Johana Gustawsson – Block 46

1015-Block46_org.jpgFalkenberg, Suède. Le commissaire Bergström découvre le cadavre terriblement mutilé d’une femme.
Londres. Profileuse de renom, la ténébreuse Emily Roy enquête sur une série de meurtres d’enfants dont les corps présentent les mêmes blessures que la victime suédoise : trachée sectionnée, yeux énucléés et un mystérieux Y gravé sur le bras.
Étrange serial killer, qui change de lieu de chasse et de type de proie…
En Suède, Emily retrouve une vieille connaissance : Alexis Castells, une écrivaine pleine de charme spécialisée dans les tueurs en série.
Ensemble, ces deux personnalités discordantes se lancent dans une traque qui va les conduire jusqu’aux atrocités du camp de Buchenwald, en 1944.


Je suis une nouvelle fois à la ramasse puisque beaucoup de monde a lu ce livre et je débarque avec quelques trois ans de retard. J’ai envie de dire : comme d’habitude. Mais finalement, j’aime bien. Ça déterre des livres un peu oubliés et ça me permet de prendre du recul par rapport aux retours. Merci Annick pour cette lecture.

Il faut savoir que j’ai un rapport très compliqué avec la Seconde Guerre mondiale, le nazisme en particulier. J’aime beaucoup les histoires qui se passent à cette époque tout en les redoutant depuis l’affaire Gilbers et sa trilogie, à mon avis ratée, qui a débouché sur un abandon du dernier tome. Et des trilogies (et des one shot) qui se déroulent à cette période, on en trouve par dizaine. Pourquoi ? aucune idée. Trilogie et nazisme font apparemment bon ménage.
Alors lorsque j’ai découvert qu’une partie de l’intrigue de Block 46 se passait en 1944, en Allemagne et en compagnie de celle qu’on se présente plus : la SS, j’ai brusquement freiné. Hop hop hop, doucement, ne nous emballons pas trop vite. Oui le début est prenant, oui l’auteure met en place le suspense dès les premiers chapitres mais calmons-nous et prenons du recul.

D’un côté, en 2014, un corps est retrouvé et l’on suit le groupe d’amis de la défunte – et parmi eux Alexis Castells, une écrivaine -, ainsi que l’enquête menée par Bergström et surtout Emily Roy, une profileuse. Vous ai-je déjà parlé de mon engouement pour les profileurs ? Oui, un peu grâce à la lecture et chronique de Sacrifiées de Jérôme Dumont. C’est une profession qui me fascine et j’adore les personnages profileurs. Alors forcément, la petite Emily Roy m’a rapidement tapé dans l’œil, et mon engouement pour cette partie-là de l’intrigue est en partie dû à elle. À elle mais aussi à l’état du corps retrouvé, et au fait que derrière ce meurtre se cache un tueur en série qui sévit sur des victimes bien particulières.
De l’autre côté, en 1944, le camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne, et l’horreur qui s’y joue. L’auteure enfonce le nez du lecteur, pardonnez-moi la tournure, dans la merde et montre, raconte, écrit, ce qu’on peut trouver de pire dans ces camps. Des odeurs aux horreurs tout y passe et il faut avoir l’estomac bien accroché à certains moments. À la tête de cette seconde intrigue, Erich un allemand déporté qui nous fait visiter une partie des coulisses des camps de concentration, au moins celui de Buchenwald. Et le choix de montrer le pire sans que ça tombe dans la facilité ou dans l’appât pour lecteurs en manque d’atrocités, est plutôt bien défendu.

L’intrigue se divise donc en deux, a priori sans aucun rapport mais qui sait ce que Johana Gustawsson vous réserve ? Il faut aller au bout pour le savoir…
J’ai donc découvert cette intrigue avec intérêt et ai rapidement achevé cette lecture. Eh donc, surprise ! ce n’est pas le pan nazi de l’intrigue qui m’a rendu le plus sceptique. On en parle ? Allons-y.

