Maude Royer – Pinocchio (Les Contes Interdits pour public averti et majeur)

Les Contes Interdits s’adressent à un public averti et majeur. Ces contes revisités ne reflètent absolument pas ceux de notre enfance.
51fGwNFEXML._SX322_BO1,204,203,200_.jpgDans le conte original, Pinocchio était loin de l’adorable marionnette que Geppetto voulait créer. La fin de ses aventures, jugée trop violente, a dû être réécrite. Ce Conte Interdit rejette la censure et ose aller beaucoup plus loin Vous pourriez regretter votre escapade aux pays des jouets. Une maison insalubre accumulant les jouets d’un vieux sculpteur alcoolique. Un manipulateur vicieux trouvant l’extase dans le mensonge et la torture. D’infâmes parents accusés d’un crime inimaginable, à qui on ne confierait même pas un chat. Un garçon ayant l’audace de croire qu’il peut servir de conscience à un être abject. Un vœu, celui de devenir un « vrai petit garçon », qu’une mystérieuse femme aux cheveux bleus aurait le pouvoir d’exaucer.


Joseph est un vieillard solitaire et alcoolique qui a tout perdu. Sa femme s’en est allée lui laissant Valérie et Guillaume, leurs enfants. Loin d’être à la hauteur, ses petits lui seront retirés et placés dans une famille d’accueil. Jamais il ne les reverra et n’aura de leur nouvelle jusqu’au jour où, Valérie et son mari sont arrêtés pour des faits immondes et que Patrick, leur fils âgé de 17 ans, amnésique suite à une tentative de suicide dont on découvrira toute l’horreur plus tard, n’a d’autre choix que d’être placé chez son grand-père, Joseph, le temps d’atteindre la majorité. Accompagné de son fidèle chat Figaro et de son penchant pour l’alcool, Joseph va devoir faire avec Patrick, son histoire, son passé et ses déviances.

Ces Contes Interdits me font de l’œil depuis plusieurs mois, la faute à leurs sublimes couvertures.
Avertie de la cruauté et de la violence de ces livres, j’ai mis très longtemps à ne serait-ce qu’oser en acheter un. J’ai jeté mon dévolu sur Pinocchio dont la quatrième me semblait la moins dure. Et d’ailleurs, au départ, je me dis que je me suis peut-être un peu montée le bourrichon toute seule. Joseph est attendrissant, son histoire me touche et je ressens beaucoup de pitié pour ce vieillard solitaire qui semble malheureux. Lorsque Patrick débarque et que l’on commence à le suivre, je me dis que ce gamin et son grand-père ont sûrement beaucoup de choses à se dire et à vivre. L’ambiance est détendue, l’auteure ose même l’humour à travers des dialogues exquis qui me font sourire et franchement rire parfois. La transformation des faits du conte de base dans ce conte revisité est parfois drôle ou étonnante, comme le fameux méchant Stromboli transformé en bar dans Les Contes Interdits. Alors contes interdits d’accord mais ça n’a pas l’air si terrible que ça.

Oui, certaines scènes sont déconcertantes : violence sur animaux, trafic d’amphétamine ou encore harcèlement scolaire, mensonges et manipulations, le côté bon enfant du roman s’évapore assez vite et Patrick s’avère être un personnage plus nerveux et pervers qu’on ne le pense. De là à dire que Pinocchio est violent et insoutenable, il y a de la marge. Je n’ai, la plupart du temps, pas ressenti de dégoût en lisant ce livre même si certaines scènes m’ont remuée, je m’attendais à du très très sale et en réalité ça reste assez soft, au moins pendant les trois quarts du temps. En revanche, j’ai été très mal à l’aise une fois confrontée à la relation que Patrick a avec le sexe. Ce dernier ne peut ressentir de plaisir sans violence ou torture et là j’ai eu tendance à être écœurée, d’autant plus que la sexualité chez ce personnage prend pas mal de place dans l’intrigue et que le vocabulaire est assez cru (mais pas choquant). Les derniers chapitres de ce livre qui résumeront pourquoi Patrick est comme ça et jusqu’où il peut aller, s’avéreront très compliqués à lire, digérer et oublier pour moi.

Ce livre est dérangeant mais assez loin de l’idée que je me faisais de ces Contes Interdits. Comme dit précédemment, j’ai volontairement choisi le livre qui avait la quatrième la plus sage et la moins violente. On aborde dans certains autres livres le viol ou l’inceste, jusqu’à la pédophilie. Ça sera sans moi pour l’instant. Déjà mal à l’aise avec celui-ci, c’est à peine si j’assume la lecture pour son côté sexuel dérangeant en ayant l’impression d’avoir cautionné toutes les atrocités de ce bouquin, je m’imagine donc très mal lire le reste.
Pour les amateurs du genre, cela devrait plaire, d’autant plus que ce livre n’a pas été écrit exclusivement pour faire du trash et du choquant. Il y a des émotions dans ce bouquin et les personnages sont attachants malgré leurs défauts. Je me suis régalée avec les dialogues typiquement québécois que je trouve très drôles. L’histoire n’est pas non plus très fournie et passionnante, elle serait même plutôt molle et lente, mais il y a un semblant de quelque chose plus profond sous la surface trash du roman. Pour le reste, il faut s’accrocher ou adhérer au concept. La fin très malsaine de Pinocchio m’a peut-être convaincue de ne pas remettre les pieds dans ces Contes Interdits, parce que je reste avec mon sentiment de malaise, même quelques jours plus tard.

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