Fabio M. Mitchelli – La compassion du diable

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Deux flics, un tueur et des corps horriblement torturés, abandonnés au fond d’une rivière ou dans le vide sanitaire d’une maison. Démembrés, amputés, humiliés. Une traque
à bout de souffle, mêlant présent et passé, sur les traces d’un tueur « par amour ». Librement inspiré du parcours sanglant de Jeffrey Dahmer, « le cannibale de Milwaukee », ce thriller psychologique à la mécanique implacable dissèque une âme diabolique, criminelle dès le ventre de la mère, et nous entraîne au bout de l’enfer.


J’ai acheté ce livre suite à un retour d’une copine qui m’a franchement donné envie de le lire. C’était en octobre 2017 et jamais je n’ai ouvert ce bouquin. Plus récemment, un autre retour m’a rappelé ce bon vieux livre tout bleu et surtout, les mots de la lectrice en question m’ont fait prendre conscience que La compassion du diable semblait me correspondre, au moins au niveau de l’intrigue. Alors c’est tout à fait naturellement que la lecture de ce livre s’est imposée à moi.

A priori, rien de bien original dans ce thriller. Le désormais tueur en série tant utilisé dans les thrillers et romans policiers fait encore parler de lui et va donner du fil à retordre à notre duo de flics. Un tueur en série particulièrement marquant par la façon dont il tue ses victimes et pourquoi, mais surtout ce qu’il en fait. Là aussi, peut-être rien de bien original, et de toute façon nous sommes prévenus dès le début : « certains passages de ce roman s’appuient sur des faits divers réels qui se sont déroulés aux États-Unis. Certaines scènes évoquent des articles parus dans la presse ou sur des sites Internet spécialisés». Par conséquent, oui, certaines choses ont déjà été vues, entendues et lues, parce qu’elles sont sûrement arrivées en vrai. Peut-être alors que l’originalité de ce roman se trouve dans sa construction, son écriture et dans le fait qu’il y a une part de réalité là-dedans. Oui, c’est probablement ça.
D’un côté, des cadavres retrouvés et une enquête qui démarre doucement, puis plonge dans l’horreur à mesure que les corps s’entassent. Les flics ne savent pas trop vers quoi ils vont, mais nous, lecteurs, le savons très bien.
Parce que l’auteur, en parallèle de cette histoire, nous raconte celle de Blake. De l’enfant qu’il était avant de devenir tueur en série, de son enfance douloureuse et violente, de son adolescence et de son déclic. Alors le lecteur sait qui est le tueur, apprend à le découvrir, à le comprendre et surtout, l’accompagne tout au long de sa vie, jusqu’à sa mort.

Il ne sait pas encore comment il va s’appeler, ni même ce que sera son avenir.
Son nom, qui deviendra tristement célèbre, il ne le porte pas encore. Il ne sait pas qui il est, il ne sait pas qu’il mutera plus tard en un redoutable prédateur, un tueur sanguinaire, froid, un tueur qui aimera répéter cet acte abominable qui consiste à briser des existences. Non, il ne sait même pas qui il est, car il n’est pas encore né. Il mesure à peine dix millimètres et ressemble à un ver de farine recroquevillé sur lui-même.
Rien de ce à quoi il est prédestiné ne lui effleure l’esprit ; aucune image ne le frappe, ni le sens des mots « mort » ou « vie » ; absolument rien de son héritage génétique de futur meurtrier ne provoque de réaction en lui.
Il est inerte. C’est un embryon de quatre semaines qui sommeille dans le ventre de sa génitrice, un zygote évolué qui cherche à se développer comme s’il devait déjà sauver sa peau au détriment de celle des autres.

Et alors que le tueur se dévoile de façon intime sous la plume fine et acérée de Fabio M. Mitchelli dès le premier chapitre, on découvre aussi, à travers l’enquête, ses horribles méfaits. Les crimes accompagnés de leur motivations glace le sang du lecteur qui est aux premières loges de l’intrigue et qui, contrairement aux différents personnages, a tous les détails et le tableau complet. Parce qu’il va accompagner tous les personnages : des flics qui élaborent des théories, à Blake sur le point de passer à l’acte, tout est montré, expliqué et disséqué au lecteur. Au milieu de cette effervescence, Mac Callaugh, un écrivain qui prépare un bouquin et qui pour ça, se rend au chevet d’un homme mourant afin de lui soutirer ses derniers mots. Mais peut-être y-a-t-il plus qu’un livre à écrire… Les destins s’entremêlent, chaque pièce de l’intrigue prend sa place et finalement l’image de fin est encore plus glaçante qu’on ne le pensait.

J’ai découvert Fabio M. Mitchelli et j’ai franchement adoré son style ainsi que la façon dont il a construit son intrigue. Je ne suis néanmoins pas sûre de retenter l’expérience. L’histoire est franchement bien ficelée et amenée, le lecteur est emprisonné dans cette intrigue passionnante et parfois même choquante, mais j’ai la sensation que cette première expérience qui s’est bien passée me suffit, et que je n’ai pas besoin de creuser plus que cela l’univers de l’auteur, alors que j’ai dévoré La compassion du diable et que, oui, il est très bien !
Mais j’ai tout de même trouvé quelques morceaux de l’intrigue et certains personnages très clichés, notamment la petite fliquette qui s’éprend de son supérieur, le genre de chose que l’on voit désormais pratiquement dans tous les policiers ; encore une fois, j’ai eu droit à l’écrivain dans un roman qui veut écrire un livre mais je ne dis plus rien à ce sujet au risque de me répéter ; certains dialogues traînent beaucoup trop et tournent en rond. On répète plusieurs fois les mêmes choses, parfois les mêmes tirades. J’ai notamment le souvenir de cette scène entre deux personnages dont l’échange est régulièrement ponctué de : « je sais qui tu es », ainsi que de l’utilisation abusive du mot « accouche » dans les dialogues entre flics. Et puis les personnages qui ne peuvent s’exprimer sans être vulgaire à chaque fois qu’ils parlent… voilà voilà. Enfin je n’ai pas tellement compris la volonté de l’auteur à vouloir maintenir un certain suspense et mystère autour de certains faits qui sont gros comme une maison parce que tout est fait pour que l’on sache. L’identité du tueur par exemple… pourquoi tout ce suspense alors que les indices pointent le personnage avec deux grosses flèches rouges ?

Des petits détails qui ont légèrement terni la lecture de ce thriller qui pourtant est très bon. Il y a également beaucoup de choses originales, glaçantes et passionnantes. Le fait que cette histoire soit inspirée de faits réels modifie la façon dont on lit ce livre et la façon de digérer la chose. Difficile de se dire que le tueur n’est qu’un personnage de roman dans ces cas-là. La compassion du diable est un immense puzzle qui garde indéniablement son lecteur, plutôt bien écrit et construit, je ne peux lui enlever ça.
J’ai enfin! lu ce livre, je l’ai beaucoup aimé, mais je ne ressens pas le besoin ni l’envie de relire l’auteur. Ce livre me suffit amplement et si on veut passer un bon moment, il tient ses promesses.

La compassion du diable

2 commentaires sur « Fabio M. Mitchelli – La compassion du diable »

    1. Merci Ma Poupinette 💖C’est vrai que ces clichés, pas trop dérangeants mais ajoutés les uns avec les autres embêtent un peu, bah c’est dommage parce que le reste est vraiment bien et bon…
      Après, c’est peut-être aussi moi qui ne sais pas passer au-dessus de ça…
      En tout cas, mon achat compulsif après ton retour l’année dernière était un bon choix 😘

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