Sandrine Collette – Des nœuds d’acier

517TFExTDnL._SX307_BO1,204,203,200_Avril 2001. Dans la cave d’une ferme miteuse, au creux d’une vallée isolée couverte d’une forêt dense, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux frères, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave. Comment a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n’a pourtant rien d’une proie facile : athlétique et brutal, Théo sortait de prison quand ces vieux fous l’ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d’autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d’eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d’échapper à ses geôliers.


Encore une fois, je n’ai pas lu la quatrième de ce livre avant de l’entamer et je dois avouer que, vu le début de ce roman, il est très étonnant de découvrir la tournure que l’histoire prend et qui rejoint la quatrième. D’ailleurs, au départ, je me dis qu’encore une histoire de personnage enfermé dans une cave… bon. Ce n’est pas que j’en ai lues beaucoup parce que j’évite ce genre d’histoires à cause de tous les clichés et ressemblances avec d’autres livres qu’elles comportent (on a vite fait de tourner en rond) mais c’est surtout que ça ne m’attire pas. Du tout.
Ici, non seulement, je trouve que le livre est plutôt bien écrit (j’y reviendrai), mais surtout, on ne s’attend pas du tout à ce que notre héros se retrouve enfermé dans une cave à la merci de deux tarés. Et puis ça n’est pas que de l’enfermement, de la torture et une histoire de vengeance (que l’on retrouve énormément dans ce style d’intrigues). Pas du tout même. C’est bien plus original que ça.

Je découvre Sandrine Collette à travers ce livre noir, très noir, qui a priori ne laisse présager rien de tel, au contraire. On assiste à la sortie de prison du personnage central de ce roman, Théo, qui nous raconte ce qui l’a conduit ici. On le suit le jour de sa sortie, lors de sa première visite à son frère, puis il roule, roule encore et décide de se poser dans un établissement qui propose des chambres d’hôte. Théo reprend le cours de sa vie, une vie normale sans barreaux. Une rédemption. Enfin presque…

On m’a souvent vanté l’écriture de cette auteure et je pense que tous les qualificatifs y sont passés. Une fois encore, je ne vais pas aller dans le sens de la majorité. Oui, c’est bien écrit. Disons que ça se laisse lire et que l’on ne bute sur aucun mot et aucune phrase. De là à mettre l’écriture en avant, avant l’histoire voire plus que l’histoire, non. L’intrigue est bien au-dessus le style et c’est bien elle qui m’a agrippée au départ, beaucoup plus que l’écriture que je trouve finalement assez classique dans le choix des mots et des tournures de phrases avec même un petit côté répétitif parfois, et qui ne m’a guère fait battre le cœur comme je le pensais. Ce que je ne peux en revanche enlever à l’auteure, c’est qu’elle ne retient rien. Son texte et surtout les scènes ainsi que les personnages ne sont jamais édulcorés, ou en tout cas, je ne l’ai pas ressenti. Sandrine Collette ose des sujets, des personnages, des thématiques, des idées que l’on retrouve assez rarement chez les autricess (que je lis très peu et que je ne lisais pas du tout avant). Pas avec cette audace en tout cas. C’est ce qui m’a séduite chez cette auteure dont j’ai commandé le dernier roman.

Des nœuds d’acier, c’est donc l’histoire de Théo séquestré par deux vieux tarés qui vont faire de lui un esclave. Maltraité, violenté et affamé, Théo va passer par plusieurs phases. La colère d’abord qui va lui valoir d’être remis en place. Plus tard, il n’aura qu’une seule idée en tête : s’enfuir. Enfin, il va se plier à sa condition, se résigner, mourir de l’intérieur.
C’est toujours compliqué de dire que l’on adoré ce genre de lecture, et pourtant… J’ai trouvé que l’immersion du lecteur dans les conditions de vie et de séquestration de Théo est assez incroyable, au point que l’on ressent et que l’on voit ce que nous raconte l’auteur.
Il y a bien eu un petit moment où j’ai senti l’intrigue s’essouffler et tourner en rond, quelques pages avant le dénouement où l’on relâche le suspense, la tension et où la compassion et l’immersion se font plus rare. Heureusement, il ne s’agissait que d’un minuscule passage qui n’a en rien entaché la fin, bien au contraire, ce coup de mou l’a sublimée.

Certains lecteurs seront réticents à lire ce livre compte tenu de sa noirceur, mais pourtant rien d’insoutenable n’a croisé mes yeux. J’avoue adorer lorsque les femmes, elles aussi, osent le morbide, le noir, le violent, sans rien retenir et au contraire aller au bout des choses, parfois même plus loin que leurs copains de plume. Sandrine Collette fait partie de ces auteures-là qui osent et le font très bien parce qu’elles apportent une touche féminine qui se sent dans l’écriture et apporte une nuance différente, dans ce cas-là, au huis clos et à la séquestration.

Des nœuds d’acier sur Amazon

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s