Frank Klarczyk – Mort point final

51A7Z2Ufb9L._SX301_BO1,204,203,200_.jpgDans un commissariat de la banlieue parisienne, Paul Catard est interrogé par le capitaine Vigeois. On vient de retrouver l’homme bâillonné et menotté dans la chambre de sa petite amie. La situation prêterait à sourire si la petite amie était pas Mélanie Vasseur, lieutenant de police travaillant dans l’équipe de Vigeois. La surprise est d’autant plus grande lorsque Catard dévoile que Mélanie a survécu à une innommable tragédie qui s’est déroulée dans un lycée de province, quelques années auparavant, que personne n’a depuis oubliée. Souffrant de violents traumatismes psychologiques, elle a pourtant réussi à intégrer la police et, encore mieux, à cacher son passé. Vigeois et ses hommes se questionnent encore sur la véracité de ces révélations quand ils sont appelés en renfort au parc de la Légion d’honneur de Saint Denis où un attentat se prépare. Le temps est compté, et la police n’a plus le droit à l’erreur !


J’ai englouti les cinquante et quelques premières pages de ce livre d’une traite et, inconsciemment, j’ai fait un premier bilan avant de débuter le chapitre suivant. Probablement parce que j’ai aimé certaines choses, et un peu moins d’autres qui ont été confirmées tout au long de la lecture.

Un professeur de français s’inspire d’un roman de Stephen King (Marche ou crève) pour faire entrer la langue française dans le crâne de ses élèves et/ou révolutionner l’enseignement grâce à une nouvelle méthode éducative. Et ça, c’est Paul Catard qui le raconte aux policiers (et aux lecteurs), sa petite amie ayant assistée au drame dix ans plus tôt, il en connaît tous les détails. (Dommage d’ailleurs que la quatrième spoile l’issu de ce jeu macabre en révélant un nom…)
Le concept du professeur est simple : une dictée et le droit à une seule erreur. Dès la seconde, c’est une balle dans la tête (ou ailleurs). Violent ! me direz-vous. Peut-être, mais j’adore le concept parce que c’est tellement choquant et dingue (soyons honnêtes, on imagine très mal ce genre de situation en vrai) que ça en devient intrigant voire addictif. Ça nous happe et on attendrait presque le prochain dérapage comme on attend qu’un piège de Saw se referme sur une victime. Sadiques que nous sommes !
Si cette trame peut rebuter à cause de la violence (toute relative), elle n’en reste pas moins originale. J’ai aussitôt apprécié le professeur et son comportement : impassible, froid et déterminé, il nous glace le sang. J’ai apprécié les deux pans de l’intrigue : celle du professeur dans sa classe d’un côté, et de l’autre, Paul Catard qui se confie à trois policiers en racontant l’histoire de sa petite amie, rescapée de la tuerie du professeur. Globalement, cette histoire avait un potentiel à mes yeux et j’étais curieuse de découvrir où tout cela allait me mener.

Malheureusement et assez rapidement j’ai perdu mon enthousiasme. J’ai trouvé les chapitres du professeur qui canarde ses élèves trop longs et très répétitifs parce que les chapitres sont tous construits de la même manière : le professeur répète inlassablement les mêmes parties du texte qu’il dicte, puis il passe dans les rangs relever les fautes des élèves et enfin, il tire dans le tas. J’ajoute à cela que les lycéens sont des clichés sur pattes, le genre d’adolescents que l’on retrouve dans tous les livres, les séries et les films qui les mettent en scène. Du caractère au style vestimentaire, tous les stéréotypes y passent. De plus, je n’ai pas spécialement accroché avec leurs dialogues qui là aussi, regorgent de clichés. Dernier point, les pensées des personnages mis entre guillemets en plein récit : c’est tout à fait personnel, je déteste ça dans tous les romans. En bref, un avis mitigé dès le départ et qui n’a pas été en s’arrangeant.

Passée la surprise de la découverte de l’intrigue ne m’attendant absolument pas à ça, mais plus à du policier traditionnel (un a priori), je me suis assez vite lassée de ce professeur tortionnaire. Tellement, qu’arrivée aux trois quarts du livre j’ai eu comme l’envie de le finir en diagonale. Et finalement, c’est le moment que l’auteur a choisi pour clore le carnage. Tant mieux. Parce que depuis plusieurs pages, une seule question tournait en boucle dans ma tête : pourquoi personne ne fait rien pour arrêter ce professeur alors qu’enseignants, parents, élèves et flics sont tous au courant de ce qu’il se passe ?! Deux heures et de nombreux coups de feu plus tard, le calvaire prend fin… sans que personne n’intervienne et surtout pas le flic en charge de la (non) intervention qui reste impassible. Difficile à avaler pour moi. Un nouvel acte de l’intrigue s’ouvre alors, un acte plus intéressant en ce qui me concerne qui aura le mérite de rendre la fin de la lecture un peu plus plaisante.

J’ai donc terminé ce livre dubitative, je n’ai vraiment pas accroché. Seule la fin m’a convaincue parce que je ne pensais pas qu’il y avait une plus grosse affaire derrière les confessions de Paul Catard et que l’auteur allait totalement changer l’angle de son intrigue. Seulement, ça ne dure pas longtemps car sur les 188 pages de ce court livre, cela représente très peu – quelques 60 pages.
J’ai trouvé que l’on tournait un peu en rond et que le récit de la tuerie était trop long à mon goût. Les personnages ne sont pas assez creusés, notamment le professeur (et ses intentions ainsi que son état d’esprit) et le flic qui pète une durite en plein intervention. Il y a tant à dire sur l’état psychologique des personnes se trouvant autour de cette tuerie et qui ne peuvent rien faire ou n’en ont pas la force, que ne pas l’avoir eu, m’a un peu manqué.
La partie enquête qui prend à peine un quart du livre était plus intéressante et surprenante mais trop courte.
Au niveau du style, là aussi rien de transcendant ou de singulier. Je suis un peu déçue parce que compte tenu des différents retours lus ici et là, je m’attendais à autre chose. Tant pis.

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4 commentaires sur « Frank Klarczyk – Mort point final »

    1. Bon après, je n’ai pas vu un seul commentaire ou retour aussi négatif que le mien. Peut-être qu’en commençant le livre en ayant lu la quatrième (ce qui n’est pas mon cas) on cerne un peu mieux, avant lecture, la direction que va prendre le livre, ce qui n’a pas été mon cas. D’ailleurs en lisant la quatrième après, je trouve qu’elle ne correspond pas du tout et qu’elle spoile trop. Maintenant, je le redis, la plupart des lecteurs qui se sont exprimés à propos de ce bouquin, l’on aimé 😉
      Je ne ferai pas partie de ceux qui diront qu’il faut absolument le remonter cela dit ^^

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