Arnaldur Indridason – Les nuits de Reykjavik (série Erlendur)

515v7SCc9QL._SX301_BO1,204,203,200_.jpg

 


Le corps du sans-abri flottait près du pipeline où il avait trouvé refuge. Triste fin pour un alcoolique ? Affaire bouclée ou presque… Un jeune policier, intuitif et obstiné, juge la thèse de l’accident douteuse. Dans la nuit boréale, entre foyers de clochards et planques de dealers, il sillonne Reykjavik, déterminé à résoudre ce mystère. Ce policier n’est autre qu’Erlendur.


J’ai découvert Arnaldur Indridason avec La femme en vert que j’ai adoré. Ce livre avait tout ce que la plupart des romans policiers modernes n’ont pas : une intrigue originale qui s’écarte des sempiternels tueurs en série et scènes de crimes macabres avec sang et tripes ; des méthodes d’enquête conventionnelles et clichés balayés par la nouveauté ; un personnage principal charismatique et marquant ; une écriture et une construction qui donnent du cachet ; bref, ce livre m’a redonné espoir et m’a donné envie de lire de nouveau du policier.
C’est donc sans hésitation que j’ai sorti Les nuits de Reykjavik de ma pile à lire avec l’intime conviction que ça allait dépoter. Et puis non ou pas tout à fait.

Arnaldur Indridason signe avec ce roman la première enquête d’Erlendur, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est lent, long et répétitif. Ce livre porte cependant merveilleusement bien son nom puisqu’en effet, les nuits de Reykjavik, nous allons les vivre. Peut-être même que « Les rues de Reykjavik » aurait tout aussi bien convenu tellement j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la ville jusqu’à en avoir le tournis. Je n’ai pas compté le nombre de chapitres qui débutent soit en informant le lecteur du temps qu’Erlendur a dormi (s’il a dormi), soit en résumant les interventions de la patrouille de nuit (puisque c’est le travail d’Erlendur) qui sont sans rapport avec l’histoire (pas toutes) mais parfois avec une énumération de trois ou quatre noms de rue imprononçables pour moi, mais c’est revenu régulièrement. Trop, si bien que je n’ai plus vu que cela. Si bien que lorsqu’un chapitre commençait par autre chose, je le remarquais et soupirais de soulagement. Oui, à ce point-là. Pareil pour les dialogues de type interrogatoire qui manquent parfois de fluidité parce que les personnages répètent les mêmes choses ou les mêmes questions.
Il faut du temps pour que l’intrigue démarre réellement et qu’enfin on entre dans le vif du sujet. Et j’ai trouvé le temps long.

Mais lorsqu’enfin la machine est lancée, alors l’enquête devient passionnante. Sans user de twist à gogo, de révélations extraordinaires et de confidences incroyablement dingues, l’auteur démêle petit à petit son intrigue et l’histoire du sans-abris retrouvé mort. Erlendur rencontre la famille du défunt, ses connaissances et ses déviances mais fait surtout entrer le lecteur dans un monde pas forcément connu : celui de la rue. Parce que finalement, c’est aussi cela, Indridason. C’est parler de sujets importants et/ou graves, ouvrir les yeux des lecteurs et leur montrer la face dégueulasse du monde, sous couvert d’enquête qui passe au second plan. Ici sont abordés le deuil, la culpabilité, les histoires familiales, l’alcoolisme, la vie dans la rue, les accueils et les hébergements pour les sans-abris, les conditions de vie des personnes sans domicile, les relations entre SDF et policiers et j’en passe.
Le dénouement est à la hauteur de ce que j’attendais de ce livre et j’ai dévoré les cent dernière pages qui entretiennent le suspense et la curiosité, d’autant plus que plusieurs affaire se mélangent et sont résolues et que les masques tombent. J’adore !

Un livre qui, je trouve, met du temps à démarrer mais il faut reconnaître que j’adore lorsqu’un auteur me pousse dans l’intrigue dès la première page. C’est pour cela que j’aime autant John Hart qui ne laisse le temps ni à la présentation des personnages ni du cadre et nous plonge directement dans le résumé de ses quatrièmes (Redemption Road est génial, si ça vous intéresse). Une affaire de goût.
Evidemment, j’ai noté un autre livre du même enquêteur, en reprenant la série dans l’ordre cette fois-ci et on se retrouvera pour parler d’Indridason avec La cité des jarres. Parce que si Les nuits de Reykjavik met du temps à démarrer, il n’en reste pas moins plaisant. Enfin, le doute subsiste : que se serait-il passé avec ce livre si j’avais lu la série dans l’ordre ? Les nuits de Reykjavik a beau être la première enquête d’Erlendur et pouvoir se lire indépendamment, il n’a pas été le premier publié…

Les nuits de Reykjavik

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s