Harald Gilbers – Les fils d’Odin (série Richard Oppenheimer 2)

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Berlin, début 1945. Au cœur d’une ville dévastée, Richard Oppenheimer, juif et ancien commissaire, vit dans la peur de faire partie des tout derniers déportés. Aidé par son amie Hilde, fervente opposante au régime, il mène une existence dans l’ombre. La situation s’aggrave brusquement lorsque Hilde est accusée d’avoir tué son ex-mari, membre des SS impliqué dans les atroces expériences humaines menées à Auschwitz. Avec une broche portant un sigle runique comme seul indice, Oppenheimer se lance dans une enquête risquée pour démasquer le vrai coupable. Ses recherches le mènent à un mystérieux culte germanique qui n’a qu’un seul objectif : assurer la suprématie de la race aryenne.


Ne tergiversons pas, ce second « tome » de la série Richard Oppenheimer ne m’a pas autant emballée que le premier, Germania. (La chronique ici).

Il y a neuf mois, je publiais un retour plutôt enthousiaste sur Germania qui n’annonçait que du bon. Une trilogie achetée sur un coup de tête grâce à la communication faite autour de la sortie du dernier livre, Derniers jours à Berlin. Ayant beaucoup aimé Germania, je me suis lancée presque aussitôt dans la lecture de Les fils d’Odin.
Ou bien enchaîner ce second livre sans pause entre les deux était une mauvaise idée, ou bien ce livre ne me correspond tout simplement pas. Ma chronique ne sera pas totalement négative mais je suis très partagée et plutôt sans voix devant ce second opus qui m’a demandé neuf mois pour le finir et a tout à envier à son prédécesseur. Il n’empêche que j’ai des choses à dire.

Je m’attendais sûrement, comme dans toute bonne série « policière » (puisque enquête il y a dans cette série Richard Oppenheimer) à ce que le second « épisode » garde l’essentiel de la série mais aussi que les décors voire l’ambiance, les personnages et l’enquête évoluent et que d’autres protagonistes fassent vivre l’histoire. Or, la plupart du contexte de Germania est gardée : personnages, construction du livre, lieu, ambiance… Pour résumer, il y a très peu de nouveauté lorsqu’on commence Les fils d’Odin (ce qui n’est pas du tout le cas avec Derniers jours à Berlin, puisque j’ai déjà commencé le dernier livre de cette série). On reprend les mêmes ingrédients et on continue. Bien sûr, le contexte historique ne peut être changé parce qu’au fond les enquêtes et les personnages ne sont que des excuses pour parler et disséquer l’Allemagne nazie, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai acheté cette trilogie. Mais pour le reste, il aurait été facile d’apporter un peu de fraîcheur et de nouveauté, ce qui n’est pas du tout le cas.
Alors j’ai enduré la première moitié du livre à cause de ce manque de renouveau mais aussi parce que le personnage concerné par l’enquête, et bien je m’en fiche. Une femme (présente dans le premier roman) est accusée d’avoir tué son mari. Comme il s’agit d’une amie à lui, Oppenheimer va tout faire, avec l’aide d’une petite équipe (en sachant qu’il n’est désormais plus officiellement flic), pour prouver l’innocence de cette femme. Problème, je me fiche éperdument de ce personnage qui m’agace depuis le premier livre. Vous savez ce genre de personne qui n’a peur et honte de rien, qui ose tout dire et qui le fait pour qu’on la voie, qu’on la remarque, qu’on sache qu’elle existe ? Et bien voilà, c’est à peu près ça. Et en plus le personnage est vulgaire… Le fait qu’elle soit mise sous les projecteurs m’a gonflée dès le début et je n’ai trouvé aucun intérêt à l’enquête. Et on ne parlera pas des déductions tirées par les cheveux pour faire avancer celle-ci… il y a quelques raccourcis presque impardonnables dans cette enquête tellement l’auteur a usé de facilité et d’incohérences à certains moments. Second souci, le contexte historique que j’avais tant aimé dans le premier bouquin, est presque inexistant au début du second. Pour ces deux raisons, la première moitié du livre a été pénible. Il en fallait de la matière pour contrebalancer, n’est-ce pas ?

