette petite branche à laquelle elle se raccroche en toute circonstance. Et cette fragilité est si forte qu’elle crève le papier et dégouline sur nos petits cœurs.

Avant de se quitter, on va parler de ce qui a gêné certains lecteurs à la lecture de ce roman. Des arguments qui sont valables évidemment, mais qui ne m’ont tellement pas gênée que lorsque je les ai vus dans certains retours (après lecture), je me suis obligé à y réfléchir et finalement, il s’agit de points à savoir avant de commencer ce livre parce que la quatrième peut nous induire en erreur.
L’époque. La quatrième annonce que l’on se situe dans un « avenir proche » et pourtant, je n’ai jamais pris en compte cette donnée. La façon de vivre des habitants contraints de revenir au temps de l’agriculture et de l’élevage, la vie sans électricité ou appareils électroniques et la maison dans laquelle se déroule la majeure partie de l’intrigue, ont forcément une incidence sur la façon dont on imagine le décor et l’époque. Et du coup, non, on n’a pas l’impression d’être dans le futur comme annoncé dans la quatrième. Si j’ai complètement occulté ce détail d’entrée de jeu, pour certains lecteurs pour qui ce détail était important, ça n’a pas été la même chose et cette histoire d’époque en a perturbé voire déçu, plus d’un.
Le surnaturel. Sans dévoiler de quoi il s’agit exactement puisque je ne spoile jamais intentionnellement dans mes chroniques, j’ai complètement gobé cette histoire surnaturelle sans me poser de questions. J’ai trouvé qu’elle était bien amenée, plausible et surtout qu’elle fait réellement partie de l’histoire, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été ajoutée pour plaire au lecteur ou relancer l’intrigue. Elle a une raison d’être et d’exister qui apporte quelque chose à l’histoire et aux personnages. Mais forcément lorsqu’on s’attend à lire une histoire dans un futur post-apocalyptique (en réalité à peine effleuré) voir débarquer du surnaturel, ça peut décevoir. Mais vous êtes au courant désormais 😉

J’ai donc été très agréablement surprise par ce livre que j’ai littéralement dévoré. Sortie de L’Outsider de Stephen King qui est un pavé qui tient très très bien la route, je ne m’attendais pas à une lecture aussi agréable ensuite, surtout pas avec De Profundis. Pourtant, je ressors de cette lecture un peu groggy mais très satisfaite. Les personnages y sont fouillés à juste dose, l’âme humaine y est étalée et l’écriture y est sensible. J’ai adoré ce roman et évidemment, il rejoint directement l’étagère des livres préférés (eh ouais, à ce point-là) parce qu’il a ce petit truc en plus qui m’a fait vibrer.

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