Stephen King – L’Outsider

51IC7Z8Ab5L._SX321_BO1,204,203,200_.jpgLe Diable peut avoir de nombreux visages.
Et s’il avait le vôtre ?

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses d’ADN ne laissent aucun doute. Dossier classé. À un détail près : Terry Maitland a un alibi en béton. Et des preuves tout aussi irréfutables que les preuves qui l’accusent.
Qui se cache derrière ce citoyen au-dessus de tout soupçon ?


Après le roman récemment chroniqué L’année du loup-garou qui fut mon premier King, je me suis lancé dans L’Outsider, convaincue de son potentiel par Katia dont je partage la chronique ici, et ce malgré quelques protestations. L’Outsider spoile Mr Mercedes et on m’a prévenue, à plusieurs reprises, qu’il était fort dommage de commencer par L’Outsider. Problème, Mr Mercedes fait partie des livres abandonnés auxquels je me suis frotté, j’ai donc quelques a priori et n’ai pas voulu retenter avant de lire le dernier sorti. Tant pis. J’ai franchement préféré lire celui-ci en espérant qu’il me donne envie de tenter à nouveau Mr Mercedes. Donc, point de vue d’une personne n’ayant pas lu ce livre et qui ne connaît pas du tout King : je n’ai ressenti aucun manque, je n’ai pas eu l’impression de passer à côté de quelque chose ou encore que l’on me révélait l’entièreté et/ou le dénouement d’une autre intrigue. Il faut clairement l’avoir lu pour déceler une quelconque référence et si on ne me l’avait pas dit, je ne l’aurais pas su étant donné que l’auteur lui-même ne mentionne pas le livre, simplement des personnages et une affaire que j’aurai oublié lorsque je lirai Mr Mercedes.

À l’origine, cette chronique devait être (très) longue et (trop) désordonnée (oui encore plus que ça). À l’origine, elle a été écrite pendant la lecture de L’Outsider parce que vu l’épaisseur du livre, j’ai eu peur d’oublier des choses, et rapidement, c’est parti dans tous les sens pour finalement ne plus ressembler à rien. À la relecture qui m’aurait, en temps normal, permise de remettre tout ça dans un ordre logique, je me suis rendu compte que je parlais très peu du livre et que j’avais passé 1500 mots (pile !) à me justifier sur tout ce que j’ai pu dire de négatif sur King sans jamais n’avoir réussi à le lire, puisque là était mon problème. Mais tout ça, j’en ai déjà parlé récemment dans la chronique de L’année du loup-garou, je ne pouvais donc pas remettre le couvert.
Je ne peux non plus vous parlez de l’intrigue, si riche et passionnante qu’elle mérite qu’on la découvre sans se faire spoiler ne serait-ce que le nom d’un personnage. Sachez simplement que le but de ce livre est de démontrer comment un tueur a pu être à deux endroits en même temps, devenant ainsi à la fois coupable et innocent de façon irréfutable. Alors oui, en effet, il y a une enquête mais pas aussi conventionnelle et cadrée qu’on a l’habitude de le voir. En réalité, l’intrigue est un peu montée à la façon d’un Colombo dans lequel tout est dit au début, il ne reste plus qu’à démêler tout ça et à révéler comment c’est possible. Mais à la différence de Colombo, L’Outsider a beaucoup plus de personnages, de richesse dans les faits et l’intrigue, et surtout une pointe de surnaturelle.

Mais alors que dire ?

J’ai choisi de vous parler d’un moment précis au cours de ma lecture : le moment où j’ai croisé pour la première fois le mot « outsider ». Concrètement, j’ai ressenti l’enthousiasme du lecteur qui déguste l’instant présent grâce à une lecture. Cette boule d’excitation, de plaisir, d’adrénaline peut-être, mais surtout ce bien-être qui nous enveloppe parce qu’on a une histoire en béton sous les yeux, une histoire qui nous emmène loin et haut et qu’on adore ça ! Et alors on se dit : voilà, on y est. On a notre bonne lecture, celle qui se démarque, celle qui est immersive, celle qui nous ferait croire qu’un gamin a été violé à deux pas de chez nous. Celle qui nous fait vivre les scènes comme si on y était, cette fameuse histoire qui a la bulle.
Une des choses les plus formidables que je trouve dans la lecture, est la capacité de certains auteurs à enfermer leurs lecteurs dans une bulle à l’intérieur de laquelle tout devient vrai, possible et réel. Les livres deviennent alors un monde vivant avec de vrais gens qui évoluent  (et qui dit vrais gens dit identités propres et distinctions entre chaque personnage), et si l’on sort le lecteur soudainement de sa lecture en lui disant que tout ceci n’était pas réel, sûr qu’il vous dira que non, il y était !
Cette bulle, L’Outsider l’a indéniablement dès le premier chapitre. Tout est fait, écrit et mis en scène pour que ça paraisse vrai, possible et réel. Ainsi au contact des yeux et de l’imagination du lecteur – moi – ça le devient, vrai, possible et réel. Tout a pris vie à mesure que je le lisais et chaque personnage modélisé se démarquait de son voisin, chaque détail – du minuscule caillou à la gigantesque grotte – prenait forme et le retour à la réalité, la vraie, a été déstabilisante tant on oublie notre propre existence.

J’ai choisi de parler de ce passage parce que je suis certaine que chaque lecteur l’a vécu au moins une fois ; cet instant où quelque chose nous envahit et nous fait aimer le moment de lecture présent en nous enveloppant de bien-être et de satisfaction. Et bien je dois être honnête avec vous : cette petite chose si spéciale, je l’ai ressentie quasiment du début à la fin. Ce livre est génial, prenant et très immersif. Il n’a ni longueurs, ni tergiversations, ni paragraphes inutiles. Il a le mystère, l’écriture, le suspense et les personnages. Il ne manque de rien et il a tout.
L’auteur nous tient et, difficiles sont les moments où on doit se séparer du livre. Il a néanmoins un petit bémol à mes yeux, qui sera mon seul petit regret qui a tout de même laissé sa marque : la manière dont la pointe de surnaturelle est intégrée à l’histoire (et pas le surnaturel en lui-même, la nuance est importante), et qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Hormis cela, j’ai passé un très agréable et intense moment de lecture que je ne suis pas prête d’oublier. Le surnaturel ne doit pas rebuter, il donne un coup de fouet au dernier tiers de l’intrigue, accélère le rythme et surtout, permet de créer un final marquant à base de grotte plus vraie que nature. Brrr!!

Prochaine étape, Simetierre et Mr Mercedes, bien évidemment.

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9 commentaires sur « Stephen King – L’Outsider »

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