Et puis à un moment donné l’Histoire a resurgi avec, notamment, les expériences scientifiques réalisées par les médecins SS sur des prisonniers des camps de concentration, et l’auteur a même saupoudré son intrigue d’ésotérisme. Une histoire de secte, d’occultisme et de race aryenne. Dès lors, j’ai réussi à entrer dans l’histoire et à la trouver passionnante. J’ai vécu l’intrigue aux côtés des personnages, j’ai enduré autant qu’eux et j’ai frissonné sous les descriptions de l’auteur qui nous fait évoluer au cœur de la guerre et des bombardements.
Mais voilà, au bout de quelque cent cinquante pages, à nouveau je me suis lassée. J’ai donc lu la fin de ce livre en diagonale mais j’ai tenté une petite expérience avant cela, afin d’éviter de trop rater de choses.
Sur un chapitre entier (environ 15 pages), je me suis amusée à ne lire que la première phrase de chaque paragraphe et tous les dialogues, uniquement cela. À chaque fin de page, je faisais le bilan de ce que j’avais compris et je relisais ensuite la page entière. Conclusion ? en lisant en diagonale, j’avais l’essentiel de l’histoire. Pire ! Presque toutes les premières phrases de chaque paragraphe mises bout-à-bout, avaient finalement un sens logique, comme si on les avait écrites en premières et ensuite on avait rempli avec des mots les espaces vides.  Le reste n’était là que pour combler le blanc la plupart du temps (attention pas toujours !) mais globalement on pouvait facilement s’en passer.
Étrangement, après avoir commencé à lire en diagonale, j’ai de suite beaucoup plus apprécié ma lecture, puisque j’ai évité les détours faits par l’auteur pour ajouter deux ou trois lignes sans intérêt, la lenteur de l’intrigue, la longueur de certaines scènes qui tournent en fond et les répétitions (bon sang qu’il y en a qui sont agaçantes).

Conclusion de cette lecture.
Quel dommage ! Parce que les sujets traités : l’Allemagne nazie, la Seconde Guerre mondiale, les conditions de vie des allemands, les expériences scientifiques et les organisations de type secte, sont passionnants, détaillés et je pense assez bien documentés. L’enquête n’est qu’une excuse malheureusement très bancale et trop voyante pour aborder les sectes et autres organisations qui ont fleuri durant cette période et finalement, j’aurais dû m’en douter vu le titre du livre (n’ayant pas lu la quatrième). De mon point de vue, l’enquête a été tout bonnement bâclée. Il fallait trouver un truc pour faire avancer l’intrigue qui colle avec ce dont l’auteur voulait nous parler, et il a choisi ça. Ça, l’assassinat d’un homme obscure par une femme des plus agaçantes qui existe déjà et que l’on n’a donc pas besoin de créer. C’est comme ça que je le ressens.
S’il n’y avait pas eu de suite, clairement, Les fils d’Odin aurait été ma première chronique de l’abandon (concept qui n’existe plus sur le blog, les articles ont été supprimés) et pourtant, je suis persuadée que ce livre peut plaire. Je n’ai simplement pas été prise par l’enquête et mes souvenirs de l’écriture de Harad Gilbers sont assez différents avec le premier livre. Pourtant, avec moins de lignes inutiles et de détails sans importance, j’aurais pu vivre ce livre différemment et peut-être l’apprécier.
Désormais débarrassée de ce bouquin, je peux attaquer le dernier opus qui me fait envie depuis le début d’année : Derniers jours à Berlin, qui commence bien autrement et tant mieux !

Les fils d’Odin sur Amazon

Edit : j’ai finalement arrêté la série qui démarrait fort mais s’est complètement écroulée, déjà avec le second tome. Je n’ai pas lu 1/3 du dernier.

2 commentaires sur « Harald Gilbers – Les fils d’Odin (série Richard Oppenheimer 2) »

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