John Hart – La rivière rouge

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En exil à New York pendant cinq longues années, Adam Chase a essayé de panser ses plaies et de pardonner à sa famille qui le soupçonnait d’être coupable dans une sombre histoire de meurtre : Mais lorsque son meilleur ami l’appelle à l’aide, il n’hésite pas à revenir chez lui, en Caroline du Nord, dans ses terres rouges. Quelques heures à peine après son retour, il est agressé, battu, et quand un cadavre est découvert, la petite ville se retourne contre lui. Rien n’a changé pour Adam : il est à nouveau le premier suspect.


Troisième livre que je lis de cet auteur thérapie qui arrive indéniablement à me faire tout oublier pour m’apaiser et m’offrir quelques heures de répit, sans soucis et sans pensées. Et quel pied de retrouver les débuts de roman si particuliers de John Hart. Je ne saurais les expliquer mieux qu’ainsi : il faut suivre, ne pas se laisser distraire parce que l’auteur nous met dans le bain dès le début sans qu’on le sache vraiment. Ici encore, l’absence de présentation claire et précise des personnages et de l’intrigue peut dérouter si l’on ne connaît pas l’auteur. Mais sous ses airs de début un peu confus se cache énormément de choses, comme Hart a l’habitude de le faire. Il est donc important d’être vif et concentré dès le début, et j’adore ça parce que ça m’oblige à faire le vide dès que j’ouvre la première page.
Je pourrais vous parler des bienfaits de cet auteur sur moi pendant des heures, aussi vais-je parler d’autre chose avant de devenir barbante.

Un corps est retrouvé dans une rivière, près de chez les Chase qui donnent une petite fête. Janice Chase, la seconde femme de Jacob Chase, le patriarche, accuse alors son beau-fils, Adam Chase, du meurtre, puis témoigne contre lui le jour de son procès. Verdict, Adam est déclaré non coupable. Mais pas aux yeux de tous. Jacob Chase s’allie à sa femme et considère son propre fils comme coupable et lui demande donc de quitter la maison. Rejeté et toujours considéré comme coupable par certains habitants de Salisbury, Adam se réfugie à New-York laissant derrière lui entourage, maison et souvenirs pour se construire une nouvelle vie.
Cinq ans plus tard, c’est un appel qui va le ramener sur les terres de son enfance, celui de son meilleur ami : Danny Faith. Seulement, un nouveau corps est découvert. Coïncidant étrangement avec le retour d’Adam, celui-ci fait office de coupable idéal pour la seconde fois, mais c’est en réalité toute sa famille, de sang et de cœur, qui va plonger avec ce drame.

Après mon troisième John Hart, je commence à tirer des conclusions sur cet auteur, trouvant une certaine cohérence dans ses écrits, une harmonie, comme s’il existait un lien invisible entre chaque livre que je lis de cet auteur, et c’est véritablement le sentiment que j’ai à présent. Les intrigues et les personnages dansent dans mon esprit comme une grande famille.

Une nouvelle fois, à travers La rivière rouge, l’auteur a réussi à me faire oublier mais aussi à me faire vivre. C’est en réalité tout ce que j’attends d’un auteur et ils sont rares ceux-là, à être capable de m’embarquer toute entière dans leur univers.
Ce roman-ci a une intrigue légèrement moins dense que les précédents, avec des personnages moins dispersés dans différents tableaux de l’intrigue. Ici tout le monde se connaît, se côtoie, a grandi ensemble et cette proximité donne une profondeur au texte et aux événements. Un personnage qui flanche et ce sont tous les autres qui sont atteints.
Je suis toujours autant touchée et bouleversée par l’écriture de John Hart parce que sa façon de faire me permet de voir autre chose bien plus grand. Parce que je vais chercher au-delà des mots et me plonge dans le silence de tout ce qui n’est pas dit pour me rendre compte de la profondeur et des non-dits qui se cachent sous le texte.

En un instant, elle fut contre moi, encore trempée. Ses bras se nouèrent autour de mon cou et elle me serra contre elle. Elle pressa ses mains sur mon visage et ses lèvres sur les miennes, puis elle m’embrassa avec fougue. Lorsque sa bouche trouva mon oreille, elle me serra encore plus fort, si bien qu’il m’était impossible de m’écarter d’elle sans user de force. J’entendis à peine ses mots mais ils me brisèrent le cœur :
– Je te hais, Adam. Je pourrais te tuer tellement je te hais.

La rivière rouge est avant tout une histoire de famille qui se déchire mais qui s’aime, qui se protège mais se déteste. Chez les Chase, on ne sait pas trop sur quel pied danser. Si le retour d’Adam va réveiller de vieille rancœurs, le corps retrouvé lui, va déterrer de très lourds secrets gardés depuis des dizaines d’années et qui vont changer les existences de tout le monde, surtout de l’intrigue. Et comme d’habitude, la richesse de cette histoire va dévoiler un tableau bien plus conséquent et étendu qu’on ne le pensait. Folie, jalousie, rancune, amour tout se mélange pour donner un dénouement explosif.

Un vrai style, une histoire en béton dans un décor à la fois effrayant et rassurant, des personnages touchants et marquants, La rivière rouge vient supplanter La maison de fer, comme ce dernier avait supplanté Redemption Road. Mais quand je me retourne, je me dis tellement que tous ces livres sont complémentaires tout en étant très différents à la fois, qu’il m’est impossible de choisir. Il n’y a pas de préféré, pas de conseils à donner, tout ce que j’espère c’est qu’un lecteur, comme moi, trouvera en John Hart l’auteur thérapie dont il a besoin.

La rivière rouge sur Amazon

C’est drôle comme parfois un auteur et son lecteur, sans se concerter, arrive à s’entendre même sur les mots. Parce que j’écris mes chroniques en cours de lecture, j’ai beaucoup aimé ce début de remerciements qui finalement aurait pu résumer quelques idées de mon ressentis.
« Je décrirais volontiers mes livres comme des thrillers ou des romans à énigmes mais ils tournent aussi autour de la famille. Ce n’est pas un hasard. Nous avons tous une famille, bonne ou mauvaise, absente ou indifférente. Pour l’usage que j’en fais, cela n’a quasiment pas d’importance. Il n’est pas difficile de faire preuve d’imagination et, quel qu’en soit le résultat, les lecteurs sauront faire le lien. J’ai souvent dit que les dysfonctionnements familiaux constituaient une matière littéraire très riche, et c’est vraiment le cas. C’est un terreau fertile, idéal pour cultiver les secrets et les coups bas, et en faire des histoires explosives. Les trahisons y blessent plus profondément, la souffrance y dure plus longtemps et la mémoire y devient intemporelle. Pour un écrivain, c’est un véritable cadeau ». Pour le lecteur aussi.

Du même auteur, sur le blog :
Redemption Road
La maison de fer

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