Arnaldur Indridason – La femme en vert (série Erlendur)

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Dans un jardin sur les hauteurs de Reykjavik, un bébé mâchouille un objet étrange… Un os humain ! Enterré sur cette colline depuis un demi-siècle, le squelette mystérieux livre peu d’indices au commissaire Erlendur. L’enquête remonte jusqu’à la famille qui vivait là pendant la Seconde Guerre mondiale, mettant au jour les traces effacées par la neige, les cris étouffés sous la glace d’une Islande sombre et fantomatique…


Merci une nouvelle fois à Katia du blog Encore un livre qui me permet de découvrir un nouvel auteur.
Avec ce livre, c’est en réalité tout un univers que je découvre, celui des auteurs nordiques, au moins d’un : Arnaldur Indridason. Un univers dont on m’a énormément parlé, surtout Katia 😘 qui est devenue ma petite référence à moi, (quand on parle de lecteurs d’auteurs nordiques, c’est à elle que je pense). Alors j’étais certaine qu’elle m’avait concocté un cadeau aux petits oignons avec La femme en vert, pas choisi au hasard je suppose.

Je crois qu’il s’est produit là-bas des événements qui sont demeurés secrets pendant toutes ces années. Quelqu’un a été planqué à cet endroit et il n’aurait jamais dû être découvert, mais voilà, Reykjavik l’a rattrapé et c’est à nous de découvrir ce qui s’est passé.

Là où j’attendais l’auteur que beaucoup de lecteurs plébiscitent, c’est sur l’enquête en elle-même. Vous le savez maintenant, je me suis fortement lassée du genre policier parce que je trouve la plupart de ces romans actuels très creux. Si les enquêtes me passionnent toujours autant, j’ai besoin de plus et surtout de quelque chose de différent, que cela concerne la richesse de l’intrigue, l’originalité du motif de l’enquête et l’enquête en elle-même ou le rôle des personnages qui font parfois uniquement de la figuration.

Concernant La femme en vert, la quatrième de couverture dit globalement tout ce qu’il y a savoir sur l’enquête mais il ne s’agit pas d’investigations traditionnelles. Traditionnelles dans les romans policiers, je veux dire. Parce que dans les vraies enquêtes policières, elles le sont sûrement. La femme en vert, comme trop peu de romans policiers, casse les codes en intégrant des archéologues à l’enquête. J’ai adoré imaginer ce petit attroupement de professionnels autour du cadavre, avec leurs petits pinceaux déblayant avec minutie les ossements et cherchant dans chaque couche de terre des indices capitaux. Comme quoi il suffit d’un tout petit détail pour se différencier et avoir toute mon attention.
Mais qui dit archéologie, dit patience et minutie, alors pendant très longtemps dans le roman, il n’y a pas de corps sur lequel travailler. Et finalement, peut-être l’enquête n’est-elle alors qu’une excuse pour aborder certains sujets, comme les violences conjugales par exemple, et surtout de raconter autre chose, ce qui me permet de parler du second (gros) détail que j’ai vraiment adoré dans ce livre : le fait que l’auteur ait choisi de s’éloigner fortement de l’enquête pour entrer dans la vie personnelle du personnage principal : Erlendur Sveinsson, et surtout de raconter la vie d’une famille en parallèle (grâce aux investigations concernant la possible identité du corps en pleine exhumation). Je ne veux pas trop en dire parce que tout a un lien et une certaine logique qui se découvre pas à pas, mais vraiment, cette originalité dans l’intrigue et la construction apportent une fraîcheur certaine au roman policier qui, finalement, n’est pas que ça loin de là.

Exit l’intrigue faussement compliquée, les découvertes macabres, le gore, l’hémoglobine, les tueurs tarés et les rebondissements à couper le souffle. Dans La femme en vert, on s’intéresse à l’histoire des personnes susceptibles de se trouver au fond du trou et c’est cela qu’Arnaldur Indridason nous raconte en toute simplicité et en émotion. Définitivement, l’enquête sert d’excuse, elle permet de poser les bases de l’intrigue et de trouver un sens à l’exploration de ces vies pour la plupart consumées, tout en étant également là, en filigrane, tout au long du roman comme le fil qui maintient bien droit l’ensemble de l’intrigue.
J’aurais adoré vous parler de l’histoire, et notamment une des familles que l’auteur décortique, mais je l’ai tellement aimée que j’ai peur d’aller trop loin dans la façon d’en parler et de révéler trop de choses. Les sujets abordés sont de vrais sujets, pertinents et importants, plutôt bien traités dans ce qu’ils ont de plus remuant et de violent, tout en réveillant le lecteur en le confrontant à une certaine réalité qui existe toujours de nos jours.
J’ai trouvé ce livre très original et poignant, dur et attendrissant et j’ai vraiment adoré la manière dont l’enquête est utilisée et cette façon qu’elle a de prendre de la distance lorsque c’est nécessaire. La femme en vert n’est pas un policier avec une enquête qui prend toute la place et des policiers qui fourmillent à chaque page. Si l’on aime la construction et les codes de fond du policier, mais sans tout le reste, ce livre fait vraiment partie de ceux-là.

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