John Hart – Le roi des mensonges

41swzkk9x4l._sx323_bo1,204,203,200_Je jetai un coup d’œil au groupe de policiers. Ils étaient là pour me voir, moi, un avocat de la défense, face à un meurtre qui ne serait pas pour moi une simple affaire criminelle, car la victime, cette fois, était ma propre chair, mon propre sang. Je savais ce qu’ils attendaient, et je baissai de nouveau les yeux sur ces ossements pâles. Mais rien dans mon regard ni mon corps ne me trahit, ce dont je me félicitai. Parce que ce que j’éprouvais, en vérité, c’était le retour d’une longue et patiente rage et la ferme conviction que c’était dans la mort que mon père me paraissait le plus humain.


Le roi des mensonges est le quatrième livre de John Hart que je lis. J’ai été très emballée par les premières phrases du livre, puis perturbée par quelques petites imperfections sur la forme (une poignée de mots s’est faite la malle, il y a quelques fautes de frappe et de traduction), puis n’ayant pas lu la quatrième je me suis bien demandée où on allait (comme toujours avec John Hart) et j’ai même douté.
Douté parce que là où d’habitude je sais que la confusion est voulue et surtout maîtrisée, les prémices de ce qui ferait la patte John Hart (Le roi des mensonges est son premier roman) n’avaient pas le même aplomb ni la même consistance que les autres livres. Disons-le : la confusion du début m’a quelque peu perdue, ce qui n’était jamais arrivé malgré l’épais brouillard qui entoure le début de chaque roman de cet auteur.
Et pourtant, à peine avais-je commencé ce livre que j’atteignais déjà la centième page, un peu surprise n’ayant pas été consciente du temps passé dans ce roman. Oui, la machine John Hart fonctionne avec ce premier roman parce que la confusion du début laisse rapidement place à beaucoup d’interrogations et de mystère, mais, petite déception quand même avec ce livre, à regret, vous pensez bien que j’ai bien failli en chialer…

Même si je crois que, peu importe l’ouvrage qui passe avant une nouvelle lecture, si elle doit être bonne, elle le sera forcément (et l’inverse est tout aussi vrai), après la lecture si bouleversante de Fratricide (dont vous pouvez retrouver la chronique ici) j’ai choisi de lire un John Hart. En ces temps un peu troublés qui suivent les fêtes et durant lesquels mon humeur joue au yo-yo, je me suis dit que c’était une bonne idée.
L’idée aurait en effet pu être bonne si seulement je n’avais pas autant pensé à un autre livre du même auteur dont les personnages ont des histoires et des caractéristiques similaires mais aussi, et peut-être surtout, si la marque du « premier roman » ne s’était pas autant vue (c’est le problème quand on commence par les dernières publications d’un auteur). Bref, allons-y.

Je tournai dans l’allée, passant sous la voûte sentinelle des arbres et entrai dans le temps de mon enfance, gisant autour de moi comme des éclats de verre brisé. Sous la soudaine nappe de silence, je revoyais mon premier vélo, le visage de mon père réjoui par la réussite ; et ma mère, encore en vie, contemplant le sourire de la petite Jean. Je revoyais toutes ces choses que le temps n’avait pas encore patiné.

L’histoire de la famille Pickens est compliquée comme toujours dans les livres de John Hart qui exploite avec brio, les histoires de famille. À la tête, il y a Ezra Pickens, célèbre et richissime avocat dont la femme est tragiquement décédée suite à une chute dans les escaliers. On trouve ensuite les enfants, Jackson Workman Pickens, dit « Work », le narrateur qui est lui-même avocat, marié à Barbara dont il n’a pas d’enfant et qui trompe allègrement sa femme, et Jean une jeune femme dépressive, très dépressive. Et on n’en sait pas plus. Enfin si. On sait qu’Ezra est retrouvé mort et qu’il avait disparu depuis la soirée durant laquelle sa femme est décédée. Cette annonce n’a pas l’effet d’une bombe, tout le monde semble s’en foutre royalement et alors que le processus de deuil n’est pas encore entamé, rancœur et secrets refont surface. Les Pickens cachent des choses et l’enquête autour du meurtre d’Ezra va dépoussiérer tout ça.

Le problème majeur que j’ai avec ce livre c’est que, là où tous les autres me surprenaient par leur originalité même si le cœur du sujet est toujours le même (la famille), Le roi des mensonges m’a énormément fait penser à La rivière rouge du même auteur. Il y a notamment des similitudes flagrantes entre Work et Adam (personnage principal de La rivière rouge) et ça commence par le fait que leur entourage les laisse tomber quand ils sont accusés de meurtres. S’il n’y avait eu que ça, je m’en serais remise et aurais sûrement apprécié Le roi des mensonges d’une autre façon. Mais la ressemblance ne s’arrête pas là puisque que dans les deux cas voici ce qu’on trouve : deux personnages principaux solitaires, aux relations avec les femmes très compliquées (avec au centre un amour sincère mais impossible), avec une sœur à problèmes (un peu les mêmes problèmes) qu’ils chérissent tous les deux beaucoup, un père qui les écrase allègrement et une mère morte me semble-t-il (je ne suis pas sûre concernant La rivière rouge, il y a bien une belle-mère mais je ne sais plus exactement ce qui est arrivé à la mère). Bref, c’est un peu du réchauffé en ce qui me concerne et comme j’ai lu La rivière rouge avant, j’ai tendance à le préférer d’autant que l’histoire est beaucoup plus surprenante et riche, et que j’ai adoré ce livre.

Le roi des mensonges n’est pas pour autant un mauvais roman et le dénouement est à la hauteur de l’auteur ! Sans elle, ma lecture n’aurait pas été sauvée. Pour autant et je dois le souligner, je n’ai pas retrouvé la profondeur dans les personnages ni dans le style que je chérie tant d’habitude ! Je pense sincèrement que ce livre-ci ne restera pas longtemps dans mon esprit parce qu’il ne m’a ni marquée, ni impressionnée et c’est bien la première fois avec John Hart, mais parait-il qu’il faut toujours un livre au-dessous des autres dans la bibliographie d’un auteur. Trouvé !

Le roi des mensonges

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