Concernant l’histoire, je l’ai beaucoup aimée dans sa globalité mais le pan qui concerne l’enquête en 2014 traîne parfois en longueur. Certains détails ne sont pas forcément utiles et certaines étapes des investigations sont ennuyeuses, répétitives et/ou longues. En réalité, c’est comme si l’auteure avait intentionnellement fait traîner cette partie de l’histoire, mais peut-être est-ce parce que sans cette lenteur, l’histoire d’Erich, beaucoup plus riche, aurait été bouclée bien après l’enquête. Ça aurait été dommage en effet… mais du coup ça se sent un peu que l’une des deux histoires est « intentionnellement » lente pour ne pas dépasser l’autre. En tout cas, je l’ai ressenti comme ça.
Et puis, je me suis posé une question : qu’apporte le personnage d’Alexis Castells à l’intrigue ? Je n’ai pas du tout compris le nécessité de mêler ce personnage à l’enquête, personnage qui n’apporte strictement rien, qui ne parle quasiment jamais et se contente de suivre Emily Roy comme un bon toutou. Attendez, ne me dîtes pas que c’est elle, l’écrivaine, qui va trouver la solution à l’énigme qu’est l’enquête et faire passer les flics pour des trous du cul ?
Dernier point, j’ai été très frustrée que les dialogues en allemand et suédois n’aient pas été traduits. Vraiment c’est frustrant et ce n’est pas la première fois que ça arrive chez les auteurs français. S’il vous plaît, traduisez pour les lecteurs qui ne parlent pas de langue étrangère !
Bref, j’ai nettement préféré la partie Erich qui remonte à la fin de l’année 1944 pour progressivement revenir dans le présent de l’intrigue générale, pour finalement rejoindre l’enquête. Cette partie-là raconte la vie d’Erich sur fond d’Histoire, vie passionnante faite de cruauté, de folie, de sang et d’amour aussi. Un personnage complexe à la vie rocambolesque qui n’a pas manqué de me toucher et de me dégoûter en même temps. Une histoire sans temps mort et sans lenteur ou longueur.

Block 46 a ses jolies choses, son écriture sympathique, ses courts chapitres qui donnent du rythme, son histoire sur fond d’Histoire, certains personnages charismatiques et passionnants et une fin surprenante qui réunit toutes les intrigues et personnages. Mais ce livre n’a pas tenu sur toute la longueur avec moi à cause de cette enquête interminable, creuse, beaucoup trop étirée. Et c’est bien dommage parce que le tableau final est génial ! Le risque lorsque je suis confrontée à un roman qui joue sur deux tableaux pour finalement les assembler à la fin, c’est de sentir que l’un est au-dessous de l’autre. Et c’est ce qu’il s’est passé avec Block 46.
Malgré ces bémols, le second livre de l’auteure mettant en scène nos deux personnages féminins principaux, me fait drôlement envie et je me laisserai sûrement tenter parce que cette découverte de l’auteure a été globalement bonne. Il y a du potentiel et je me servirai de Mör pour me faire une opinion plus approfondie.

Retrouvez Block 46 sur le site de Bragelonne.
Pour en savoir plus sur Mör.

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7 commentaires sur « Johana Gustawsson – Block 46 »

  1. Lorsque je l’ai lu, je n’ai pas partagé l’engouement général mais j’ai compris avec le recul que mon état d’esprit ne me le permettais pas à ce moment-là. Puis j’ai lu mör où j’ai nettement plus accroché, abstraction faite de la coïncidence qui ramène les deux équipes sur une enquête. Mais ton analyse est vraiment bonne et exprime avec rationalité ce que mes émotions m’ont empêchée d’identifier au moment de ma lecture. J’espère vite avoir ton avis sur Mör !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci 😁 Je comprends qu’on puisse adorer ce livre et au contraire rester complètement en dehors, ne pas comprendre, ne pas adhérer. Je me situe entre les deux je crois ^^
      Pour ce qui est de Mör, ça devrait arriver dans l’année… j’ai une liste d’achats qui attend que ma PAL se vide et ensuite ça sera au tour de la deuxième vagues dans quelques mois… Mör devrait être dedans 😉

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