Niko Tackian : Avalanche Hôtel

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SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS À VOS SOUVENIRS !

Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd connaissance…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Cette chronique ne va ressembler en rien aux autres puisque je ne vais pas uniquement parler d’Avalanche Hôtel qui soit dit en passant, ne m’a pas du tout convaincue. Je vais plutôt expliquer pourquoi je me suis acharnée à lire tous les livres de cet auteur jusqu’à cette dernière sortie, et pourquoi ce sera le dernier.

J’ai connu Niko Tackian avec la lecture de La nuit n’est jamais complète que j’ai adoré, conseillé, que j’ai même prêté et que je continuerai de défendre en disant qu’indéniablement, à mes yeux, il s’agit du meilleur Tackian. Dans ma dernière chronique qui concernait l’auteur, je disais que ce livre « reste, à mon avis, le meilleur Tackian, le plus abouti dans le style, les émotions et l’histoire, mais aussi le plus original dans sa globalité ». Je maintiens clairement.
J’ai ensuite lu Toxique et là, l’auteur a commencé à me perdre. Je n’ai pas du tout aimé ce livre, pas compris son but et l’enquête m’est passé au-dessus de la tête. J’ai en revanche plus aimé sa suite, Fantazmë, uniquement parce que le personnage y est un peu plus creusé et sans ça, avec le recul, je n’aurais encore pas compris je pense. J’ai donc décidé de donner une chance à l’auteur en lisant Quelque part avant l’enfer dont on m’avait dit énormément de bien.
Rebelote, l’auteur m’a complètement perdue ; je n’ai pas adhéré à l’histoire ni à l’utilisation de l’Expérience de Mort Imminente que j’ai trouvé survolée alors qu’elle prend presque toute la place.

Je me suis donc retrouvée avec un avis global mitigé, avec comme seul point commun à tous ces bouquins d’avoir au moins eu le mérite de me garder jusqu’au bout grâce à l’écriture de l’auteur qui fait que ses écrits se lisent tout seul.
Si je me suis lancée dans la lecture d’Avalanche Hôtel, c’est parce que je voulais trancher. Je voulais avoir un avis définitif et aujourd’hui, force est de constater que finalement, Niko Tackian n’est pas fait pour moi. J’ai tranché et je vais donc très rapidement parler de ce livre, mais pas trop parce qu’à part l’écriture toujours aussi fluide, je n’ai rien de positivement marquant à dire. Ah si, la fin. Même en ayant vu arriver le dénouement dès que l’auteur a parlé de la situation familiale du personnage principal, j’ai tout de même refermé le livre sans la frustration de la fin bâclée ou ratée.

Premier problème, Avalanche Hôtel n’est pas ce à quoi je m’attendais. La quatrième m’a vendu ce livre comme un thriller ; or, je n’ai pas vu de grandes différences avec Fantazmë concernant le genre, dans le sens où les deux personnages principaux sont flics, qu’il y a des corps et des disparitions, qu’il y a une enquête à résoudre avec des investigations et des sortes d’interrogatoires, et que l’enquête est finalement résolue. Il y a les codes du policier légèrement adaptés à la situation, mais sur le fond ça ressemble à un policier. Il y a donc eu un souci dans la façon avec laquelle j’ai abordé le livre et ce qu’on m’a donné.
Second problème, les clichés. Le duo de flics qui couchent ensemble, check. La relation ambiguë qui suit avec l’un qui veut plus que l’autre, et l’autre mal à l’aise à cause de l’un, check. La femme flic qui a les allures de bonhomme, check. La femme avec des problèmes de poids, check. L’érection à la vue de seins camouflés mais moulés sous un pull, check. L’enfance et/ou adolescence compliquée avec tentative de suicide, check
Troisième souci, tous les rebondissements et toutes les révélations sont arrivés sous mes yeux comme des convois exceptionnels avec motards et voitures en amont, gyrophares allumés et sirène hurlante histoire d’avertir que ça va arriver. Et ça arrive forcément, dénouement compris (même si j’ai bien aimé la fin, soulignons-le de nouveau).
Quatrième problème, l’ambiance de la couverture totalement absente du roman. Je m’attendais à frémir, à avoir des frissons et froid dans le dos. Rien. Le décor est à peine planté, la neige et la froideur font de la figuration (et on répète un peu toujours la même chose pour faire comprendre au lecteur qu’il fait froid) et je n’y étais pas du tout !
Dernier souci, la fixation faite tout au long du roman sur la chambre 81 pour finalement arriver à pas grand-chose. C’est dommage parce que le mystère fait autour de cette chambre (dans le livre et dans la communication avant publication) est plutôt bien construit, sauf que je m’attendais à une explication de dingue et pouf ! effet soufflé.

Bref. Les livres de Niko Tackian ont beau avoir du potentiel, un style plutôt plaisant et des histoires sûrement censées me plaire, ça ne prend pas. Et comme la lecture est un budget, je fais de plus en plus de choix. Tout comme j’ai décidé de ne plus lire Henri Loevenbruck pour des raisons plus radicales, Avalanche Hôtel est donc mon dernier Tackian, un peu à regret ayant secrètement espéré que ce livre me ferait tomber du bon côté. Mais non.
Je n’ai pas été prise par l’histoire, je n’ai eu aucune empathie et aucun attachement pour les personnages que j’ai trouvés transparents, je n’ai pas été curieuse ou inquiète au contraire, ma lecture a été neutre, sans émotions, sans suspense, sans attente exceptée celle d’arriver au bout.
Malheureusement, je me suis ennuyée et la confusion entre rêve et réalité n’a pas changé grand-chose. Je me suis sentie totalement exclue du concept parce que vue de l’extérieur, dans l’écriture, la différence entre rêve et réalité est flagrante. Dès lors, le doute n’est quasiment plus possible.

C’est malgré tout sans amertume que nos chemins se séparent, j’ai passé de bons moment à lire cet auteur, juste pas assez pour persister et le suivre. Loin de moi l’idée de remettre en cause le talent de l’auteur et de convaincre les lecteurs de ne pas le lire, il y a une différence profonde entre un auteur qu’on ne lira plus parce que l’on est pas réceptif à ses écrits, comme moi avec Niko Tackian, et un auteur qu’on ne lira plus parce qu’on a le sentiment de s’être fait avoir, d’avoir été trompé ou que l’auteur se fout vraiment de la tronche du lecteur. Ça n’est vraiment pas le cas ici, c’est une question de goût et de choix. Il y a chez Niko Tackian une originalité certaine ainsi qu’une logique dans les écrits et les thèmes abordés qui plairont sans aucun doute plus à d’autres qu’à moi.
C’est pour ça que je me permets de partager une chronique totalement différente de la mienne qui soulève des points et voit des choses que je n’ai pas du tout ressenties ou vues, mais je comprends qu’on puisse les voir :
https://encoreunlivreweb.wordpress.com/2019/01/02/avalanche-hotelniko-tackian/

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